Âgé de 32 ans et l’avant-dernier d’une fratrie de cinq enfants de condition modeste, Fabrice Grégoire est un jeune qui a su se démarquer. Ayant déjà cumulé plusieurs métiers, il est toujours en quête de nouvelles perspectives. Son nouveau poste comme Brand Ambassador à la Rhumerie de Chamarel lui permet de se poser d’autres défis. Pour lui, les stages de mise en épreuves sont nécessaires pour former les jeunes et pallier les manquements dus à la situation sanitaire.
Partir à la rencontre de Fabrice Grégoire est enrichissant. L’homme a su tirer profit de sa carrière dans le tourisme pour dénicher de bonnes opportunités. L’hôtellerie a toujours été le choix privilégié de ce trentenaire, père de deux ravissantes filles, Maëlane, âgée de quatre ans, et Tanaïs, un an. Il est perfectionniste, un tantinet ambitieux, et s’arme de courage pour relever tous les obstacles sur son chemin.
C’est à Cité La Caverne, Vacoas, que le jeune Fabrice voit le jour. Entre un frère et trois sœurs, il essaie de trouver sa voie et se forge sa propre personnalité à travers les études, un tremplin vers la porte de la grande aventure. Le SC en poche au Curepipe College, Fabrice Grégoire décide de poursuivre ses études académiques en s’inscrivant et en obtenant un National Certificate en Restaurant and Bar Service (niveau 3 et 4) et un BTS en Tourism and Hospitality Management à l’École hôtelière Sir Gaëtan Duval.
Fort de son expérience et de sa ténacité, il décide d’aller plus loin dans sa quête et opte pour un BSc en Marketing Management à l’Open University de Maurice. Un secteur que, dit-il, il a choisi pour sa prédominance sur le marché mauricien.
Des emplois, il en a cumulé comme serveur, en 2007, au Beachcomber Paradis, comme chef de rang sur un bateau de croisière connu comme L’Equinox pour la flotte américaine Celebrity Cruises, compagnie maritime américaine qui propose des croisières sur des navires de luxe. Fabrice s’attelait à la préparation et au bon déroulement du service en salle. Du coup, il a pu explorer différents pays à chaque port qu’accostait le bateau. Ainsi, sur une période de deux ans, il a visité Miami, San Juan, le Bélize, la Barbade, Sainte-Lucie, Saint-Thomas, le Panama, le Mexique, Saint-Martin, le Honduras, l’Italie, le Portugal, la France, la Grèce, l’Espagne, la Turquie, l’Égypte et Israël, entre autres.
Des bruits de tir au Soudan
En 2018, voulant une nouvelle fois changer d’orientation, Fabrice Grégoire décide de prendre le poste de Food & Beverage Manager au Soudan, en Afrique. « Cette expérience a été le Sésame », indique-t-il. Les souvenirs défilent dans sa tête, il se remémore encore les bruits de tir à son réveil au Soudan alors qu’il vivant dans un lieu de haute sécurité. Sa détermination ayant été la plus forte, il s’attellera une fois de plus à sa mission avec tous les honneurs avant de remettre le cap sur Maurice où l’attend un poste chez Monin Brand Ambassador et comme Beverage Manager au Gourmet Emporium Ltd.
« Mon travail consistait à mettre en avant les boissons alcoolisées présentes sur le marché avec les différentes gammes de la marque Monin. J’ai organisé des soirées de mixologie durant lesquelles j’utilisais et mélangeais des produits Monin dosés de divers ingrédients avec pour objectif de créer et réaliser des cocktails originaux dans les hôtels en périodes festives. J’ai également organisé des “wine & food pairing dinners”, qui sont des soirées très prisées sur le marché local », confie-t-il.
