Depuis le début du confinement, les appels de détresse ont été nombreux, voire plus nombreux que l’an dernier pour le premier confinement. Et ils ont été aussi nombreux à répondre à l’appel. L’équipe de Tablier Rouze, petit snack de la cité universitaire de Réduit, est parmi ceux qui ont dès le premier jour mobilisé toute leur équipe et mis à disposition toutes leurs ressources pour venir en aide aux plus démunis. Avec l’aide de collaborateurs, de donateurs parfois anonymes et d’ONG, Tablier Rouze arrive à préparer, depuis le début du confinement, entre 200 à 500 repas par jour qu’ils distribuent dans les quatre coins de l’île. Rencontre.

«Vous savez, ce ne sont pas que des gens des régions défavorisées que l’on connaît qui ont besoin d’aide. Ce sont aussi des entrepreneurs qui ne travaillent pas, et qui n’osent pas dire qu’ils n’ont pas de quoi nourrir leur famille», nous confie Vishesh Gangaram, un des gérants de Tablier Rouze. C’est lui qui a eu l’idée au début du confinement de mobiliser toute l’équipe pour «remplir quelques estomacs vides». Tombé dans la marmite du service communautaire depuis sa tendre enfance suivant ainsi les pas de son grand-père, Vishesh Gangaram a toujours œuvré pour les plus démunis. Il nous raconte, en toute humilité, avoir préparé et distribué des soupes chaudes aux démunis en Afrique du Sud. Et ce, pendant ses études et à vélo! À l’annonce de ce second confinement, il savait que beaucoup de familles n’allaient pas tenir le coup…
«Nous avions une cuisine fonctionnelle et un personnel motivé, pourquoi ne pas faire une bonne action ?» dit-il. Ainsi, en un rien de temps se met en place une véritable chaîne de solidarité. Aux fourneaux, c’est la Manager de Tablier Rouze, Brunela Rosalie qui se charge de la préparation quotidienne des repas. «Elle a tout fait toute seule pendant un peu plus d’un mois, mais récemment nous avons pu mobiliser une petite équipe pour nous occuper à la fois des repas que nous offrons et de nos commandes qui ont repris», dit-il.

Avec l’aide des travailleurs sociaux
En effet, depuis quelques semaines, Tablier Rouze a repris ses opérations. «C’est business as usual avec un peu moins de travail que d’habitude, car, il n’y a pas de cours en présentiel à l’université et nous faisons pour le moment des livraisons à domicile et les personnes peuvent aussi commander leurs repas et venir les récupérer sur place à Réduit», explique Vishesh Gangaram. Ce qui permet, ainsi, à l’équipe de gérer les deux opérations en même temps. Une tâche ardue pour cette petite entreprise qui carbure à la générosité des donateurs, et des gérants qui puisent souvent les fonds de leurs économies. «Mais nous arrivons tous les jours à trouver le budget nécessaire pour préparer ces repas qui sont distribués à des familles en difficulté qui ont été identifiées par les travailleurs sociaux. Nous essayons ainsi de couvrir plusieurs régions. Et avec l’aide d’autres ONG qui œuvrent, nous arrivons à soulager un tant soit peu ces familles», dit-il.

Par ailleurs, Vishesh Gangaram confie que beaucoup souffrent en silence, parfois gênés de demander de l’aide à un voisin, ou à un proche. Et pourtant, il ne suffirait que d’un simple geste, d’un appel ou d’un petit SMS pour leur venir en aide. «Soyez attentifs, et regardez autour de vous. Il y a peut-être un voisin qui n’a pas à manger, ou même un membre de votre famille qui a des difficultés à joindre les deux bouts. C’est ainsi que nous pouvons aider à changer les choses. Il suffit d’un rien», dit-il.

Il explique qu’au-delà de ces actions solidaires, et de ces repas chauds qu’ils distribuent, il y a aussi toute la dimension humaine. «Nous avions aidé des gens de Bambous, et après les inondations de la semaine dernière, ces mêmes personnes ont préparé de leur propre chef, des repas à distribuer dans les régions affectées! C’est incroyable comment une action peut en entraîner une autre», dit-il. Tablier Rouze continue d’aider à sa manière. «Nous recevons tous les jours des appels de détresse et ceux qui souhaiteraient d’une manière ou d’une autre aider, peuvent me contacter», dit-il. Pour plus d’informations, contacter Vishesh Gangaram sur le 59 44 92 01.