Elles sont peu nombreuses, mais elles sont bel et bien là ! Si la scène rock internationale et locale est souvent dominée par des hommes aux longs cheveux et à la voix rauque, les femmes, les “rockeuses” sont, elles, aussi présentes. A l’instar de Blondie, Roxette, Janis Joplin ou encore Amy Lee du groupe Evanescence, le rock féminin a de beaux jours devant lui. Avec le nouveau morceau “Rélévé”, sorti il y a quelques mois en collaboration avec l’agence OXO et Culture Events & Productions, Week-End s’est intéressée à deux jeunes rockeuses mauriciennes qui ont participé à sa réalisation, notamment Kate Bagwan et Arielle Félix. Elles nous parlent d’elles.

Arielle Félix

“She’s got the look”, comme le chantait Roxette en 1989. Kate Bagwan, jeune diplômée en Software Engineering de 22 ans, a l’attitude d’une vraie rockeuse. La voix puissante, le total look en noir, Kate Bagwan n’est pas une novice de la scène rock local “C’est en Form 2 que j’ai commencé des cours de batterie”, nous dit-elle. “A la base, j’étais au conservatoire François Mitterand pour des cours de clavier et j’entendais tous les jours, lors des répétitions, des gens en train de jouer de la batterie, et ça m’a tout de suite plu”, confie-t-elle. Un virage de 180 degrés qu’elle ne regrette pas à l’époque, où elle écoute beaucoup de groupes plutôt grunge, rock comme Nirvana, Red Hot Chili Peppers ou encore System of a down. “Pour la petite histoire, c’est en voulant jouer ‘Chop Suey’ de System of a down, que j’ai aussi souhaité me lancer”, dit-elle. “Mais bon, même maintenant je n’y pas encore parvenue !”

Depuis, Kate Bagwan a fait son petit “rockeuse” de chemin. “Dans les cours de batterie, j’étais la seule fille et d’ailleurs je ne savais absolument rien sur cet instrument, tandis que les autres élèves avaient, eux, une notion ou même connaissaient déjà les bases. J’ai dû tout reprendre à zéro, en apprenant notamment comment bien tenir les baguettes.” Une fois la technique maîtrisée, Kate Bagwan fait un deuxième virage et se tourne vers le chant. “Après avoir joué pour les music days du collège, entre autres, c’est en 2014 pour le fancy-fair du collège du Saint-Esprit où je suis invitée à jouer que je me découvre cette nouvelle voie, qui est le chant”, raconte-t-elle. Ainsi, après le clavier, la batterie, les cymbales (car elle est aussi amenée à jouer pour la fanfare du conservatoire !), elle finit par se tourner définitivement vers le chant.

“Le milieu du rock n’est pas exclusivement masculin”

“En entrant à l’université, en 2017, j’ai commencé à chanter un peu plus. Et c’était surtout des morceaux de Nirvana et de Radiohead”, se souvient-elle. “Si j’étais plus timide, voire effacée à la batterie, au chant je me suis découvert une nouvelle moi, j’étais plus sûre de moi sur scène”, dit-elle. Ainsi, en 2019, elle s’inscrit au cours de chant avec Linzy Bacbotte et, depuis, la jeune femme continue de collaborer pour des concerts et autres. “Cette année, je pense que je vais lever le pied, car 2019 a été l’année de tous les événements, avec notamment les Jeux des îles où j’ai joué pour la cérémonie d’ouverture”, confie-t-elle.

Kate Bagwan

Et si Kate Bagwan pense décélérer pour souffler un peu, Arielle Félix, au contraire, passe à la quatrième vitesse. Enseignante du primaire, la jeune femme âgée de 28 ans est elle aussi une des voix montantes du rock local. “Le rock c’est toute ma vie”, dit-elle d’emblée. Et pourtant ce n’est que tout récemment qu’elle se découvre “ma voix rock” et ce, par le plus grand des hasards. “Mon frère joue dans un groupe de métal et j’ai toujours été là, mais j’étais toujours de l’autre côté de la scène, dans la foule”, confie-t-elle. C’est lors de la mise en place de l’Underground Rock Festival l’an dernier qu’elle s’essaie comme par hasard au chant et finit par être une des chanteuses principales du “Tribute to Metallica”. “C’était la première fois que je montais sur scène et j’ai adoré cela. La réception du public était extraordinaire”, se souvient-elle.

Arielle Félix comme Kate Bagwan sont unanimes : les femmes ont leur place sur la scène locale rock. D’ailleurs, elles nous racontent qu’elles ont été tout de suite chouchoutées par leurs homologues masculins. “C’est une idée reçue de dire que le milieu du rock est exclusivement masculin et nous, les femmes, nous avons tendance à le penser, alors que ce n’est pas vrai. J’ai été très bien accueillie, conseillée et parrainée”, confie Arielle Félix. “Au contraire, je pense que si tu es une fille, c’est encore mieux par l’énergie que tu apportes sur scène et au public.”

Travaillant pour sa part avec quelques amis sur le projet de fonder un nouveau groupe, elle continue ses collaborations, tout en encadrant ses petits élèves. “Oui, je suis une rockeuse et j’assume mon style, mais cela ne veut pas dire que dois oublier mon rôle en tant qu’enseignante et de modèle pour mes petits élèves”, dit celle qui ne manque pas l’occasion de porte son T-shirt Iron Maiden. “Mon T-shirt fétiche”, confie-t-elle. “Je souhaiterai ainsi dire aux filles qui aiment le rock, qui aiment chanter, de se manifester et de venir nous voir. On ne mord pas et le milieu du rock a besoin de vous !”