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Hausse des prix – Le PTr : « Lavi morisien vinn pli amer »

La flambée des prix des commodités de base et la hausse du coût de la vie ont été un des points forts de la conférence de presse du Parti Travailliste présidé par Arvin Boolell à Quatre-Bornes, vendredi. Michael Sik Yuen, principal porte-parole pour les questions touchant au commerce et à la consommation, n’y a pas été de mainmorte pour affirmer que « lavi morisien pe vinn pli amer ». Au chapitre de la démission de l’ancien CEO de Mauritius Telecom et des allégations faites par Sherry Singh à l’encontre du Premier ministre, Arvin Boolell est d’avis que Pravind Jugnauth a le devoir de donner des explications sur ce qui s’est passé.

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« En dehors de l’événement tir mask en vigueur depuis le 1er juillet, l’actualité dans le pays est dominée par les subventions sur les produits de base qui ont également été enlevées. Le ministère a introduit un maximum mark-up de 20 à 25% sur une douzaine de produits. Cela comprend la marge de l’importateur mais également celle des détaillants. À partir d’aujourd’hui, la vie des Mauriciens devient plus amère parce que l’abolition des subventions entraînera automatiquement une hausse des prix », a dit Michael Sik Yuen.
Il considère que les autorités se sont placées devant une situation difficile à gérer, parce que ceux qui importent les produits de base concernés avaient commencé à réduire leurs importations ou les ont carrément suspendues. Pour lui, la priorité aurait dû être accordée aux personnes se trouvant au bas de l’échelle qui subissent de plein fouet la hausse des prix. « Beaucoup de mes mandants téléphonent pour me dire qu’ils n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Or, les prix des produits de base ont augmenté pour plusieurs raisons », indique-t-il. Il cite notamment la dépréciation de la roupie par la Banque de Maurice depuis 2014, la roupie coûtant 41% plus cher par rapport au dollar aujourd’hui. Il y a également l’augmentation du fret, sans compter la hausse du prix de l’essence due à la taxe ajoutée par le gouvernement. Ce qui a un effet domino sur les frais des compagnies de commerce, rappelle Michaël Sik Yuen. Selon lui, le plus dur est à venir parce que les produits importés ont augmenté entre 30% et 50% de l’extérieur. À cet effet, il constate que le gouvernement est en pilotage automatique et n’a aucun planning.

Michael Sik Yuen estime qu’une des solutions réside dans l’octroi des incitations aux entreprises locales afin de produire davantage localement. « Nous devons non seulement produire des produits mauriciens, mais également consommer les produits locaux. Pour cela, il faut baisser les prix de l’essence et réduire le poids fiscal des entreprises », avance-t-il, en encourageant dans le sillage la population, pour pouvoir survivre face à la montée des prix en attendant une action du gouvernement, à revoir sa façon de vivre. Cependant, si rien n’est fait, nous nous acheminons vers une situation similaire au Sri Lanka et au Liban, dit-il.

Pour le chef de file des parlementaires du PTr, Arvin Boolell, le pays est actuellement sur la braise, « avec les grosses ingérences dans les institutions du pays, le coût excessif de la vie, la fraude et la corruption », dit-il. Dans ce contexte, il faut faire « attention à un tsunami social », prévient-il.

Eshan Juman est également intervenu à la conférence de presse du PTr pour récuser les accusations faites par la ministre de l’Éducation contre lui et le député Gungaparsad. « La ministre nous accuse de faire de la politique, alors que nous avons exposé la situation au MES et révélé les fuites des papiers d’examen au Parlement, tandis qu’elle a choisi de nous répondre au Sun Trust », note-t-il. Le député de la circonscription N°3, qui estime qu’il y a eu de grosses lacunes, réclame la démission de la directrice du MES.

Osman Mohamed s’est pour sa part longuement appesanti sur un cas d’amateurisme des autorités et de négligence concernant une personne dont la maison contenait des plaques d’asbestos (amiante). Alors que ces plaques ont été enlevées depuis plusieurs mois, la personne en question vit dans une situation précaire inacceptable, a-t-il fait ressortir.
Démission du CEO de MT

Boolell : « Les révélations de Sherry Singh « far, but not far enough »
Le chef de file du PTr a axé son intervention sur la démission de Sherry Singh de ses fonctions de CEO de Mauritius Telecom. Il observe que si ce dernier est fidèle à ses principes, il doit avoir le courage de dénoncer les trafics d’influence et expliquer pourquoi les profits de MT ont plombé à une vitesse vertigineuse. Il doit aussi, dit Arvin Boolell, donner les raisons pour lesquelles des contrats juteux ont été donnés à un proche de Pravind Jugnauth dans la circonscription N°8. « Est-ce que Sherry Singh est un bouc émissaire ou est-il complice d’une mauvaise répartition des biens acquis. Eski politik kasfann pa finn fer kouma bisin ? » se demande-t-il. Il estime que Sherry Singh a l’obligation de dire la vérité, alors que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a le devoir de donner des explications devant le peuple sur ce qui s’est passé. Par ailleurs, après avoir écouté l’entretien diffusé sur Radio Plus vendredi, Arvin Boolell dit constater que Sherry Singh s’est engagé dans une attaque frontale contre Pravind Jugnauth en affirmant que ce dernier est en perte de vitesse. Si l’ancien CEO de MT a révélé que le Premier ministre lui a demandé qu’une partie tierce puisse avoir accès à l’internet, pour Arvin Boolell, Sherry Singh a été « far, but not far enough » dans ses révélations.

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