Ce 3 septembre : Hommage à Kishore Kumar… sur des notes plurielles

Ils seront quatre chanteurs – Vani Tirvengadum, Varsharanee Bissessur, Vishal Mungroo et Kishore Khimia – à se produire sur la scène du Caudan Arts Centre (CAC) demain, à 15h. Et ce, le temps d’un concert en hommage au légendaire chanteur indien Kishore Kumar. Pour l’occasion, ils seront accompagnés de 16 musiciens, à savoir : Kenneth Babajie (piano), Vijay Munisamy (accordéon), Outam Laulsah (octopad), Nel Bucktowar (flute), Stéphanie Cybèle (violon), Hans Marthe (guitare basse), Meehir Bhuttooa (batterie), Arvind Bhujun (sitar), Guy-Noël Clarisse (violon), Nishal Bhoojawon (tabla), Joanna Gentil (violon), Nilay Jodhun (claviers), Samuel Laval (saxophone), Rounal Gobin (guitare électrique), Philippe Thomas (trompette) et Ashvin Jodhun (guitare acoustique), qui est également l’arrangeur principal du concert et officie comme directeur musical. L’initiative de l’événement revient à l’agence Immedia.

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Toute l’équipe de chanteurs et de musiciens planche depuis plusieurs semaines déjà sur le projet, enchaînant les répétitions et les ajustements nécessaires. Car il ne s’agit pas d’un concert selon la définition classique du terme. Pour les adeptes, l’an dernier, Immedia avait proposé une expérience inédite avec le concert philharmonique en hommage à Lata Mangeshkar, qui venait de quitter ce monde. Cette année, l’organisateur récidive et sort des sentiers battus.

En plus de proposer une nouvelle expérience philharmonique pour reprendre une vingtaine de titres du large répertoire de Kishore Kumar, une section cuivres a en effet été ajoutée à l’ensemble des musiciens ! Ce qui augure bien évidemment bien des surprises pour les mélomanes qui feront le déplacement pour assister au spectacle… Le Mauricien a rencontré quelques-uns de ces artistes, qui partagent avec nous leurs sentiments et leurs attentes…

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ASHVIN JODHUN (DIRECTEUR MUSICAL ET GUITARE ACOUSTIQUE) :

« Un concept inédit et unique »
Pour l’expérience entamée, l’an dernier, pour le concert en hommage à Lata Mangeshkar, nous avions décidé d’aller un peu plus loin qu’un concert typique, soit des chanteurs et quatre ou cinq musiciens. Rama Poonoosamy nous avait fait part de son souhait de proposer les chansons les plus connues et les plus appréciées de Lataji, mais avec une sonorité nouvelle, donc avec un accompagnement philharmonique. Nous avons travaillé en ce sens, et le résultat a été… magique !

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Pour Kishore Kumar, nous avons décidé de poursuivre l’aventure et d’aller encore plus dans le sens d’un orchestre philharmonique. D’où l’idée d’inclure les cuivres, et donc Philippe Thomas à la trompette et Samuel Laval au saxo, entre autres. Le but est de distiller une sonorité différente, des nuances plurielles, afin de coller davantage au répertoire de Kishore Kumar. Celui de Lataji, en comparaison, se compose de morceaux plutôt doux, plus lents. Par contre, Kishore Kumar est surtout connu pour ses titres qui déménagent, qui sont très joyeux, rythmés. Cette approche est certainement très novatrice et originale.

Bien évidemment, il a fallu beaucoup de travail pour amener les musiciens et leurs instruments à parvenir à cet alliage de sons, mêlant sonorités occidentales et orientales, tout en restant très fidèles aux chansons d’origine. Ça n’a pas été une tâche aisée, je le concède, mais c’est une expérience inédite et unique. Ce qui rend ce projet encore plus différent d’ailleurs. Je connais et je suis personnellement une foule de talents locaux, qu’il s’agisse de musiciens qui jouent des instruments orientaux classiques autant que ceux qui fréquentent le Conservatoire de musique François Mitterrand. Nous avons, à Maurice, un vivier de talents exceptionnels qui ne demandent qu’à être exposés et mis en valeur.

D’avoir sur une même scène des artistes aussi prodigieux que Kenneth Babajie, Philippe Thomas, Samuel Laval, ou l’Ensemble 415, jouant aux côtés d’artistes rodés et confirmés, de professionnels comme Vijay Munisamy, Meehir Bhuttooa, Arbind Bhujun… pour moi, c’est un achievement. Le résultat, c’est que ceux qui viendront au concert verront et entendront quelque chose qui dépasse les rêves les plus fous des mélomanes. Un tel exercice, c’est franchement audacieux et novateur. Et je pense même, exportable. Pourquoi pas ? Ce n’est pas courant d’avoir un orchestre philharmonique pour un répertoire du cinéma indien. Humblement, je suis d’avis qu’il y a la demande pour cela et que le public n’attend qu’une chose : que l’on vienne avec nos réalisations.

