La Court of Investigation sur l’échouement du MV Wakashio, qui en était à sa quatorzième séance, hier, continue d’apporter son lot de réponses aux interrogations de l’ancien Puisne Judge, Abdurrafeek Hamuth, du Marine Engineer, Jean-Mario Geneviève, et du Marine Surveyor, Johnny Lam Kai Leung.

Aux travaux de ce lundi, 8 février, c’est le chief officer Subodha Janendra Tilakarathna qui a été appelé à témoigner. Il a indiqué que durant son shift de travail, le capitaine, Sunil Kumar Nandeshwar se trouvait sur le pont à plusieurs reprises afin de vérifier le radar ainsi que l’Ecdis (Electronic Charts Display Information System), le système de visualisation des cartes électroniques et d’information sur les bateaux.

« Nous ne suivions pas le ‘plotted coast line’ », a affirmé le chief officer.

Il a confié que le capitaine du MV Wakashio a pour habitude de procéder à des déviations de leur itinéraire initial afin de s’approcher près des côtes dans le but de capter un réseau cellulaire.

Néanmoins, souligne ce dernier, le capitaine ne possédait pas de « Large Scale Chart » pour la région de Maurice au moment de la déviation vers nos côtes.

Le Chief officer n’aurait fait que suivre les instructions du capitaine du MV Wakashio qui a pris l’initiative d’effectuer les déviations du plan de navigation initial.

Selon Subodha Janendra Tilakarathna, le téléphone du capitaine avait du mal à capter un réseau cellulaire avec sa sim card et devait ainsi utiliser celle du chief officer pour passer ses appels outre-atlantique.

Autre information fournie par le chief officer concernait les donnés inexactes de l’écho sondeur. En effet, ce dernier a affirmé que l’écho sondeur n’indiquait pas la profondeur exacte près des côtes de Maurice en raison d’une mauvaise réception du signal.

L’alcool à bord

La septième séance des auditions a été largement consacrée au volet de la consommation d’alcool à bord du vraquier japonais.

L’alcool servi aux membres d’équipage du MV Wakashio le jour du naufrage était également au menu lors des deux séances des travaux de la Court of Investigation qui ont eu lieu la semaine dernière, soit le 3 février et 4 février.

« C’est le capitaine qui avait donné son feu vert pour qu’on puisse consommer de l’alcool», a déclaré un marin. Le graisseur Steve Pelaez Balboa a révélé qu’il chantait au karaoké lorsqu’il a ressenti une vibration, suivie d’un bruit de frottement qui s’est propagé à travers tout le bateau.

L’autre révélation de taille faite fut celle du chef cuisinier philippin, Junior Gonzaga Carullo, suite à une question de l’avocat Ilshad Munsoo, sur le nombre de cartes SIM en possession des membrs de l’équipage. « Je possède deux cartes SIM comme tous les membres d’équipage. L’une des deux SIM capte le réseau près de Maurice. C’est connu de tous », a dit le chef cuisinier.

Les trois autres témoins qui lui ont succédé à la barre, le matelot, Jade Timothy Miraflores Ganzola, et deux graisseurs du vraquier, Jason Christian Buta et Steve Pelaez Balboa, ont abondé dans le même sens.

Sauf que leurs collègues venus témoigner lors des cinq premières séances qui se sont déroulés du 19 janvier au 27 janvier avaient affirmé le contraire, c’est-à-dire qu’ils possédaient une seule carte SIM de la compagnie AIS qui capte le réseau « uniquement dans la zone de l’Asie du Sud-Est et d’Australie ».

Pour rappel, cette Court of Investigation a pour mission de faire la lumière sur les circonstances ayant conduit au naufrage du vraquier, et d’établir si les pratiques et procédures habituelles de suivi et de surveillance des navires dans nos eaux territoriales ont été suivies.

Les travaux de la Court of Investigation se poursuivent cette semaine.

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