Dans le cadre du mois d’octobre rose consacré, chaque année, à la lutte contre le cancer du sein, Week-End poursuit sa série d’articles concernant ce type de cancer qui touche une femme sur 9, afin d’attirer une plus grande attention sur la maladie, favoriser la prise de conscience, accroître le soutien apporté au dépistage précoce et au traitement ainsi qu’aux soins palliatifs de la maladie. Cette semaine, nous nous attardons sur les différents traitements du cancer du sein.

Depuis plusieurs années, les femmes atteintes de cancer du sein bénéficient de traitements de plus en plus efficaces et la majorité des cancers du sein peuvent se guérir : 86% des personnes sont en vie 5 ans après le diagnostic. De plus en plus personnalisée, la prise en charge dépend, cependant, du stade d’évolution de la tumeur, de ses caractéristiques, de l’âge et de l’état de santé de la patiente.

Découvrez les étapes du traitement et du suivi des patientes atteintes de cancer du sein, sachant que, selon les cas, les traitements peuvent avoir différents objectifs, soit : supprimer la tumeur ou les métastases ; réduire le risque de récidive ; ralentir le développement de la tumeur ou des métastases ; améliorer le confort et la qualité de vie de la personne malade, en traitant les symptômes engendrés par la maladie.

Le traitement dépend du type de cancer et de son stade d’évolution. Dans l’ensemble, il existe 5 catégories de traitements :
la chirurgie
la radiothérapie
la chimiothérapie
la thérapie hormonale
la thérapie ciblée

Biopsie
La chirurgie fait partie intégrante du traitement de la très grande majorité des cancers du sein. Mais avant cela, le médecin procédera à une biopsie. La biopsie consiste à prélever un échantillon de la tumeur à des fins d’examen. Les tests effectués sur l’échantillon influenceront le choix du traitement. Il faut d’abord savoir si la tumeur est cancéreuse, puis, si c’est le cas, connaître le type de cancer. Les tests sur l’échantillon de la tumeur indiquent aussi au médecin quel est le stade d’évolution du cancer et si sa croissance peut être stimulée par les hormones sexuelles (autrement dit, si la tumeur est hormonodépendante).

Voici 3 des tests pratiqués :
– Test du dosage des récepteurs hormonaux des œstrogènes et test du dosage des récepteurs de la progestérone. Afin de savoir si la croissance du cancer peut être stimulée par les œstrogènes ou la progestérone;

– Test du HER2. Dans les cas de cancer invasif seulement, un test génétique est pratiqué afin de connaître le degré d’activation du gène HER2. Lorsque ce gène est fortement activé, cela indique que le cancer risque de croître plus rapidement. C’est le cas d’environ 10% des cancers invasifs.

Chirurgie
La chirurgie est, dans 80% des cas, le traitement de première intention des cancers du sein non métastatiques. La chirurgie est de plus en plus performante et moins mutilante. Elle sert à enlever la tumeur cancéreuse.
Dans le cas du cancer du sein, elle se nomme mastectomie. La mastectomie est partielle ou segmentaire (une partie du sein est enlevée) ou totale (tout le sein est retiré).

On y ajoute presque toujours une chirurgie aux ganglions lymphatiques de l’aisselle. Le choix du type de mastectomie repose, entre autres, sur la taille de la tumeur, son type et son emplacement dans le sein. La préférence de la femme est aussi prise en compte.

Ainsi, la mastectomie partielle ou tumorectomie consiste à enlever le tissu cancéreux (tumeur d’une taille habituellement inférieure à 3 cm) ainsi qu’un peu de tissu sain autour de la tumeur. On la nomme aussi chirurgie conservatrice du sein. Cette technique est suffisante si le cancer du sein est peu avancé.
La mastectomie totale concerne les cas où le sein, avec la tumeur, est entièrement retiré : les glandes mammaires, le tissu gras, le mamelon et de la peau. On la choisit lorsqu’il n’est pas possible de faire une mastectomie partielle. Cela se fait dans environ 20 à 25% des cas de cancer du sein. Selon le cas, une reconstruction du sein peut être exécutée en même temps que la mastectomie ou à un moment ultérieur.