VARSHARANEE BISSESSUR (CHANTEUSE) : « Une expérience inoubliable »

J’ai baigné dans un univers fait de musique et de chant depuis ma plus tendre enfance ! Mes parents, Suryadev et Rita Bissessur, sont des vocalistes de renom. En grandissant, avec les concours et émissions qu’avait la MBC à l’époque, style Geet Gata Chal, Geet Malini et autres, je participais régulièrement, et me faisais connaître du grand public. Parallèlement, je poursuivais mes études et suivais une formation professionnelle.

Je suis aujourd’hui attachée au Rabindranath Tagore Institute (RTI) et au Mahatma Gandhi Institute (MGI). J’ai aussi travaillé au ministère de l’Education. De par mon background familial et notre attachement au monde de la musique et du chant, Kishore Kumar, comme Lata Mangeshkar, font partie de mon univers. Le concert de l’an dernier était tout simplement magique ! Quand nous avions démarré l’aventure, et que graduellement, avec les musiciens de talent qu’Immedia et Ashvin Jodhun ont sollicités pour nous soutenir et accompagner, nous avons vécu une expérience inoubliable !

Quand nous avons joué et chanté devant le public, c’était un immense bonheur. Je ne peux exprimer les émotions de ces moments partagés avec des amis et ces talents d’exception que j’ai eu la grande chance de connaître. Avec l’actuel projet, nous avons repoussé encore plus loin nos limites, et je dois dire que ce sont des semaines de répétitions intenses, certes, mais surtout énormément enrichissantes que nous avons vécues. Vivement que nous présentions ce concert, pour partager ce grand bonheur avec tout le monde !

SAMUEL LAVAL (SAXO) : « Une aventure incroyable »
De par ma formation de jazz et, donc, de musicien, principalement d’influence occidentale, quand j’ai été approché pour participer à Gata Rahe Mera Dil, j’ai pris cela comme un challenge intéressant, une aventure incroyable. Mon parcours, d’ailleurs, est tel que je ne suis pas du tout un musicien qui a suivi un parcours typique ou classique. J’ai arrêté mon instruction académique pour suivre une formation avec le grand José Thérèse et l’Atelier Mo’Zar. Puis j’ai eu la chance d’avoir bénéficié des soutiens de Philippe Thomas et du mythique Ernest Wiéhé ! Ces frottements m’ont ouvert à des horizons artistiques sans bornes…

Pour en revenir au concert hommage à Kishore Kumar, pour moi, c’est une aventure en terre totalement inconnue. Mais que j’ai entrepris avec un esprit bien ouvert. Ces longues heures de travail avec Ashvin Jodhun, puis avec chacun des musiciens et des chanteurs – tous des artistes de grand talent –, j’ai découvert un monde qui m’était totalement inconnu. Et que j’ai appris à aimer et maîtriser. J’ai hâte que nous nous produisions, pour le grand plaisir du public. Le travail réalisé relève d’énormes efforts et qui, je suis sûr, va en ravir plus d’un.

VIJAY MUNISAMY (ACCORDÉON) : « La musique, c’est ma vie »
J’ai également grandi dans une famille de musiciens où le chant et les instruments classiques faisaient partie du quotidien. Petit, mon père, Tamby Munisamy, jouait l’accordéon du Swastee Band de Beau-Vallon. Puis, en grandissant, j’ai rejoint le Vishal Band de Mahébourg, pendant mes années d’étudiant. Ensuite, quand j’ai commencé à participer aux émissions comme Geet Gata Chal, j’ai rejoint le Stanzas Group. Parallèlement, j’apprenais à jouer de presque tous les instruments : harmonium, accordéon, claviers, synthés…

Mais mon père me rappelait toujours de bien prendre la musique au sérieux, de ne pas banaliser cet art. Je me produisais au départ dans les veilles de mariages, réceptions et autres fêtes. Comme nous le ressentons tous, au sein de cette petite communauté qui a été sollicitée pour faire Gata Rahe Mera Dil, Immedia nous offre la chance de nous produire devant le grand public mauricien. Nous savons tous qu’il y a une grande demande pour ce type de projets, mais pas assez d’investissements, de tourneurs dans ce domaine, hélas !

L’approche d’orchestre philharmonique pour rendre hommage à Kishore Kumar est une idée de génie. J’ai eu énormément de plaisir à côtoyer tous ces merveilleux artistes mauriciens, le temps de cette aventure. Je ne peux que prier qu’un maximum de personnes vienne au concert.

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