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Le cap de la cinquantaine est souvent présenté comme difficile à passer, en particulier pour les femmes. On dit même qu’il aurait un impact sur leur sexualité. Or, le rapport au sexe évolue avec l’âge. Selon que l’on est un homme ou une femme, en couple ou célibataire, bien portant ou malade, le désir et le comportement sexuel varient. Et la cinquantaine et la ménopause ne sonnent pas le glas de la vie sexuelle, bien au contraire. Longtemps considérée comme taboue et déplacée, la quête du plaisir à l’âge tendre est désormais jugée naturelle par beaucoup. Désirs plus affirmés, meilleure connaissance du corps, maturité… La sexualité est bien souvent plus libre. Et il n’est pas rare, passé 50 ans, de redonner un second souffle à sa libido. À bas les idées reçues sur la sexualité féminine après 50 ans.

Passé 50 ans, le corps se modifie avec des perturbations hormonales importantes. Disparition du cycle, baisse de libido, bouffées de chaleur et sécheresse vaginale liés à la ménopause peuvent faire passer la sexualité au second plan. Mais aujourd’hui, ménopause ne rime plus avec fin de la sexualité. La cinquantaine s’accompagne de profonds changements, y compris sur le plan du désir. Surtout que l’excitation sexuelle ne dépend pas d’un interrupteur dans le cerveau ou le bas ventre, mais bien d’un arsenal de facteurs. Faire l’amour n’a rien de marginal ni d’exceptionnel passé 50 ans. Selon une étude • • •
• • • réalisée au sein de 29 pays, 79% des hommes de 60 à 69 ans voient même le sexe comme un centre d’intérêt important1. Et six femmes sur dix partagent cet avis.

Ménopause et baisse de la libido chez les femmes de 50 ans

Chez les femmes, l’approche de la ménopause, qui survient généralement entre 45 et 50 ans, peut être la source d’inquiétudes. Il faut cependant savoir relativiser et ne pas se focaliser sur les mauvais côtés. La ménopause ne signe pas pour autant la fin de la vie sexuelle d’une femme. Certes, la ménopause entraîne parfois des modifications de son corps (elle n’a plus de cycles menstruels, plus d’ovulations, et sa fertilité s’arrête…) et des changements d’humeur. Mais ces variations sont passagères et s’atténuent avec le temps. Si la ménopause peut également induire des variations de libido et des baisses d’appétit sexuel, ici encore, il s’agit de modifications temporaires, et toutes les femmes ne sont pas sujettes à ces effets secondaires, qui sont dus à l’action des hormones. Son désir peut changer mais persiste toute la vie. Si le désir d’une femme ménopausée diminue, c’est souvent qu’elle est en couple depuis très longtemps et que la routine a pu s’installer. Il est tout à fait possible pour une femme d’avoir une sexualité épanouie après 50 ans. Des études ont montré qu’une femme ménopausée rencontrant un nouveau partenaire éprouve autant de désir qu’une femme de 30 ans…

En avançant en âge, on n’est plus suffisamment désirable pour faire l’amour

Dans la sexualité, il est bien sûr important de se désirer mutuellement. Or, il est vrai qu’une personne qui vieillit et ne se sent plus désirable peut voir son désir sexuel se bloquer. Mais si elle prend soin d’elle et continue à aimer son corps et le plaisir qu’il peut lui apporter, si elle sait apprécier l’intimité des corps, le désir persiste à 80 ans et plus. Le problème, c’est que dans notre société où le jeunisme prédomine, il faut un sacré caractère pour avoir la conviction d’être désirable malgré un âge avancé.

À 50 ans, on est en forme !