Son parcours ayant séduit ses employeurs, Fabrice décide de poser ses valises il y a un mois à la Rhumerie de Chamarel. Il s’y familiarisera avec les diverses techniques de distillation de rhums, dont le vieillissement en fût de chêne. « Mon métier consiste à promouvoir et faire découvrir notre fameux rhum agricole, son histoire… Je fais appel à mon pouvoir de suggestion pour captiver l’attention des clients. La confiance et la crédibilité sont déterminantes pour être un ambassadeur de marque exceptionnel pour la Rhumerie de Chamarel. Là encore, c’est la raison pour laquelle de nombreuses entreprises préfèrent les candidats qui, avant de postuler, disposent d’un réseau concret de personnes qui leur font confiance et qui seront réceptives à la promotion de la marque. »
L’impact du Covid-19
Fier de son parcours à la fois académique et professionnel qui lui a permis de se positionner dans le monde du travail, il trouve néanmoins que les attentes dans le tourisme ont été remises en question à cause de la pandémie de Covid-19. « Avant la pandémie, l’hôtellerie était considérée comme un métier de luxe, mais après la vague du Covid, ce secteur a connu une baisse drastique, forçant du coup les jeunes à opter pour une autre filière. J’ai toujours privilégié mon premier job comme hôtelier. Mon métier en 2019 et 2020 comptait beaucoup sur l’affluence des touristes, la vente de produits, les formations adéquates. L’impact de la pandémie a été conséquent, mais je suis content que la reprise s’améliore de jour en jour et que les jeunes fassent marche arrière et pensent à une carrière dans l’hôtellerie », dit-il avec confiance.
Selon Fabrice Grégoire, l’apport de vaccins et le respect des gestes barrières ont permis aux Mauriciens de retrouver la confiance et d’éviter la contamination. Il est d’avis que les grandes et petites firmes ont trouvé les bonnes astuces pour redéployer, voire recadrer les employés tout en les apprenant à vivre avec le Covid-19. « On aspire tous à un retour normal de la situation, surtout que beaucoup de Mauriciens ont perdu leur emploi. Mais l’Etat met tout en œuvre pour subvenir aux besoins de la population. »
Pour lui, le secteur lié au tourisme peut encore convenir à un jeune malgré la période troublée à cause de la propagation du variant Omicron. Le tourisme a repris du poil de la bête, se réjouit-il, et il est certain que l’avenir des futurs hôteliers est prometteur dans les mois à venir.
Quand l’univers conspire…
Le parcours de Fabrice Grégoire peut inspirer d’autres jeunes. Au départ, comme il le raconte, il voulait devenir un grand chef, mais un retard d’inscription a changé le cours de sa destinée et il s’est retrouvé en salle, avant de se voir propulser dans d’autres secteurs. Jovial, il y a toujours fait preuve de son intérêt et de sa détermination à surmonter les obstacles.
Il a fait siens les mots de Paulo Coelho dans L’Alchimiste : « Quand on veut une chose, tout l’univers conspire pour nous permettre de réaliser notre rêve. J’ai lu tous ses livres et parmi eux, L’Alchimiste est celui qui est le plus facile à lire, mais qui contient des citations idéales pour vous donner de la force et vous aider à faire face à la vie. »
Parlant du niveau de l’éducation, à Maurice, Fabrice trouve que les jeunes ont le potentiel et l’envie de réussir. « Je pense que des stages de mise en épreuves en aléatoire dans le système éducatif sont un “must” pour les former. Cela valorisera le système éducatif en place. Avec la pandémie, les apprentissages ont connu des situations drastiques et des stages seront indispensables pour aider les jeunes dont les études ont été affectées par la situation sanitaire », rappelle-t-il.
En dehors de son travail, Fabrice Grégoire fait du jardinage et apprécie de pouvoir cuisiner de bons petits plats avec des légumes cueillis de son potager. Autrement, il fait du VTT et en compagnie de son épouse Charonne, employée à Natec Medical, ils s’occupent tous deux de leurs deux filles. « Charonne et moi n’avons pas une approche patriarcale ou matriarcale, car pour nous, le rôle d’un père et d’une mère ne se limite pas à l’image de l’autorité et du respect, nous allons plus loin dans notre approche parentale. Nous avons choisi d’éduquer nos filles dans le respect mutuel, le partage des tâches ménagères, le suivi partagé du travail scolaire et les activités ludiques. Même si cela implique pour moi de devoir jouer la famille Barbie ou à la dînette. Nous accordons, ma femme et moi, un temps égal à nos filles et aux responsabilités quotidiennes. On sollicite aussi l’aide des grands-parents pour qu’ils inculquent des valeurs à nos enfants », avance-t-il.
Intrépide, audacieux et déterminé, Fabrice Grégoire sait insuffler du dynamisme dans son quotidien et respire la joie de vivre. Il se maintient en forme en s’adonnant à des activités sportives. Cette année, son plus gros défi sera de créer la plus grande compétition de barman sur le plan local avec les différents accords de rhum possibles.

