« Etant donné les questions sur le plan international et la portée géopolitique de l’île Maurice dans l’océan Indien, je pense qu’il est l’heure pour le Premier ministre de révéler les documents, s’il y en a, sur tout ce qui se dit ».

C’est ce qu’a répondu Nando Bodha, questionné par lemauricien.com ce vendredi – en tant qu’ancien ministre des Affaires étrangères et ancien proche d’Anerood Jugnauth -, sur l’accord entre les gouvernements mauricien et indien concernant les développements en cours à Agaléga.

L’ancien secrétaire-général du MSM et actuel leader du Rassemblement Mauricien a affirmé n’avoir « jamais vu aucun document concernant un bail ou un accord » relatifs à l’archipel situé à quelque 1 100 km au nord de Maurice.

« Le seul lien entre l’Inde et Maurice » concernant Agaléga « est le financement de deux projets d’infrastructure », a-t-il indiqué.

Plaidant pour plus de « transparence », il a soutenu que « la souveraineté » de l’archipel « n’a jamais été remise en question ». Et d’ajouter : « Je pense également que l’Inde aussi pourrait venir confirmer ce que dit le Premier ministre. Koumsa tou dimounn pou rasire ».

« Manque de leadership ».

Auparavant, le leader du Rassemblement Mauricien a fait un « constat accablant » de la situation dans le pays, s’appesantissant sur la gestion de la pandémie, la problématique des drogues, le système éducatif, l’économie et la démocratie parlementaire.

A ce sujet, il a déclaré que « lavwa lepep toufe, lopozision pena rol, ek Premie Minis krwar ki parlman pou li ». Avec pour effet que le parlement mauricien, dit-il, « est devenu une caricature dans le monde ».

Au chapitre de la Covid-19, avec une hausse inquiétante de cas positifs et de décès, Nando Bodha a observé que « le pays est devenu une zone rouge ». Il a relevé que « 3 000 cas positifs » ont été enregistrés « en une semaine », soulignant que « six décès ont été attribués à la Covid » depuis « le samedi 21 août ».

« A quand le Peak? », a-t-il questionner, soulignant que le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) a classifié Maurice parmi les pays ayant un « High Level of COVID-19 » (Level 3). Qui requiert aux voyageurs d’être « fully vaccinated » avant de gagner l’île, et d’y éviter les « non-essential travel ».

A l’approche de la date de l’ouverture des frontières, en octobre, Nando Bodha devait relever que « lor enn Peak nou pou ouver, lor Covid safe nou ferme ».

Pour toutes ces raisons, observe-t-il, le système est « dépassé », ce qui est « extrêmement inquiétant ». D’où ses critiques concernant « le manque de Leadership » et de « vision ».

« Pa pe konpran what’s going on! »

L’ancien recteur Preetam Rambaruth a, lui, parlé des incongruités relevées dans le système éducatif en temps de pandémie. Pointant du doigt le gouvernement, plus particulièrement le ministère de l’Education, pour « des décisions prises au petit bonheur », il a constaté que les autorités sont « en déphasage complet » avec la réalité à laquelle sont confrontés les élèves et leurs parents.

« Pa pe konpran what’s going on! », s’est-il offusqué. « La ministre n’est pas à l’écoute ».

Il a fait état de la « déscolarisation » de certains élèves qui ne parviennent pas à suivre le « staggered timetable ». Ou encore « l’online teaching », qui pourrait avoir créé une « digital division » auprès des « enfants défavorisés ».

Il a dit ne pas comprendre comment, en revoyant exceptionnellement le critère de 5 Credits nécessaires pour réussir le School Certificate, on assisterait à un nivellement vers le bas. Comme l’a soutenu le Premier ministre en déclarant, dans la semaine, qu’il faudrait « garder un certain standard ».

Or, selon Preetam Rambaruth, « ti ka’av konsider tousa on a case to case basis ».

Il est revenu à Roshaan Kulpoo de faire état de l’importance de la mission de la FAFT (Financial Action Task Force), dépêchée prochainement dans l’île pour constater les efforts entrepris par le gouvernement et les différentes institutions régulatrices, en vue de mieux contrôler le secteur financier mauricien.

« En octobre 2021, les yeux seront braqués sur nous », a-t-il relevé.

Décrivant « un environnement extrêmement dynamique » sur le plan mondial, Roshaan Kulpoo s’est appesanti sur la réussite du modèle rwandais qui, dit-il, s’insère peu à peu sur l’échiquier mondial du secteur financier. Cela en prenant des décisions qui emmènent « la confiance » auprès de leurs « partenaires ».

« La FSC, la BoM et le gouvernement doivent redéfinir leur stratégie », a-t-il plaidé.