Enfant, il été toujours nerveux et était mauvais perdant. Pour Alexandre Mayer, quand il s’agissait de pratiquer une activité sportive, ce n’était guère pour passer du temps. Il fallait impérativement s’y mettre être à fond en visant la victoire. Avec le cyclisme, il a compris que les choses étaient différentes puisque dans ce milieu, il faut aussi apprendre à perdre. Sur ses deux roues, que ce soit en piste et à VTT, le jeune homme de 22 ans se sent aujourd’hui définitivement à sa place. Alors que le vainqueur du Tour de Maurice 2020bv entame sa dernière année dans la catégorie espoir, Alexandre Mayer est un athlète dont le travail assidu l’amènera à réaliser d’autres projets.

Le monde sportif est a été grandement affecté par la pandémie de la Covid-19. Alexandre Mayer peut en témoigner. Alors qu’il envisageait une deuxième saison sous les couleurs du club Fybolia OC Locminé, en France il a été contraint de mettre ses projets de côtés. « J’y ai fait des grandes courses et cela m’a permis de progresser.” Le cycliste ajoute : « J’ai a du à accepter que la reprise ne sera pas pour cette fois. »

Et puisqu’il n’est pas de nature à rester les bras croisés, Alexandre Mayer a décidé d’entamer un nouveau circuit en s’inscrivant à des cours en Business and Management au Middlesex University. “Ca faisait trois ans, que j’avais mis en suspens mes études pour faire du vélo à plein temps. Cette année-ci, je suis rentré à Maurice en mars en vue des Championnats d’Afrique et le lockdown nous est tombé dessus. Heureusement j’ai pu venir avant sinon j’aurais été bloqué en France. Mais, cet arrêt loin de mon club m’a amené à revoir mes plans car c’est une année de perdue avec pratiquement aucune compétition. En Europe, nous les Mauriciens ont du mal à être compétitifs. Donc prendre du retard en plus que c’est ma dernière année espoir, il m’était important de réagir rapidement et de prendre une autre orientation tout en continuant le vélo”.

Une passion familiale

En effet, c’est en scelle qu’Alexandre Mayer conjugue son quotidien depuis plusieurs années. Ce n’est pas vraiment un hasard sachant que son père et son frère sont cycliste. Colin Mayer, légende du cyclisme mauricien, était son oncle. “J’ai toujours baigné dans l’environnement du vélo. Tous les week-ends j’allais assister aux courses et à un moment donné j’ai aussi voulu essayer”. Cependant, Alexandre Mayer a d’abord commencé par le tennis et de manière très intensive. « J’ai toujours aimé la compétition. Je ne fais jamais une activité uniquement pour le plaisir, je le fais pour gagner. Je me souviens parfaitement comment j’étais un enfant très nerveux. Je passais mon temps à casser mes raquettes car j’avais horreur de perdre”. Une fois dans le monde de la petite reine, Alexandre Mayer a vite compris que les choses étaient complètement différentes “ La victoire est très rare. Finalement je dois dire que grâce au vélo j’ai appris à accepter de perdre et surtout j’ai gagné maturité”.

Les palmarès se rallongent

Pour celui qui s’est emparé du maillot jaune dès la deuxième étape et jusqu’au bout du Tour de Maurice 2020, le cyclisme doit être pratiqué avec beaucoup de sérieux “ J’ai développé une certaine rigueur dans la vie comme se lever et aller s’entrainer, faire attention à ce que ce que je mange. Je conseille aux jeunes de choisir une activité, pas forcément pour faire de la compétition, mais afin d’apprendre à se gérer”.


Pour sa part, le cyclisme n’est définitivement pas un passe-temps pour Alexandre Mayer « Je suis quelqu’un qui se donne toujours à fond dans ce que j’entreprends. J’aime pousser au-delà de mes limites”. D’ailleurs, au niveau des palmarès, la liste se rallonge au fil des années pour le jeune cycliste. Outre d’avoir participé aux Jeux du Commonwealth en 2018 et d’avoir pris la 6ème place sur le contre-la-montre lors du Championnat d’Afrique, Alexandre Mayer a remporté la médaille pour les Jeux des Iles en contre-la-montre par équipe et en individuel. Le champion de Maurice sur route détient aussi le même titre en VTT. En 2019, il a pris la 4ème place du Tour de La Réunion et s’est offert une victoire d’étape.

Le vélo c’est sérieux

Alexandra Mayer confie : « En tant que jeune, je fais des sacrifices mais c’est un choix que j’assume. En France, j’avoue que la vie était encore plus rude. Il n’y avait pas de sorties, beaucoup de privation et de sacrifices mais une fois que les objectifs étaient atteints, je pouvais relâcher un peu la pression pendant un mois et faire la fête et retrouver les copains. Avec le vélo, il faut accepter de faire des sacrifices sinon on ne va pas bien loin. C’est très exigeant comme sport”. Au niveau professionnel, l’ancien coureur du Moka Rangers s’inspire du parcours de Christopher Froome, qui rappelons a couru et gagné le Tour de Maurice en 2016 « C’est un cycliste qui au départ de sa carrière avait beaucoup de défauts et de lacunes, mais qui aujourd’hui a gagné 4 fois le Tour de France. C’est un gros bosseur. ” Au niveau local, il cite aussi l’exemple de son acolyte Yannick Lincoln. “Il n’est pas doué naturellement mais il travaille tous les jours sans cesse pour être au top. Il disait lui-même être le moins doué de sa génération mais aujourd’hui il est le seul qui reste et qui continue à gagner”.

En attentant la reprise…

Un an depuis qu’Alexandre Mayer est suivi par un entraîneur d’Afrique du Sud. Un suivi qui se fait entièrement en ligne. “Auparavant je prenais conseils auprès de mon père, maintenant c’est de moins en mois le cas car il fait partie de la veille école. Or, le cyclisme a changé énormément. C’est beaucoup plus scientifique. Je me sens définitivement plus encadré”. En attendant que les compétitions ne reprennent au niveau international, Alexandre Mayer profite de sa nouvelle vie d’étudiant et des moments avec sa famille, sa petite amie et ses amis. « Question professionnel, à ce stade je n’ai aucune idée précise. Mais il est clair qu’à Maurice on ne peut pas vivre du cyclisme. A l’international déjà il faut vraiment être fort et costaud pour pouvoir en vivre. Donc, l’avenir nous dira et je n’ai aucun doute de pouvoir m’adapter peu importe la situation. ”

Café/choco

Et quand il veut bien ranger son vélo, Alexandre Mayer se met volontiers en mode repos à regarder Netflix ou à décompresser sur la Playstation. Parmi ses rares péché mignon, il nous confie « être accro » au café et au chocolat noir. Bon mangeur, il trouve son plaisir dans la cuisine mauricienne ou asiatique tout en évitant de consommer des produits raffinés. “J’adore cuisiner aussi. Parmi mes réussites le fondant au chocolat que je déguste après une course” Coté film, Alexandre Mayer a bien apprécié Interstellar de Christopher Nolan, et en ce qui concerne la musique, le jeune écoute de tout avec une préférence pour le reggae, Blakkayo et Raffiki pour la partie locale. Le nouveau Champion de Maurice en cyclisme conclut « Ma force c’est la chance d’avoir des gens capables de me motiver et aussi cette volonté de me motiver moi-même à toujours travailler pour être meilleur”.