« This is conspiracy to defraud, that’s what it is all about », a déclaré le leader de l’opposition, Arvin Boolell, en pointant un doigt accusateur envers la majorité menée par le Premier ministre Pravind Jugnauth, à qui était adressé l’interpellation lors de la Private Notice Question (PNQ) sur la polémique entourant l’achat de médicaments et d’équipements de protection durant la pandémie de Covid-19..

« The Prime Minister will go down in history as the best Prime Minister with the best cover-up », a lancé Arvin Boolell.

« S’il n’a rien à cacher, qu’il dépose (à l’Assemblée nationale) toutes les procédures pour l’approvisionnement d’urgence », devait-il enjouer.

« Je n’ai rien à cacher contrairement à l’opposition », a rétorqué en substance le Premier ministre, qui devait soutenir qu’avec l’enquête de la commission anticorruption (ICAC), « toutes les informations sont disponibles ».

« La nation prend note que le Premier ministre a refusé de déposer toutes les procédures » d’Emergency Procurement, a relevé le leader de l’opposition, qui a demandé au chef du gouvernement de révéler les « records » menant à la décision d’utiliser l’Emergency Procurement.

« L’ICAC a déjà saisi tous les documents et une enquête a été initiée », a répondu le Premier ministre. Il devait, par la suite, soutenir que « tout a été fait selon les dispositions de la loi ».

« Thank » Pack & Blisters.

L’acquisition de médicaments et d’équipements de protection sous l’Emergency Procurement fait grand bruit du fait de la « proximité » de certains fournisseurs avec des membres de la majorité.

Le leader de l’opposition a, dans sa PNQ, demandé au Premier ministre s’il comptait instituée une enquête sur ce dossier. Mais Pravind Jugnauth – après une réponse allongée de quelque 15 minutes jugée hors-sujet par l’opposition – a déclaré qu’il n’en n’avait pas l’intention.

S’agissant de la compagnie espagnole Pack & Blisters, qui s’est vu octroyer des contrats de plusieurs millions, Arvin Boolell s’est demandé comment celle-ci a pu être informée que le gouvernement avait choisi de retenir l’Emergency Procurement.

« Nous devons remercier cette compagnie d’avoir répondu et de nous avoir fourni à temps », a déclaré le Premier ministre, en se demandant ce qu’aurait dit l’opposition si les équipements médicaux n’étaient pas disponibles.

Pravind Jugnauth devait alors citer le leader de l’opposition qui, au début de la pandémie, s’était demandé si le gouvernement mauricien était prêt.

« This is what I call cheap politics », a poursuivi le chef du gouvernement.

« Truth hurts ».

Le Premier ministre refusant une nouvelle fois de répondre directement à sa question, Arvin Boolell devait affirmer qu’avec cette affaire, le Premier ministre « has given licence in conspiracy to defraud ».

Le Speaker est alors intervenu pour demander au leader de l’opposition de retirer ses mots pour « imputing motive ». Ce qu’a fait le leader de l’opposition. « I withdraw because the truth hurts ».

Suite à une nouvelle question sur Pack & Blisters, le Premier ministre devait prendre exemple sur les difficultés rencontrées par d’autres pays dans l’acquisition d’équipements médicaux durant la pandémie. Avant de défier le leader de l’opposition : « S’il n’est pas un poltron, qu’il répète ce qu’il a dit à l’extérieur », a lancé Pravind Jugnauth.

« Of course I can, shut your mouth! », a rétorqué Arvin Boolell.

A une autre interpellation sur la fiabilité des fournisseurs, le Premier ministre devait s’en prendre à deux compagnies pour, dit-il, leur « proximité » avec l’opposition. « Il n’ya pas eu de kopinaz ou de triaz », a déclaré le chef du gouvernement.

Le leader de l’opposition devait lui lancer un challenge : mettre sur pied une commission d’enquête pour savoir s’il n’y a pas eu « kopinaz » ou « conspiracy to defraud ».

« I dare him to do so », a défié Arvin Boolell.

« Dans sa question il parle d’initier une enquête, maintenant une demande une commission d’enquête », a ironisé le Premier ministre.