Que se passe-t-il à la Mauritius Duty Free Paradise (MDFP) Shop? La compagnie est-elle vouée à connaître le même sort que le Paille-En-Queue national? C’est ce que se demandent les employés de l’entreprise sous la houlette du CEO Anoop Kumar Nilamber, surtout que des bruits courent qu’en janvier prochain, des changements pourraient intervenir quant au salaire du personnel qui devrait, cette fois, être revu à la baisse, du fait que la compagnie se retrouve dans une situation financière délicate avec la fermeture des frontières.

Ce qui inquiète davantage les employés est la présence de l’administrateur Sattar Hajee Abdoula au sein de la MDFP. Certes, jusqu’ici, il n’y a pas encore eu de nomination d’administrateurs, la compagnie Grant Thornton agissant depuis l’année dernière en tant que consultant sur la mise en place d’un nouveau système informatique à la MDFP, mais le personnage étant connu pour porter la mauvaise nouvelle,  là où il a mis les pieds, les employés de MDFP se demandent s’il ne serait pas l’oiseau de mauvais augure, déjà en place pour disséquer cette entreprise jusque là florissante.

Après les employés de la Duty Free Shop de Rodrigues, inquiets quant à leur avenir professionnel après la fermeture de la boutique du hall du départ, c’est au tour des employés de la MDFP à Plaisance d’éprouver des craintes. Notamment en raison des rumeurs persistantes quant à une réduction des salaires, si ce n’est à des pertes d’emploi en début d’année. Cela, après la fermeture des frontières depuis mars 2020, la boutique hors taxes étant restée fermée de longs mois avant une réouverture de la boutique de départ en juillet dernier, les allocations et autres benefits des employés ont été suspendus.

“Dans le rouge”

Selon certaines sources, en dépit des Rs 1.5 à Rs 2 millions de chiffres d’affaires effectués quotidiennement, les Finances de la MDFP sont “dans le rouge”, car malgré la campagne promotionnelle sur les produits duty free, les chiffres de vente, avec la fermeture des frontières, restent loin du compte des dizaines de millions de roupies effectué chaque jour avant la crise sanitaire.

Or, avec cette situation, les employés ne comprennent pas pourquoi et comment le management a entrepris, en plein confinement, des travaux de rénovation qui ne nécessitaient aucune urgence, des bureaux administratifs – avec la pose de parquet stratifié, nouvelle réception, nouveaux mobilier, etc., ainsi que l’installation de deux boutiques, dont une dans l’ancienne terminale, équivalant à plusieurs centaines de millions de roupies, alors que la priorité aurait dû être de permettre à la boutique hors taxe de fonctionner et de sauvegarder les emplois et les salaires, en attendant des jours meilleurs.

Parallèlement à ces travaux de rénovation, la MDFP est allée de l’avant avec la mise en place d’un nouveau système informatique  au coût d’une centaine de millions de roupies – d’où la présence de la firme Grant Thornton de Sattar Hajee Abdoula sur place en tant que consultant – qui ne fonctionne pas correctement jusqu’ici, contrairement à l’ancien système. Qui plus est, il est aujourd’hui question de mettre en place un nouvel entrepôt au coût de Rs 800 M. Pourquoi aller de l’avant avec un projet d’une telle envergure, alors qu’il n’y a actuellement aucune visibilité quant à la reprise du secteur touristique, se demandent les employés de la MDFP.

Face à ce qu’ils qualifient de gaspillage de fonds, les employés se disent très inquiets quant à leur avenir et à leur pension. Ils se demandent si tout n’est pas fait pour que la MDFP entre, comme cela a été le cas pour la compagnie d’aviation nationale, en administration volontaire. Surtout avec la présence de Sattar Hajee Abdoula – dont le salaire est connu pour être mirobolant – qui “kot li met lipied, l’entreprise menace fermé!”, disent les employés de la MDFP.