Le Nomination Day s’est déroulé dans une ambiance bon enfant dans les 24 villages constituant le district de Grand-Port. Dans certaines régions, comme Nouvelle France, c’était le calme plat, tandis que dans d’autres, comme à Mahébourg, c’était l’effervescence avec un défilé des candidats. À Rose-Belle, à 15h, deux équipes procédaient encore à l’enregistrement. Le village a également retrouvé l’ambiance des élections générales avec un défilé de voitures du Parti de l’Unité.

Ce coup d’envoi des élections villageoises s’est déroulé dans le calme dans les villages du Sud. Chacun vaquait à ses occupations, alors que les candidats se dirigeaient, eux, vers les centres de dépôt de candidature. Un habitant de Mahébourg explique que ces villageoises arrivent au mauvais moment. « C’est bientôt Divali, les gens sont plus préoccupés par les préparatifs de la fête que par les élections. On verra s’ils viendront tout de même voter le 22 novembre. »

À Plaine Magnien, le Mouvement Zeness de Plaine Magnien est arrivé avec sa banderole. Mais les policiers sont stricts : pas de symbole à moins de 200 mètres du centre. Nazim Gurib, le président du parti, dit vouloir apporter du nouveau dans le village. « Il faut mettre des infrastructures et organiser plus d’activités pour les jeunes afin qu’on puisse diminuer le problème de drogue dans le village. »

Nirmal Domah, président sortant du conseil de district de Grand-Port, s’enregistre avec le Parti progressif de Plaine Magnien. Il dit vouloir continuer le travail entrepris. « Nous avons construit la foire de Plaine Magnien, au coût de Rs 44 M, aménagé un incinérateur, clôturé et installé des lumières au terrain de foot, entre autres. Actuellement, il y a des travaux de drain à la cité Paul Langlois, où il y a eu des inondations par le passé. » Corinne Cazelin, Natasha Soonucksing et Vidousha Khooneesing sont les éléments féminins de l’équipe. À 26 ans, cette dernière est la plus jeune. Sa vision est de contribuer au développement de son village et d’améliorer la vie des villageois.

Le Mouvement Solidarité Plaine Magnien en est à sa première participation. « Il y a beaucoup de jeunes qui ont des idées et qui veulent apporter leur collaboration. Il faut leur donner la chance », dit Oomar Jaufferally, candidat de 26 ans. Hemawtee Neeroo, Jaya Seewoosunkur et Karishma Mungroo sont aussi membres de cette équipe. Elles estiment que c’est une bonne expérience et souhaitent plus d’activités pour les jeunes de la localité.
À Beau Vallon, le groupe Lavwa Zanfan Site participe aux villageoises pour la première fois. Ses responsables disent vouloir pousser leur engagement plus loin avec cette participation. « Nous sommes toujours sur le terrain, mais si nous sommes conseillers, cela nous permettra d’avoir les moyens nécessaires pour faire notre travail. » Le Mouvement Social de Beau Vallon place aussi la barre haut. Lorenz Armoogum, qui apporte son soutien à cette équipe, a tout juste 18 ans.

Wakashio dans tous les esprits
« Notre équipe a pour vision d’améliorer la vie des gens à Beau Vallon. Déjà que nous avons eu beaucoup de problèmes avec le Wakashio. Notre objectif est de permettre le développement et d’organiser des activités afin d’apporter un peu de lumière dans la vie des gens. » Roshnee Caunhye fait aussi partie de l’équipe, elle souhaite voir plus d’opportunité pour les femmes de son village.

À Mahébourg, deux équipes seulement et quelques indépendants s’étaient enregistrés avant midi. Cependant, il y avait de l’animation dans la cour de l’école Willoughby. Car les différents partis arrivaient les uns après les autres. La camaraderie entre candidats des différentes équipes est frappante. L’incontournable Georges Ah Yan est une nouvelle fois candidat avec son groupe, la Mahebourg Citizen Welfare Organisation. Il affirme que sa participation est une continuation de ce qu’il fait déjà. « Tout le monde sait que je suis actif au niveau du village, j’ai déjà plusieurs réalisations. Mais quand on est conseiller, c’est plus facile de faire bouger les choses. » Lilette St-Martin, Marie-Lise Bauluck et Patricia Lebon font partie de l’équipe de Georges Ah Yan.

