PHOTO ILLUSTRATION

Avec le renvoi du « watershed meeting », l’option du remboursement des billets non utilisés risque d’être revue

Alors que les employés d’Air Mauritius s’attendaient que le travail à temps partiel et le « leave without pay » prennent fin ce 31 mars, comme l’avaient annoncé les administrateurs. C’est la déception. Ils ont appris, il y quelques jours, que la formule de « part-time » avait été prolongée au 31 juin. Les administrateurs Sattar Hajee Abdoula et Arvind Gokhool, à travers un communiqué, informent en effet les employés que la compagnie aérienne nationale, toujours dans l’impasse, ne pourra revoir sa politique pour l’heure, et tente de préserver un maximum d’emplois. Par ailleurs, avec le renvoi de la Watershed Meeting  pour passer en revue la situation financière de la compagnie aérienne, l’option de rembourser les billets non utilisés, qui représentent une somme conséquente, risque aussi d’être revue.

La situation d’Air Mauritius se détériore davantage avec la fermeture totale des frontières et un manque de visibilité sur une éventuelle reprise des activités. De fait, un an environ après la mise en administration volontaire de la compagnie, l’avenir des employés demeure toujours incertain. Il faut dire que la Watershed Meeting, qui devait déterminer plusieurs facteurs importants au niveau des dettes et de la situation financière de la compagnie pour une éventuelle relance, avait été fixée au 31 mars, soit dans 24 heures.
Aussi, cette fin de mois représentait une lueur d’espoir pour ces milliers d’employés, dont certains avaient été mis en congé sans solde et d’autres, vu leurs heures de travail ramenées à temps-partiel avec des coupes drastiques dans les salaires. Les responsables de certains départements, en faisant leur « shift » pour la semaine prochaine, avaient même pris la peine de revoir leurs heures de travail en faisant un calendrier de travail semblable aux employés travaillant à plein temps.

Hélas, l’espoir allait vite laisser place à la déception vendredi dernier, après que les employés aient pris connaissance de la teneur d’un communiqué des administrateurs les informant que le travail à temps-partiel et les mesures prises pour réduire les coûts étaient prolongés au 31 juin. L’évolution de la situation, selon eux, ne leur permettant pas d’autre alternative. Si les administrateurs concèdent que les mesures prises depuis le 22 avril dernier ont permis à la compagnie aérienne de « souffler un peu », ils soulignent dans le même temps qu’il y a « toujours de grosses pertes inquiétantes », qui risquent de plonger la compagnie davantage dans des « unchartered financial waters ».

Depuis le 31 octobre dernier, des centaines d’employés ont été mis en congé sans solde alors que d’autres travaillent toujours à temps-partiel, en sus de voir certaines de leurs allocations supprimées. Un exercice qui visait à réduire la facture salariale et à préserver l’emploi, faute de vols commerciaux d’Air Mauritius. Malgré cela, un an après, et les frontières étant toujours fermées, la situation financière de la compagnie est au plus mal.
Déçus, les employés de la compagnie nationale font une fois de plus part de leurs appréhensions. « Il est malheureux qu’après tout ce temps, plusieurs employés sont partis et que d’autres travaillent à temps-partiel, pendant que ceux qui ont vidé les caisses d’Air Mauritius, avec d’énormes salaires et allocations, eux, travaillent toujours à plein temps. Leurs salaires n’ont même pas été revus », lancent des employés aigris.

A noter que plus d’une centaine d’employés ont par ailleurs dû faire valoir leurs droits à la retraite après plusieurs années de services au sein de la compagnie nationale. Ceux ayant complété 33 ans de service ont même dû partir selon un plan de restructuration et devraient percevoir une « lump sum » ainsi qu’une pension de retraite mensuelle.
Par ailleurs, la compagnie nationale fait face à un autre problème de taille depuis sa mise en administration volontaire : celui du remboursement des billets non-utilisés du fait de l’annulation des vols. Ainsi, plus d’un millier de personnes détiennent encore un billet converti en « voucher » par Air Mauritius après que la compagnie ait été placée sous administration volontaire. Le 21 mai dernier, la compagnie aérienne avait en effet pris la décision de ne plus aller de l’avant avec sa politique de remboursement pour les voyages dont les billets avaient déjà été payés. Ainsi, les passagers de MK n’avaient d’autre choix que d’accepter un « voucher », valide pendant deux ans, et de reporter la date de leur voyage.

Mais avec le renvoi de la Watershed Meeting, la compagnie aérienne pourrait bien, une fois de plus, refuser de rembourser les billets après l’échéance de deux ans. Les vols commerciaux ne reprendront en effet pas de sitôt. Pénalisant ainsi non seulement ceux qui avaient acheté leur billet avant le premier confinement, mais aussi ceux ayant payé et réservé avant le deuxième Lockdown.