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Emprisonné depuis neuf mois, le journaliste algérien Khaled Drareni dit « garder le moral », dans une lettre publiée en ligne par Casbah Tribune, média dont il est le fondateur.

« Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours eu un mental à toute épreuve et ni la prison d’El-Harrach, dans laquelle j’ai passé une nuit, ni celle de Koléa, où je suis incarcéré depuis neuf mois, ne peuvent entamer mon moral », écrit M. Drareni, qui purge une peine de deux ans de prison, remerciant ceux qui lui ont « apporté leur soutien et leur solidarité, en Algérie comme à l’étranger ».

« Votre soutien et votre sympathie envers moi et envers les autres détenus d’opinion à travers tout le pays, ainsi que votre adhésion au principe de la liberté de la presse, a marqué mon esprit et s’est niché dans mon coeur », affirme le journaliste de 40 ans.

« Pensez à sauvegarder vos principes, merci », conclut-il dans le texte publié mercredi.

Il est détenu à la prison de Koléa, à Tipaza, près d’Alger.

Des avocats, cités par des médias locaux, ont récemment exprimé leur inquiétude sur les conditions de détention de Khaled Drareni et d’un opposant politique, l’homme d’affaires Rachid Nekkaz, également emprisonné à Koléa.

Correspondant en Algérie de la chaîne francophone TV5 Monde et de l’ONG Reporters sans frontières (RSF), Khaled Drareni a été condamné en septembre à deux ans de prison ferme pour « incitation à attroupement non armé » et « atteinte à l’unité nationale ».

Il avait couvert le mouvement de contestation populaire Hirak, notamment via ses comptes sur les réseaux sociaux, avant la suspension des manifestations à cause de la pandémie de Covid-19.

Sa condamnation a suscité l’indignation en Algérie et à l’étranger.

Le site Casbah Tribune qu’il a créé est bloqué par les autorités algériennes depuis le 2 décembre.

Selon RSF, la liberté d’information est « fortement menacée » en Algérie, qui figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par l’ONG.

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