Son visage, son style, sa détermination et sa classe trônent au-dessus de l’univers de la mode à Maurice depuis des années. Dans le domaine, Anastasia Ramlall reste une référence incontestée bien qu’elle soit en ce moment confrontée à la réalité du new normal. Tout en apprenant à s’adapter après avoir consenti à des sacrifices obligatoires elle continue à créer des pièces qui projettent sa vision de la mode et de la classe.

En gardant une coupe épurée et légère Anastasia Ramlall insuffle à ses créations des éléments qui évoquent la liberté, la gaité, une décontraction chic et d’autres promesses vers de belles envolées. Travaillant souvent avec des motifs et des matières qui ramènent vers la nature, la mer, les grands espaces, l’air frais et l’ambiance cosy des grandes soirées le mannequin, designer et femmes d’affaires s’est forgée une réputation qui en jette. Et un style qui en fait autant. Depuis son entrée dans le monde de la mode à ce jour, Anastasia Ramlall a démontré sa capacité à toujours faire les choses en grand en misant sur le naturel sans avoir à surjouer pour attirer la lumière vers elle. Le nom, le visage, le style sont synonymes de détermination, de créativité et surtout de classe tandis qu’elle ne finit pas de se distinguer à travers une réputation qui a traversé les frontières depuis longtemps.

Née d’une mère russe et d’un père mauricien, Anastasia Ramlall a été un coup de coeur dans le monde du mannequinat dès ses débuts quand elle avait 17 ans. Après plusieurs catwalks et en prêtant son image pour des campagnes de pub à des compagnies et des marques locales et internationales elle a décidé par se pencher sur la table de travail pour croquer ses propres idées selon une formule qu’elle applique encore. Elle avait alors 30 ans.  “Mon style est très personnel. Je crée des vêtements que j’ai envie de porter moi-même. Je suis ce qui se passe dans la monde de la mode, bien-sûr, mais je reste instinctivement une créatrice et j’ai toujours eu cette passion pour le design”, répond-elle à Scope. “What you wear is how you present yourself to the world” écrit-elle sur sa page Web où il est aussi précisé : “Her experience in fashion and numerous travels have inspired and fostered the creativity which shows behind all the work. Anastasia’s brings a very personal spirit to her designs and style, that is unique and feminine. The idea is to create pieces that will become staples in one’s wardrobe.”

En sus d’une clientèle mauricienne la designer cible un marché beaucoup plus large. Sa renommée lui servant de carte de visite dans les différents pays vers lesquels elle se tourne. Et pourtant, c’est sur le tas qu’elle a acquis ses compétences. “Je n’ai pas eu de formation formelle en tant que créatrice de mode.” Mais après 15 ans dans le domaine, les rouages sont maîtrisés et tout a fini par se greffer à son “ADN.”

Sur son site, on peut aussi lire : “The Anastasia Ramlall collection is a high–end fashion line for the modern stylish women. Attention to details, exquisite prints and quality fabrics are the brand’s DNA. She produces capsule collections limiting the quantities to exclusive amounts only.” C’est souvent le même schéma qui conduit à la création d’une collection. Ainsi, elle nous explique : “La première phase est autour du tissu. Je suis une passionnée de tissu et de beaux imprimés. Je veille à investir ce qu’il faut dans ma matière première qui reste toujours de très belle qualité et qui porte des imprimés très designs.” Une fois le bon tissu identifié, elle dessine les créations avant que la proposition ne soit discutée avec sa chef de production à l’atelier. Cette dernière, complice d’Anastasia Ramlall depuis le départ, gère une belle équipe qui transforme les dessins soumis en prototypes. La designer revient alors vers ses premiers amours en reprenant son rôle de mannequin. “Les prototypes sont essayés par moi. Nous y apportons les modifications nécessaires jusqu’à ce que je sois satisfaite de la coupe finale. Cela peut prendre deux à trois semaines pour créer une nouvelle robe.” Ses collections sont produites en éditions limitées dans différentes tailles jusqu’au XXL. Anastasia Ramlall offre aussi un service sur mesure et a, dans sa panoplie, de belles robes de mariées.

Dans son travail, elle reste à cheval sur des principes élémentaires : “Je fais ce qui me semble authentique, et c’est qui plait à mes clientes. La mode est toujours subjective. Créer des pièces uniques comporte des risques. Mais j’insiste à avoir un style qui est très personnel en soi.” Mais la concurrence n’utilise pas toujours les mêmes armes. “On se fait souvent copier et c’est frustrant en tant que créatrice. Mais cela fait partie du business. Il faut alors avancer et être en évolution perpétuelle dans mon domaine.” Bien que le marché soit aussi inondé de produits Made in ailleurs, elle précise : “La concurrence importée ne me gêne pas, au contraire. Je me détache des autres par mon style, mes choix de tissus, les imprimés et la qualité. C’est ce que mes clientes apprécient dans mes collections.”
Sous la marque Anastasia Ramlall Collection ses produits sont disponibles à sa boutique Obann, située au Sunset Boulevard, Grand Baie alors qu’elle dispose d’un espace au Small&Chic à Curepipe où une collection plus abordable est proposée. Cette clientèle fidélisée au fil des années lui est d’un grand support en les temps présents. Face aux contraintes apportées par la Covid-19, elle s’est retrouvée de s’adapter. “La période est très compliquée pour mon équipe et moi. J’ai dû tout fermer depuis mars 2019, mais j’ai gardé mes responsabilités en tant que directrice. Cependant, sans aide c’est très dur. Je fais de mon mieux, mes clientes fidèles sont présentes et j’ai apprécié cette solidarité pendant toute cette période même si le volume de commandes n’y est pas. Mon équipe est un peu comme ma famille, ce sont des hommes et des femmes qui travaillent avec moi et qui ont des responsabilités familiales. Et j’ai voulu les préserver. Personnellement, cela représente énormément de stress. Sans aide, ne pas produire, ne pas vendre normalement jusqu’à l’ouverture des frontières est difficile.” Comme d’autres, elle a pris l’option de rester en ligne pour continuer à survivre, ses collections sont aussi présentes dans les boutiques d’hôtels et des ventes privées sont organisées.

Ayant appris à se réinventer constamment pour avancer, Anastasia Ramlall sait que la tempête finira pas passer. Malgré les difficultés : “Je continue parce que je ne m’écarte pas de mes aspirations. J’ai appris qu’il faut croire en soi et ne dépendre de personne pour arriver. Je n’ai pas peur d’essayer d’aller vers de nouveaux horizons.”