Par ailleurs, afin de déterminer le stade de la maladie et de choisir le meilleur traitement après la chirurgie, il est presque toujours essentiel de savoir si le cancer a atteint les ganglions lymphatiques situés au creux de l’aisselle, du côté atteint. Ces ganglions drainent la lymphe qui circule dans le sein. Cela peut se faire soit en enlevant seulement les premiers ganglions de cette chaîne (c’est ce qu’on nomme la biopsie des ganglions sentinelles), soit en enlevant la chaîne complète, la chirurgie aux ganglions lymphatiques.

Cette ablation cause parfois des complications, comme un lymphœdème dans un bras (côté atteint). Le lymphœdème est une accumulation de lymphe. Il est causé par la perturbation des voies de drainage habituelles. Il est plus rare si l’on retire seulement les ganglions sentinelles.

Radiothérapie
La radiothérapie fait partie des armes thérapeutiques contre le cancer. Grâce à des rayonnements ionisants, elle détruit les cellules cancéreuses et empêche leur multiplication. La mastectomie partielle doit généralement être suivie de radiothérapie afin de détruire les cellules cancéreuses qui pourraient être demeurées dans le sein. Elle réduit le risque qu’une tumeur réapparaisse. En cas de mastectomie totale, la radiothérapie n’est pas toujours nécessaire.

Chimiothérapie
La chimiothérapie utilise une classe de médicaments, appelés antinéoplasiques, pour traiter les cancers. Pour le cancer du sein, elle habituellement administrée après la chirurgie. Elle permet de détruire les cellules cancéreuses qui se seraient échappées de la tumeur principale. Le choix d’entreprendre ou non une chimiothérapie dépend du stade d’évolution de la maladie.

Thérapie hormonale
Aujourd’hui, l’hormonothérapie est de plus en plus fréquemment utilisée dans la prise en charge du cancer du sein. Elle est, la plupart du temps, combinée à la chirurgie, à la radiothérapie ou à la chimiothérapie. Si l’examen de la tumeur montre que le cancer a des récepteurs hormonaux, son développement est, donc, stimulé par les hormones sexuelles (les œstrogènes et la progestérone). Certains médicaments peuvent ralentir ou arrêter la progression d’un tel cancer en bloquant l’action des hormones.

Il existe 2 types de médicaments anti-hormonaux :
– Les anti-oestrogènes qui se fixent à la surface des cellules cancéreuses, sur les récepteurs normalement occupés par les œstrogènes. Ce médicament est administré par voie orale sous forme de comprimés.
– Les inhibiteurs de l’aromatase : l’anastrozole, le letrozole et l’exémestane, qui empêchent la production d’œstrogènes par les tissus gras et les glandes surrénales. On utilise ces médicaments seulement chez les femmes ménopausées. Il s’agit également de comprimés administrés par voie orale.

Thérapie ciblée
Si l’hormonothérapie peut être considérée comme la première thérapie ciblée contre le cancer du sein, d’autres médicaments plus récents ouvrent une nouvelle voie thérapeutique en s’attaquant spécifiquement à la tumeur. Parfois, chez les femmes atteintes d’un cancer du sein infiltrant, les cellules cancéreuses surexpriment le gène HER2. Cela provoque une croissance plus rapide de la tumeur. Lorsque c’est le cas, on peut donner un médicament, le trastuzumab, qui bloque spécifiquement l’action du gène HER2. Ce médicament s’administre par injection intraveineuse.

Pour les cancers plus avancés, l’utilisation des ultrasons pourrait être envisagée pour réduire la taille de la tumeur avant une chirurgie de complément et éviter ainsi de devoir retirer tout le sein.