« Quelle est la politique du gouvernement? Spend, spend and spend. Spend tax payer’s money until there is no fiscal policy ».

Le ton du leader de l’opposition s’est voulu sévère à l’ouverture des débats sur le Budget 2020/2021, ce lundi 8 juin.

En cause, la politique fiscale du gouvernement dévoilée lors du Budget 2020/2021. D’autant que, pour financer les millards de dépenses annoncées, le gouvernement puisera des réserves de la Banque centrale (BoM). Et ce, à un moment ou le monde se prépare aux répercussions du Covid-19 sur les économies.

« Aujourd’hui, nous pouvons nous permettre d’emprunter de l’argent de la BoM. Demain, que ferons-nous quand la roue tournera? Qui solliciterons-nous? Ferons-nous comme Oliver Twist, cherchant partout frénétiquement, demandant plus, plus et encore plus? », a questionné Arvin Boolell.

« Or are we going to trade our sovereignty for a few dollars more? », a-t-il poursuivi. « C’est là ou nous en sommes! Aujourd’hui, notre souveraineté est en péril, largement à cause de ce gouvernement ».

« Jeopardizing future ».

Arvin Boolell a longuement critiqué le transfert de Rs 60 milliards de la BoM vers les caisses du gouvernement. Et les Rs 80 milliards injectées par la Banque centrale au sein de la Mauritius Investment Corporation, entité créée pour soutenir les entreprises affectées par le Covid-19, selon le gouvernement.

Il s’est demandé notamment comment la BoM allait éponger l’argent décaissé de ses réserves. « I suspect no alternative than printing money », a-t-il ajouté plus loin, mettant en garde contre la hausse de la dépréciation et de l’inflation.

« Government is jeopardizing our future in very short term », s’est-il insurgé.

Après avoir critiqué les « dépenses inutiles » du gouvernement – qualifié de « big spender » – le leader de l’opposition a relevé le secret qui entoure les décisions gouvernementales prises. « This is a government which reads poetry but governs in opacity », a observé Arvin Boolell.

L’argent du peuple.

Il a également décrié la décision unilatérale d’abolir le National Pension Fund pour créer, dans la foulée, la Contribution Sociale Généralisée en vue gérer les fonds relatifs aux pensions. « Is it the beginning of the end of non contributary universal pension? »

« There is a call for discussion at bench of public opinion », a enjoué le leader de l’opposition. Car, « this money belongs to the coffers of the people ».

« There is a call for accountability and transparency. And this money has to be accounted for », a-t-il ajouté.

« Lapdogs ».

Concernant l’inclusion de Mauricie à la liste noire de l’Union européenne, il a plaidé pour que l’île ait les « guts » de défendre son cas auprès de l’organisme. Se basant notamment sur le cas de l’Arabie Saoudite.

« Comment se fait-il que l’Arabie Saoudite a été retirée de cette liste noire? Nous devons avoir le courage de leurs dires qu’il ne peut y avoir de traitement différentiel envers les pays qui ont violé les droits humains », a-t-il déclaré.

« Ce n’est pas parce que l’Arabie Saoudite peut acheter des armes de pays européens que l’Arabie Saoudite doit être exemptée. Nous devons le dire haut et fort. Mais en même temps, nous devons prendre des mesures correctionnelles pour faire face à cette situation. We cannot be lapdogs to these countries », a-t-il lancé.

Par ailleurs, les frontliners oubliés dans le Budget, les employés d’Air Mauritius sous la menace de licenciements et les squatteurs dont le logement a été détruit durant le confinement… Arvin Boolell a pointé du doigt la politique gouvernementale pratiquée à leur encontre.

« What is the point of being human beings if we are not human? », a-t-il questionné.