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Ils ont entre 14 et 17 ans et n’ont qu’une seule envie: sortir et profiter de leur jeunesse. Et si pendant ce confinement certains vivent au rythme des révisions, d’autres essaient de profiter de leurs vacances, pour le moins spéciales, loin de leurs amis, mais proches de leurs parents. Week-End a interviewé quelques jeunes qui nous ont partagé leurs souhaits, leurs inquiétudes et leurs conseils pour surmonter ce second confinement.

Teena Bissumbhur (16 ans) n’a qu’une seule envie, que tout retourne à la normale le plus vite possible. “Je prie pour cela”, nous confie-t-elle. Etudiante au Lorette de Quatre-Bornes, elle profite de ces vacances spéciales pour passer du temps avec sa famille. “L’an dernier, c’était vraiment dur, surtout avec un second trimestre qui était très long et assez fatigant”, nous dit-elle. Aujourd’hui, elle peut profiter de son temps libre, qu’elle partage entre parents, études et copines. “On est tout le temps en contact et on se parle tous les jours”, nous dit Teena Bissumbhur, même si elle aurait souhaité pouvoir voir ses amies pour aller au cinéma ou à la plage, comme “c’était prévu. Mais on s’adapte et on s’habitue et puis on est tous dans la même situation, donc on s’y fait. Après le confinement, on pourra rattraper le temps perdu”, nous dit-elle.

Alisson, âgée elle aussi de 16 ans, et étudiante comme Teena au Lorette de Quatre-bornes, ne nous cache pas sa déception. “Oui, on avait prévu tellement de choses pour nos vacances”, nous lance-t-elle. Néanmoins, elle profite de cette période de confinement pour passer plus de temps avec ses proches. “J’aime bien, car je peux profiter de mes vacances avec ma famille”, dit-elle. Ainsi, entre préparer des gâteaux, les séries sur Netflix, et les tutoriels beauté sur internet, la jeune fille a des journées bien remplies. C’est, selon elle, un aspect très important, pour ne pas sombrer dans la dépression. “Les jeunes doivent s’occuper, sinon on peut vite tomber dans une sorte de déprime. Que ce soit en faisant un peu de sport ou en papotant avec ses proches et amis, il faut toujours avoir quelque chose à faire”, dit-elle.

Messe en famille tous les soirs

Du haut de ses 16 ans, Mégane Bonomally a elle aussi un emploi du temps bien rempli. D’ailleurs, celle-ci ne manque pas d’assister à la messe en famille, tous les soirs. Un moment de convivialité et de partage qu’elle profite au maximum, nous dit la jeune étudiante au Lorette de Quatre-Bornes. “Il est très important de rester en contact avec ses proches, mais aussi avec ses amis”, dit-elle, même si elle avoue avoir l’impression que tous ces confinements lui ont bien volé sa jeunesse! Toutefois, la jeune fille garde le moral. Son secret pour mieux vivre ce confinement: les jeux virtuels. “Je joue beaucoup et cela me permet de rencontrer des jeunes comme moi du monde entier. On se partage nos expériences et cela me permet de voyager et de mettre les choses ne perspective”, dit-elle. “C’est aussi bon pour garder le moral, car c’est dur de rester ainsi chez soi, à voir tous les jours les mêmes têtes”, lance-t-elle dans un éclat de rire.

 

Prendre soin de sa santé mentale

C’est aussi ce que pense Nathan, âgé de 14 ans, qui habite actuellement chez sa grand-mère à Vacoas. Un brin timide au début de l’entretien, ce petit étudiant du Mauritius College a fini par tout nous balancer après quelques minutes. “Je fais un peu de ménage et beaucoup de révisions pour faire passer le temps”, nous avoue-t-il. En effet, le jeune homme a, lui aussi, de quoi occuper ses journées. Entouré de ses cousins, Nathan se dit serein pendant ce second confinement auquel il a fini par s’habituer. Toutefois, le jeune homme n’oublie pas ses amis qui vivent dans des conditions précaires et qui n’ont pas le même luxe de profiter de ce confinement. “Nous ne vivons pas tous le confinement de la même manière. Il y a des jeunes qui n’ont rien chez eux et qui ne peuvent rien faire”, nous dit-il.

