Navin Ramgoolam : « Sote, pile… se sa lalians-la ki pou amenn laviktwar ! »

C’est sans Xavier-Luc Duval, leader de l’opposition et du PMSD respectivement, qui se trouve à l’étranger actuellement, que Navin Ramgoolam (PTr) et Paul Bérenger (MMM), de l’alliance de l’opposition parlementaire, se sont adressés à leurs sympathisants au meeting de Flacq, vendredi. Les deux orateurs ont mis l’accent sur les scandales qui font toujours polémiques dans le pays.

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« Le MSM peut continuer avec sa money politics, ses sabotages et répressions. Je le dis haut et fort, Pravind Jugnauth et ses chatwas peuvent bien faire ce qu’ils veulent, ils peuvent mettre les bâtons dans les roues… plis zot fer, plis dimounn vinn ver nou », a d’emblée dit le leader du PTr, Navin Ramgoolam, devant la foule à Flacq. Pour l’ancien Premier ministre, il ne fait aucun doute, l’alliance PTr-MMM-PMSD va vers la victoire aux prochaines élections générales. Pour le challenger du Premier ministre, Pravind Jugnauth, celui-ci « kapav fann kas, met fos sarz ki li mete lor dimounn, sote pile, zordi rezilta elksion kler, se sa lalians-la ki pou amenn laviktwar ! »

Navin Ramgoolam a défié Pravind Jugnauth de tenir les élections au plus vite. Ayant échappé à la mort, à cause du Covid-19, a-t-il dit, Navin Ramgoolam a expliqué qu’il est de retour pour accomplir une mission aux côtés de ses alliés du MMM et du PMSD : « Libérer le pays de la mafia et des voyous qui le détruisent et le gouvernent. » Ce dernier, qui a défendu l’unité et la diversité mauricienne, a illustré ses propos en évoquant le parcours de son père, sir Seewoosagur Ramgoolam. Celui-ci, a expliqué le leader des rouges, a croisé le chemin de personnes de différentes communautés qui lui ont tendu la main et contribué à son ascension.

« Gobin konn tro boukou sekre… »
« Depi 2014, lindistri kokin, lindistri nepotism prospere dan sa pei-la. Zot met zot dimounn partou… », a déploré le leader du PTr, avant de renvoyer l’assistance à une vidéo sur une « réunion de travail » au bureau de Metro Express qui circule en ligne actuellement. « Zot ranz sime ou pou krwar bel devlopman, ler gete pou komision. Zot ranz lakaz komision », a poursuivi Navin Ramgoolam, tout en critiquant le stade de Côte d’Or, « enn lelefan blan sis miliar roupi. » Navin Ramgoolam avait la ligne ferroviaire également dans le viseur : « Zot ranz tramway, enn miliar par kilomet ! » L’alliance PTr-MMM-PMSD n’est pas en quête de vengeance, a expliqué ce dernier. Mais pour chaque abus, des réponses sont attendues.
L’ex-Premier ministre a évoqué la polémique autour de l’attribution du projet de ferme solaire à Corex Solar par le CEB. « Ou’nn deza trouv fer tender apre sanz kondision ? » s’est demandé Navin Ramgoolam. Il a poursuivi sur le chapitre des maldonnes en parlant de l’acquisition de 340 000 décodeurs par Mauritius Telecom à un prix nettement inférieur à la revente aux abonnés : « Zot inn konin 1.2 miliar roupi. » La Banque de Maurice, la State Trading Coorporation, la Financial Services Commission ont été, selon lui, « dilapidées. »

« Des comptes à rendre »
Et si la fourniture en eau 24/7, a-t-il expliqué, est une vaine promesse, en revanche, la drogue est disponible « plenty plenty » dans le pays. Navin Ramgoolam s’est dit ne pas être surpris que Franklin est toujours incarcéré à Maurice et non extradé à La Réunion. Et commentant la Stag Party, il est d’avis que l’Attorney General demeure intouchable, « parski Gobin konn tro boukou sekre Pravind Jugnauth. » À la place de l’Attorney General, c’est l’ex-PPS Daliah « qui a été sacrifié », selon lui. Il a déploré le nombre de morts sur les routes impliquant des motocyclistes, le retrait du permis à points et les conditions de travail des pompiers, sous-équipés.

Paul Bérenger a lui dit : « Dapre nou lalwa, dapre Konstitision, lane prosenn Parlman mor ! Zot pena trwakar pou sanz-sa. Si zot ti ena trwakar zot ti pou ranvway eleksion zeneral kouma zot inn fer pou minisipal. » Mais pour le leader du MMM, le gouvernement n’attendra pas 2024 pour annoncer la tenue des prochaines législatives. Il est d’avis que celles-ci auront lieu à la fin de cette année. « Le plus tôt sera le mieux », a-t-il lancé. Depuis la prise du pouvoir en 2014, le gouvernement sous Pravind Jugnauth, selon lui, « pe fini sa pei-la net. » Paul Bérenger a évoqué le viol de la démocratie, le trafic de drogue, la corruption… Remporter les élections c’est une chose, a laissé entendre Paul Bérenger. Mais le plus important, « c’est le travail à faire, redresser et nettoyer totalement un pays. »
Paul Bérenger a rappelé que sans le départ du PMSD du gouvernement, celui-ci aurait déjà « fini le DPP ». « Ils auraient obtenu les trois quarts et ils en auraient fini avec le DPP », a dit ce dernier, convaincu « qu’ils auraient manipulé la commission électorale pour fausser les élections. » Paul Bérenger a demandé à l’assistance de ne pas prêter attention à Roshi Bhadain, leader du Reform Party. « Il était au gouvernement. Dan sa ler-la li ti pe donn koudme pou touy DPP. Zordi Bhadain vinn kouyonn ou, koz gran-gran koze ? »

Paul Bérenger, qui est revenu sur le remaniement ministériel, a critiqué le comportement et les propos du nouveau PPS Kenny Dhunnoo, qui aurait employé un langage dégradant envers ses propres collègues du MSM en les traitant de « nwar fam ». « Ce sont des propos inacceptables en 2023. Il faut condamner le MSM. Pli ou fane pli ou gagn promosion », a relevé Paul Bérenger. Et de déplorer l’enchaînement des scandales. Du CEB, « pe trike pe donn tou sort kalite kontrat », à Air Mauritius, en passant par le projet Safe City, dont les caméras périmées achetées par la police ont coûté « des milliards », les scandales sont légion, a-t-il affirmé. « Skandal pe fer piti ! »

Et de souligner : « Le bureau du Premier ministre est mêlé à cette affaire. » Le leader du MMM n’a pas manqué de lancer une pique en direction de Maneesh Gobin, ex-ministre de l’Agriculture « spesialis dan stag party », et de mettre en garde le ministre de l’Énergie et des Services publics, Joe Lesjongard : « Il aura des comptes à rendre. » Le leader des mauves a dit craindre des coupures d’électricité programmés. « Si on continue sur cette lancée, dans quelques mois, Maurice se retrouvera dans la même situation qu’en Afrique du Sud avec le rolling black out. » L’achat de carburant, dont le non-renouvellement du contrat avec Mangalore, est un autre dossier où le gouvernement aura des comptes à rendre, a prévenu Paul Bérenger.

En l’absence de leur leader, Xavier-Luc Duval, Véronique Leu-Govind et le député Richard Duval ont pris la parole lors de ce premier meeting de l’alliance PTr-MMM-PMSD au N°9.

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