Cottage, c’est ce petit village du nord qui abrite environ 3500 âmes. Entre ses belles maisons, ses aménités sportives, culturelles et autres facilités, autant dire qu’il s’est grandement développé au cours des années. Bien que ses contours semblent respirer le calme, aux dires de ses habitants les fléaux sociaux bousculent son harmonie.

Nous accédons Cottage en passant par Labourdonnais. À la mi-journée, le « Village de la Gratitude » respire la quiétude. Hormis le va-et-vient aux abords des commerces, la route principale semble très peu animée à cette heure de la journée. À l’entrée du village, l’ancienne sucrerie de Forbach, qui a fermé ses portes dans les années 70, est visible. De même que les camps en pierre où habitaient les coolies. Ces ruines contribuent au cachet du village, aussi bien que le samadhi d’Anjalay Coopen à la sortie de Cottage juste avant l’Espérance Trébuchet. En effet, c’est ici que fut incinérée Anjalay Coopen, laboureuse, femme militante et symbole de la lutte contre les oppressions pour la défense et les droits des travailleurs. Elle fut tuée lors d’une fusillade à Belle-Vue Harel, en septembre 1943. Sur la plaque commémorative de cette stèle taillée dans un bloc de pierre, inaugurée en 2003, est aussi inscrit le nom des trois autres martyrs de la fusillade de Belle-Vue Harel.

Le samadhi d’Anjalay Coopen.

Un développement rapide

Entre pharmacie, dispensaire, boutique, boulangerie, quincaillerie, centre communautaire et autres petits commerces qu’abrite l’endroit, ce coin du nord a connu un développement rapide à plusieurs niveaux au cours des années. Nous tombons sur Sunil Mungar, vice-président du village Council. Ce marchand de légumes tient une étale juste en face du centre communautaire. En sus d’énumérer toutes les facilités de Cottage il parle également de la construction d’une salle de Futsal. Un développement dont sont fiers ses habitants. “C’est tout de même un des plus grands Futsal à Maurice. Il n’est pas encore inauguré.

Sunil Mungar, vice-président du village Council.

C’est une véritable aubaine pour les jeunes en termes de loisirs et sports”, souligne le vice-président du Village Council. En prenant le School Lane en direction de l’école primaire, nous arrivons à hauteur du Futsal que nous pouvons apercevoir à travers le grillage. Non loin de là, assis à l’ombre d’un grand arbre, Ram Ramchurn, plus connu sous le nom de Ram 007, et son ami Ashock Toofany bavardent. Les deux retraités qui vivent depuis toujours à Cottage évoquent une région “où il fait bon vivre”.

Les ruines de l’ancienne sucrerie de Forbach les camps où habitaient les coolies.

Les fléaux gagnent du terrain

Cependant, les avis des uns et des autres divergent sur la tranquillité du village. Selon Davina que nous rencontrons en route, les après-midis sont bien différents à Cottage. “Les regroupements aux abords des boutiques témoignent du problème d’alcoolisme chez nous. De plus, la drogue prend de l’ampleur auprès des jeunes et des moins jeunes. Des trafiquants circulent librement au vu et au su de tous. Même la prostitution gagne du terrain dans certaines parties du village”. Malgré les fléaux qui enveloppent Cottage qui a hérité son nom des jolies petites maisons de campagne qu’on y retrouvaient dans le passé, Davina tient à préciser qu’il “se distingue par son esprit de tolérance. Si nous travaillons tous main dans la main, nous serons sans aucun doute en mesure d’éradiquer ces fléaux”.

Le Futsal flambant neuf de Cottage.