En effet, ils sont beaucoup à ne pas avoir les mêmes facilités: pas d’internet ou pas un toit suffisamment solide sur la tête. Et nos jeunes en sont bien conscients. Jilliane, jeune lycéenne en seconde, a décidé de mieux meubler son temps cette fois. Une nécessité, dit-elle, car l’an dernier elle nous confie avoir fait “un gros mental breakdown”. “Je me réveille le matin et au petit-déjeuner, je regarde mes notes et mes cours qui ont été envoyés par mes professeurs. Ensuite de 9h à midi, je suis devant mon ordinateur pour suivre mes cours”, dit-elle. Le reste de la journée, elle le passe à confectionner des bijoux. “Avant le confinement, mes amis et moi, nous avions monté une petite entreprise où nous fabriquons et vendons nos bijoux, et du coup, pendant mon temps libre, j’ai le temps de revoir les commandes et de me consacrer à la fabrication des bijoux”, dit-elle. Par ailleurs, Jilliane ne manque pas ses sessions de sport quotidiennes. “Je fais tous les jours 40 minutes de sport!”

“Le premier confinement m’a servi de leçon, car je n’ai pas fait les choses comme il le fallait”, avoue-t-elle. Ainsi le sport lui permet de garder une forme physique et mentale. La jeune fille fait aussi tout pour se détacher au maximum des écrans d’ordinateur ou de portable. “C’est important et je le conseille aux jeunes qui, comme moi, sont passés ou qui passent actuellement par des moments difficiles. Il est important de planifier ses journées et de se détacher des écrans à part pour les cours. Les écrans, c’est un poison surtout pendant le confinement, car il y a trop de mauvaises nouvelles qui circulent”, conseille-t-elle.

Sans oublier ceux qui ont des examens

C’est aussi ce que pense Yaseen Mowlabaccus qui essaie de rester loin de toutes ces nouvelles anxiogènes et qui ont un gros impact sur les jeunes. A 17 ans, le jeune homme tire la sonnette d’alarme sur la santé mentale des adolescents. “C’est un sujet tabou, surtout parmi les garçons. Mais il faut en parler et il ne faut pas négliger sa santé mentale. L’année dernière a été très dure, surtout en ce qui concerne les cours et les leçons particulières qu’il fallait gérer. On avait presque plus de vie, c’était extrêmement pénible”, dit-il. Yaseen Mowlabaccus nous confie en avoir fait les frais l’an dernier et a décidé de se prendre en mains cette année. “Je mange mieux et je fais plus de sport et même si je ne peux pas sortir voir mes amis, je leur parle tous les jours pour garder ce contact”, dit-il. Il espère que le déconfinement sera pour bientôt, car comme tous les jeunes interviewés, “on a tellement de plans! On avait tout planifié pour ces grandes vacances!”

Des vacances pour beaucoup, mais il ne faut surtout pas oublier ceux qui sont en période d’examens, comme Guillaume Chowrimootoo (16 ans). “J’étais stressé au début du confinement, car je ne savais pas encore quand mes examens allaient avoir lieu”, dit-il. Avec l’annonce du maintien des examens, le jeune homme s’est dit soulagé, même s’il doit gérer le stress des examens dans des conditions assez compliquées. “Moi, je vis ce confinement plus difficilement que l’an dernier”, dit-il sans hésiter. “Mes journées s’articulent autour des révisions, et de temps en temps, je joue à la console avec mes amis”, dit l’étudiant du collège Saint-Joseph. Il espère ainsi que tout retournera vite à la normale et qu’il pourra enfin souffler, une fois les examens terminés.