Le Parti Solidaire est dirigé par Parvez Purbhoo. Ancien conseiller de Mahébourg et du district de Grand-Port, il s’engage à nouveau, car il est d’avis qu’il y a encore beaucoup à faire. Cette fois-ci, il a embarqué son épouse Shanjana dans l’aventure. « Avec notre organisation, La Voix Mahébourg, nous avons déjà fait beaucoup. Cette fois-ci il faut passer à un autre niveau pour faire débloquer les choses. »

Le Mouvement Embellissement Sud-Est est aussi dans la course, avec une militante de longue date. Rajamanee Nellacoutee souhaite utiliser son expérience pour faire avancer les choses dans son village. « Nous avons donné la chance à des jeunes et avec notre expérience, nous allons faire bouger les choses. Mahébourg a été tellement délaissé. » Thierry Virassamy et Nicholas Couronne font partie de la même équipe. Ils souhaitent représenter la voix de la jeunesse et prônent le développement des infrastructures et plus d’activités dans le village. Dolorès Cateau est directrice d’une école maternelle. Elle encadre les enfants de familles démunies pour les aider dans leurs études. Participer aux élections est une autre manière de s’engager.

À Union Park, le Mouvement Civique d’Union Park est dans la course. Bindya Mahadew est candidate pour la première fois. En tant qu’entrepreneure, elle veut aider les femmes à se lancer. Sam Gérard s’est lui aussi engagé dans les élections à Union Park et se dit prêt à travailler pour plus de développement.

Ishita Beeharry — Candidate à Mahébourg : “Pour l’empowerment des jeunes”
Ishita Beeharry fait partie des jeunes qui ont choisi de quitter leur confort pour s’engager pour leur village. Raison pour laquelle elle s’est portée candidate avec le Groupement Mahébourg-Villenoire. C’est la première fois qu’elle participe aux élections villageoises et elle a voulu saisir l’opportunité qui s’est présentée à elle. « Je suis déjà engagée dans le social et être conseiller de son village c’est aussi une façon de servir. » À 27 ans, elle est parmi les plus jeunes candidats de son parti. Elle estime que ces élections représentent un défi à relever pour elle. « J’encourage les jeunes filles à venir de l’avant, à proposer leurs idées à s’engager. On parle aujourd’hui d’empowerment des jeunes. Participer à ces élections c’est justement une manière de le faire. » Diplômée en biologie et également détentrice d’un MBA, Ishita Beeharry dit pouvoir utiliser ses connaissances pour aider son village. « J’aimerais voir plus de formations pour les dames et les jeunes filles dans nos centres. Même celles qui sont encore au collège ou à l’université devraient avoir l’opportunité de suivre des formations qui pourraient les aider dans leur vie ou leur carrière. Je pense notamment aux cours d’entrepreneuriat. Je souhaite également voir plus de jeunes filles s’engager à différents niveaux. »

—————————————

Roomita Jankee-Rughoo — Candidate à Union Park : “Plus d’opportunités pour  les femmes dans la localité”
Employée comme Pharmacy Dispenser dans une clinique privée, Roomita Jankee-Rughoo s’engage pour la première fois dans les élections villageoises. Cette mère d’un petit garçon souhaite apporter sa collaboration pour améliorer le quotidien dans son village. « Je souhaite voir plus d’opportunités pour les femmes dans la localité. Qu’on organise des activités comme le yoga et aussi des formations pour les aider à se lancer comme entrepreneurs. Il y a beaucoup de femmes qui sont à la maison, il faut aussi penser à elles. » À 30 ans, Roomita Jankee-Rughoo se dit disposée à aider les autres, d’où son engagement dans ces villageoises. Elle souhaite voir plus de développement à Union Park. Elle encourage les femmes à s’engager également dans la vie active, car elles ont aussi leur mot à dire. Avec ses deux colistières, Reeya Bissessur et Bindya Mahadew, elle souhaite être la voix des femmes du village. Ces dernières se disent aussi déterminées à servir Union Park et à être attentives à ceux dans le besoin. Aménagement de jardins d’enfants, distribution de matériels scolaires à ceux dans le besoin, développement des jeunes et enseignement des valeurs humaines font partie de leurs principales préoccupations. Elles ont fait du bien-être des villageois leur priorité et souhaitent qu’il y ait plus de loisirs pour les jeunes, afin de les éloigner des fléaux.