• Le leader de l’opposition disposerait d’informations à l’effet que seul un garde-côte aurait été en poste à Pointe-du-Diable
  • « I am convinced that a number of things have gone drastically wrong in the handling of events pre and post grounding of the MV Wakashio », soutient Arvin Boolell

Dans une lettre adressée au secrétaire de la Court of Investigation sur le naufrage du MV Wakashio, A.M. Jeenathally, le leader de l’opposition, Arvin Boolell, demande que le Premier ministre, Pravind Jugnauth ainsi que les ministres Sudheer Maudhoo et Kavy Ramano soient entendus par le tribunal. Il considère que tous trois sont investis de responsabilités aux termes de l’article 62 de la Constitution, concernant « matters falling directly within the terms of reference of the Court ». Il s’est dit ainsi convaincu que « le tribunal dispose des pouvoirs nécessaires pour le faire ». La Court of Investigation est présidée par l’ex-juge Abdurafeek Hamuth, qui est assisté de Johnny Lam Kai Leung et de Jean Marion Geneviève.

Le leader de l’opposition rappelle dans sa lettre qu’il a déjà adressée deux PNQs le 11 et le 28 août, à savoir à Sudheer Maudhoo et au Premier ministre sur le naufrage. Il demande également à la cour de lui indiquer si ses attributions tiennent en ligne de compte que « every salvor shall owe a duty to the owner of the vessel and other property in danger to exercise due care to prevent and minimise damage to the environment… » comme stipulé par la section 147 (a) et (b) de la Merchant Shipping Act 2007.

Arvin Boolell évoque également les informations qu’il aurait obtenues d’un lanceur d’alerte anonyme concernant l’absence d’un garde-côte à son poste au moment où se produisait le naufrage le 25 juillet dernier. « According to this whistleblower, 2 officers of the National Coast Guard were supposed to be on duty at Pointe du Diable that evening but apparently, 1 of them was not on site at the time of the incident at least from 18h15 to 20h10. The other officer on site was, according to this whistleblower, not versed in the handling of the radar dans radio equipment. I was warned that the log and diary books would be or had been manipulated in order to hide blunders committed on the 25 of July ».

Arvin Boolell relève également les contradictions dans les réponses données par le Premier ministre concernant les soi-disant tentatives des gardes-côtes d’entrer en communication avec le capitaine du Wakashio. Il souligne que le Voyage Data Recorder (VDR) du navire indique « that there is no record of any communication between the NCG and the vessel ». Ce qui apporte de l’eau au moulin du lanceur d’alerte anonyme et qui est très troublant. Il estime que les deux officiers doivent être convoqués et que les “log books” pour les 24, 25 et 26 juillet de la station de Pointe du Diable soient mis en sécurité et qu’une enquête, concernant les éventuelles tentatives de falsification de ces documents, soit menée. « I suggest that recordings for the 25th of july from CCTV cameras should also be secured and probed », affirme-t-il.

Autre point soulevé par le leader de l’opposition concerne sa crainte sur le fait que « the response of the authorities and the salvor has been inadequate regarding the measures to be taken to prevent and minimise the threats to the marine environment following the grounding of the MV Wakashio » entre le 26 juillet et le 5 août.

Arvin Boolell estime par ailleurs qu’aucun des membres de l’équipe, dirigée par l’ingénieur en chef et qui avait été constituée comme annoncé par le Premier ministre, n’avait les qualifications requises « in providing and environmental response to an oil spill ». Il invite la cour à convoquer tous les membres de cette équipe afin de connaître leurs qualifications.
Finalement, Arvin Boolell se dit convaincu « that a number of things have gone drastically wrong in the handling of events pre and post grounding of the MV Wakashio ». Il a conclu en espérant que le Tribunal « sera en mesure de faire un excellent travail » et que les tentatives de “cover-up” seront démasquées.