« Pou mwa, li inakseptab ki Navin Ramgoolam, antan ki Premie minis, pa finn al Nations Unies pou fer enn diskour »
L’exclusion de Maurice des discussions entre la Grande-Bretagne et les États-Unis sur le dossier Chagos a été vivement dénoncée par le Fron Militan Progresis, FMP lors de sa conférence de presse tenue ce samedi. Le leader de la FMP, Paul Bérenger estime qu’une question touchant directement à la souveraineté mauricienne ne peut être discutée entre Londres et Washington sans la participation de Maurice. Il a également critiqué la gestion du dossier par le gouvernement depuis les dernières élections et une attitude qu’il juge trop conciliante envers la Grande-Bretagne.
Pour le FMP, Maurice aurait dû participer à toute discussion entre les Britanniques et les Américains concernant les Chagos. Le parti rappelle que l’archipel fait partie du territoire revendiqué par Maurice et considère comme « inacceptable » que des échanges puissent avoir lieu entre les deux puissances sans Port-Louis.
« Nous sommes un pays indépendant. Chagos est une partie de notre territoire », a soutenu Paul Berenger . Selon lui, cette situation donne encore l’image d’un pays traité comme une ancienne colonie. Il reproche au gouvernement de ne pas avoir suffisamment élevé la voix sur cette question.
« La parole et l’honneur de la Grande-Bretagne sont en jeu dans cette affaire », a déclaré Paul Berenger. Le FMP est également revenu sur l’accord signé entre Maurice et le Royaume-Uni en 2025. Il a également pointé du doigt l’opposition du président américain Donald Trump à la mise en œuvre de l’accord. Selon lui, cette position doit être replacée dans le contexte de l’accord conclu en 1966 entre le Royaume-Uni et les États-Unis concernant Diego Garcia. Il a notamment cité une disposition du texte stipulant que « The territory shall remain under UK sovereignty ».
Paul Bérenger a également pris l’exemple du Groenland pour appuyer son argumentation sur le dossier Chagos. Il a rappelé que ce territoire bénéficie d’un statut autonome au sein du Royaume du Danemark et que Donald Trump manifeste depuis plusieurs années son intérêt pour un contrôle américain du Groenland.« Ce qui s’est passé au Groenland peut être un outil pour nous afin de débloquer la situation et retrouver notre souveraineté sur les Chagos », a-t-il soutenu
Paul Bérenger a également relevé ce qu’il considère comme une contradiction entre l’accord anglo-américain de 1966 sur les Chagos et celui conclu entre Maurice et le Royaume-Uni en 2025. Il a fait valoir que l’accord de 1966 a été amendé à plusieurs reprises et qu’il court jusqu’en 2036.
« Les États-Unis disposent toujours d’une présence militaire au Groenland, alors que Donald Trump a exprimé sa volonté d’obtenir un contrôle américain sur ce territoire. Une position rejetée par le Danemark et les autorités groenlandaises, qui défendent leur souveraineté.»
Pour Paul Bérenger, c’est précisément sur ce terrain que le parallèle avec les Chagos prend tout son sens. Il estime que l’opposition américaine à l’accord conclu entre Maurice et la Grande-Bretagne se heurte, elle aussi, à la question de la souveraineté mauricienne sur l’archipel.
« C’est le même problème. C’est un problème de souveraineté », souligne le leader de la Fron Militan Progresis Selon lui, Maurice doit défendre le principe selon lequel sa souveraineté sur les Chagos ne peut être écartée en raison des considérations stratégiques entourant Diego Garcia.
« li inakseptab ki Navin Ramgoolam, antan ki Premie minis, pa finn al fer so diskour devan Lasanble Zeneral bann Nations Unies, sirtou dan enn moman kot dosie Chagos ek kestyon souverennte Moris pe trouv zot dan enn sitiasion delika» a-t-il déclaré.La démarche de Navin Ramgoolam à Londres, estimant qu’un Premier ministre ne devrait pas avoir à solliciter une rencontre avec un conseiller alors que le dossier Chagos se joue au plus haut niveau politique.
Il s’est notamment interrogé sur le fait que Navin Ramgoolam ait cherché à rencontrer Jonathan Powell, conseiller britannique à la sécurité nationale, plutôt que le Premier ministre britannique lui-même. Pour Paul Bérenger, cette situation pose une question de respect institutionnel envers le chef du gouvernement mauricien.« Un Premier ministre, un chef de pays, li al Londres pou demande pou rencontre enn advisor ;li bizin demande pou rencontre Premier ministre li-même », a-t-il déclaré.
Tout en critiquant la démarche de Navin Ramgoolam, Paul Bérenger a précisé ne rien avoir de personnel contre Jonathan Powell, qu’il a décrit comme « enn boug mari solide ». Sa critique, a-t-il insisté, porte avant tout sur le niveau auquel Maurice devrait être représenté et traité dans les discussions avec Londres.

