Les activistes avaient mis à terre les clôtures sur la plage de Pomponette en 2018

Si le barrage a été enlevé et si le bail pour la construction d’un hôtel sur le site a été résilié l’an dernier, les écocitoyens du collectif Aret Kokin Nu Laplaz (AKNL) attendent encore la décision du juge… cinq ans après avoir fait la demande d’une révision judiciaire contre la déproclamation de la place de Pomponette, dans le Sud du pays. Carina Gounden d’AKNL explique que lundi, en Cour, « les juges nous ont entendus sur les points d’objection soulevés après cinq ans, notamment sur des erreurs de rédaction, des coquilles. Ils nous ont aussi entendus sur notre intérêt à venir discuter un tel cas en Cour.

Et si nous avons logé un cas en nos noms personnels, en tant que simples usagers de la plage, la State Law Office (SLO) souhaite que l’on discute cela devant le Public Interest Litigation. »

Elle ajoute que « nous agissons dans notre intérêt personnel, comme n’importe quel citoyen et membre du public qui souhaite réutiliser une plage jadis publique. » Apparemment, cette affaire jugée « d’intérêt public » ne pourrait être contestée par des citoyens lambda. AKNL est dans l’attente du jugement de la Cour qui peut décider que la demande de révision judiciaire est caduque.

Pour rappel, c’est en septembre 2016 que commence l’affaire Pomponette. Le ministre du Logement et des Terres d’alors, Showkutally Soodhun privatise la plage de Pomponette pour céder un bail au groupe sud-africain Pelangi qui détient Clear Ocean Hotel and Resorts Ltd. Un groupe qui connaît des déboires financiers et qui a même été traduit en Cour pour non-paiement de loyer à Ébène. Face aux nombreuses zones d’ombre entourant ce projet hôtelier qui peine à sortir de terre, plusieurs activistes décident de monter au créneau, dont le Front Citoyens Libres de George Ah-Yan, ReA, GWF, CARES et AKNL qui en font leur cheval de bataille. S’ensuivront, alors, plusieurs années de combat juridique et médiatique.