Hygiène de vie, santé, sport, alimentation, prévention… c’est le plus souvent en bonne santé que l’on fête ses 50 ans. Le corps fonctionne bien, on est active, on profite de la vie et de ses proches. En tant que femme, il est vrai que la cinquantaine est marquée par les changements hormonaux de la ménopause. C’est une étape qui peut être plus ou moins bien vécue, mais pour certaines, être libérée de la question de la maternité, du cycle menstruel et de la problématique de la contraception est une excellente nouvelle ! Libres de vivre leur sexualité plus sereinement et plus spontanément, elles découvrent un certain lâcher-prise qui, sous la couette, ne peut avoir que du bon…

Plus sereine aussi…

Avec les enfants qui commencent à quitter le nid, et les enjeux professionnels qui existent toujours, mais peuvent sembler moins lourds, cela laisse plus d’espace pour soi, pour rêver, fantasmer, et davantage d’opportunités d’instants coquins avec son partenaire. Et puis la confiance en soi augmente avec le temps. Celles qui ont le désir, capitalisent sur leur expérience, acceptent mieux les choses telles qu’elles sont, y compris les petits défauts. En fait, 68 % des femmes de plus de 50 ans, se soucient moins que jamais du regard des autres. En bref, elles comprennent qu’il n’a pas d’âge pour se sentir sexy et désirable. Ces femmes acceptent mieux leur corps que lorsqu’elles étaient plus jeune, et c’est tant mieux.

Et l’on sait ce qu’on veut !

Lâcher-prise, confiance en soi…. Il est temps d’oser dire ses envies. Au fil du temps, notre corps et notre sexualité évoluent et notre manière de faire l’amour aussi. En effet, on n’a pas le même rapport au sexe lorsque l’on a 20, 30 ou 50 ans. Au début de notre vie sexuelle, à l’âge des premiers rapports, notre corps est fortement soumis à l’action des hormones sexuelles. Le sexe et les rapports sentimentaux sont alors perçus comme un monde de découvertes et d’expériences à expérimenter. Lorsqu’une femme a passé 50 ans, elle connaît son corps et la manière dont il réagit. Il lui est donc plus facile de savoir quelle position lui procure plus de plaisir qu’une autre, quelle pratique sexuelle elle préfère ou quelles sont ses zones érogènes. C’est le moment de guider son partenaire vers ce qui lui fait du bien, la position qu’elle préfère, la partie du corps sur laquelle elle aimerait qu’il prolonge ses caresses, voire même de s’aventurer vers de nouvelles pratiques. En en discutant avec son partenaire, cela lui permet d’atteindre la jouissance plus facilement et d’être à l’écoute de ses envies.

En avançant en âge, on a de moins en moins de relations sexuelles

Pas tout à fait vrai. Certes, il est vrai qu’à 50 ans pour les femmes et 55 ans pour les hommes, la fréquence des relations sexuelles diminue. Elle passe en moyenne de 8 rapports sexuels par mois à 5 rapports sexuels par mois. Mais les émotions, les fantasmes, l’imaginaire érotique n’ont pas d’âge ; ils existent tout au fil de la vie et jusqu’à notre mort. La sexualité est chevillée à la vie et tant que la vie est là, la sexualité aussi est présente. Quand les relations sexuelles s’arrêtent avec l’âge, c’est à cause de l’absence de partenaire, en particulier à cause des veuvages ou des séparations. Sinon, chez une personne en couple et en bonne santé, la sexualité active peut continuer toute la vie. En clair, l’érection et la lubrification vaginale continuent à fonctionner. Et chez les couples qui s’entendent bien sexuellement, un trouble de l’érection important, une impuissance, n’empêchent pas de continuer une vie sexuelle active car la pénétration n’est pas la seule manière d’avoir un rapport sexuel…

Avoir une sexualité épanouie à 50 ans

Avoir 50 ans, c’est un moment important dans la vie. Longtemps perçu comme le début… de la fin, cet âge est désormais considéré comme l’entrée dans une nouvelle phase de vie, une parenthèse enchantée pleine de promesses, que l’on peut aborder en confiance ! Par ailleurs, pour maintenir une sexualité épanouie au-delà de cinquante ans, il est conseillé de prendre soin de soi et de son corps, de se relaxer, de pratiquer une activité physique, de surveiller son alimentation, d’entretenir l’amour autour de soi et de continuer à utiliser son imaginaire érotique.