photo illustration

A partir de mardi, la vente des certains psychotropes tombant sous le schedule III de la Dangerous Drugs Act sera plus strictement contrôlée, notamment à travers la Triplicate Prescription Form. En l’occurence, les médecins privés ne pourront plus utiliser les ordonnances avec l’en-tête de leur cabinet ou de l’institution privée pour laquelle ils travaillent avant de prescrire des psychotropes à leurs patients.

Ainsi, trois mêmes ordonnances numérotées, émanant d’un booklet que chaque médecin spécialiste aura au préalable récupéré auprès du ministère de la Santé au bâtiment Emmanuel Anquetil, seront délivrées au nom du patient nécessitant la prise de certains types de psychotropes, dont le valium, lexotamil, diapezam etc. A cet effet, pour obtenir ses médicaments, si le médecin gardera une copie de ces ordonnances comme référence à remettre au ministère de la Santé, le patient devra soumettre une copie au pharmacien qui doit y apposer sa signature avant de remettre les médicaments, et en garder une. Cette démarche vise à un meilleur contrôle de la vente des psychotropes, dont certains pharmaciens abuseraient, facilitant ainsi le trafic.

La mise en pratique de ce nouveau règlement fait suite aux recommandations du rapport de la commission d’enquête Lam Shang Leen sur la drogue qui avait tiré la sonnette d’alarme sur la prolifération et la vente illégale des psychotropes à travers l’île, préconisant un contrôle plus strict sur les pharmacies et sur la vente de psychotropes. Une mesure qui suscite toutefois la grogne dans la profession. D’une part, de la part des médecins qui déplorent les procédures pour l’obtention des booklets, notamment un booklet de 50 feuillets par mois, alors que certains spécialistes, à l’instar des psychiatres, reçoivent de plus 100 patients mensuellement, mais aussi la nécessité pour eux de se rendre au bâtiment Emmanuel Anquetil pour récupérer ces dits booklets. Et d’autre part, de certains pharmaciens également qui estiment difficiles d’être présent en permanence dans leur pharmacie pour pouvoir délivrer ces psychotropes particuliers et apposés leur signature obligatoire. Sur ce point, Siddique Khodabocus, président de l’Union des Pharmaciens rappelle que selon la loi, il est stipulé “Authorised person can supply, prescribe or dispense.” « Authorised person veut dire un médecin, un pharmacien, un vétérinaire ou un dentiste », fait-il ressortir. Selon lui, cette mesure est un juste retour pour toutes les parties concernées.

Cependant, quelques éléments de ce nouveau règlement méritent d’être revus. À titre d’exemple, le nombre de booklets remis mensuellement aux médecins. « Au lieu d’un, le ministère devrait en donner trois ou quatre. Cela éviterait aux médecins d’être à court de prescriptions », dit le président de l’Union des pharmaciens. Dans le même élan, il estime qu’il faudrait une décentralisation de la distribution de ces booklets dans les différents hôpitaux régionaux. « Les médecins privés n’auront pas à venir à chaque fois à Port-Louis pour récupérer ces booklets », dit-il.