Alors que l’attention médiatique se concentre sur la période hivernale et le relogement, l’accès à l’eau et autres denrées alimentaires constituent une priorité pour les personnes à la rue. Des stocks de bouteilles d’eau, des conserves, des boîtes de céréales dans de grands sacs : Le 18 juillet 2020 une distribution de denrées alimentaires a eu lieu dans les squats de Pointe-aux-Sables. Une action, rendue nécessaire et renforcée en ces temps difficiles.

« Pas moyen de se laver ou de se remplir un verre d’eau potable », constate Pascaline Mounien, qui avec d’autres bénévoles, s’organisent pour le maintien de l’action caritatif auprès des SDF de Port-Louis (Immaculée, Jardin de la Compagnie, les alentours de l’hôpital civil, Abercrombie). Pascaline nous dit que depuis le début du confinement, qu’elle s’occupe aussi des squatters de Pointe-aux-Sables et travaille avec Umair Milatre, Bruneau Laurette, entre autres personnes qui sont aux côtés des SDF, pour fournir des repas chauds aux  quelque familles qui ont élu domicile sur un lopin de terre appartenant à l’État à Pointe-aux-Sables.

L’aide à la distribution des denrées alimentaires se structure auprès des personnes vivant dans des campements ou dans des structures d’hébergement pour qu’elles puissent accéder à une offre alimentaire et d’hygiène. L’Académie des Chefs de Patrick Vitry a été sollicitée et s’est chargée de distribuer des denrées de base auprès des personnes en fonction de leurs besoins. Des colis préalablement achetés ont été donnés aux personnes qui ne peuvent se déplacer elles-mêmes. Dans le sac de ces bénévoles, des bouteilles d’eau et autres denrées non périssables. Au-delà de la question du logement (des représentants de la NEF, de la NHDC et de la Sécurité sociale sont venus pour un constat et les démarches des uns et des autres), comment aider les personnes à la rue ?

« Tout un chacun peut aider, en proposant ses services aux associations qui cherchent des bénévoles en hiver. Les collectivités ont aussi un rôle à jouer  » nous disent Coralie et Patrick Vitry de l’Académie des Chefs. De son côté, Pascaline Mounien, qui entre autres personnes, coordonne l’aide aux « squatters » fait le constat : « Ce sont des familles qui ont construit des petites cases en tôle et qui après la démolition de leurs logements se sont retrouvées dans des tentes fournies par des bénévoles. Elles disposent d’une petite cuisine, mais l’eau potable manque. Il y a eu un grand mouvement de solidarité. Beaucoup de volontaires sont venus au début du confinement pour distribuer des repas chauds, mais l’aide a un peu diminué et toute action caritative est bienvenue de la part des bénévoles  »

S’il n’est plus possible d’ignorer la réalité locale du phénomène, un voile pudique continue néanmoins de peser sur le problème des sans-abri. Pourtant, lorsqu’on la voit de près la situation des squatters révèle qu’un grand nombre de ceux qui vivent dans ces lieux y subissent un dénuement extrême, souvent des conditions d’hygiène et sanitaires déplorables, parfois le désespoir. C’est le cas notamment de personnes âgées, celles qui sont sans emploi. Ces réalités qui interpellent, dont la présence d’un nombre d’enfants n’est pas la moindre, justifient amplement qu’une intervention sociale structurée se déploie en direction des squats qui sont aussi acte de résistance.

Les bénévoles qui viennent en aide notamment aux personnes sans domicile, vivant dans des squats ou dans des camps, racontent les nécessités de plus en plus grandes en aides alimentaires en cette période de crise. Les besoins ont augmenté depuis l’hiver certains ont basculé dans grande précarité !