L’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) en tant que mouvement citoyen, déplore les propos du commissaire de police, Anil Kumar Dip, contre le Directeur des Poursuites Publiques (DPP), Me Rashid Ahmine, dans l’affaire Bruneau Laurette. Jayen Chellum estime qu’il y a une atteinte très grave aux institutions que sont le bureau du DPP et le judiciaire.
Il se demande également pourquoi l’ICTA n’a pas agi après les attaques contre le DPP sur les réseaux sociaux.
« Le pays traverse des moments très graves », déclare Jayen Chellum qui commente la pénétration des trafiquants de drogue dans les institutions ainsi que les liens présumés avec le monde politique. Au sujet de l’affaire Bruneau Laurette, le secrétaire général de l’ACIM rappelle avant tout, que ce dernier a fait partie de la plateforme contre les prix abusifs du carburant. La sortie du commissaire de police (CP) contre le DPP est qualifiée de « très grave et inacceptable. »
Jayen Chellum souligne que c’est la première fois dans l’histoire du pays qu’un commissaire de s’en prend ainsi frontalement au DPP et au judiciaire. « C’est une attaque sans précédent contre deux principales institutions du pays. S’il n’était pas d’accord au sujet de la position du DPP concernant la remise en liberté sous caution de Bruneau Laurette, il aurait pu rencontrer ce dernier pour en discuter et non pas faire une telle sortie publique. La déclaration du Premier ministre, qui a suivi quelque temps après, n’est pas innocente non plus », dit-il.
Jayen Chellum dénonce le fait que la police n’a pas réagi lorsqu’il y a eu des attaques gratuites contre le DPP sur les réseaux sociaux, à travers des antennes pro-gouvernement. «Que fait l’ICTA ? Pourquoi n’a-t-elle pas enquêté à ce sujet ? ,se demande-t-il.
Le secrétaire de l’Acim note par ailleurs que la police n’a pas tardé à réagir concernant la manifestation de Linion Pep Morisien dénonçant bles agissements d’Anil Kumar Dip. « Il y avait huit participants et pour nous, qui avons organisé plusieurs manifestations, nous savons qu’ils n’étaient pas en dehors des paramètres de la loi. D’ailleurs, nous aussi, à plusieurs reprises, la police a essayé de nous mettre des bâtons dans les roues lorsque nous avions organisé des rallyes. A chaque fois que nous nous sommes tournés vers la Cour, nous avons eu gain de cause », fait-il comprendre.
Sur le plan de la consommation, l’ACIM note la montée en flèche des prix des légumes et autres produits de consommation. « Le gouvernement a augmenté les tarifs d’électricité, c’est à lui de veiller que les augmentations répercutées sur le coût de production de certains produits ou des aliments frigorifiés sont justifiées. Il ne peut se contenter d’augmenter le prix de l’électricité et par la suite, se laver les mains », affirme-t-il.
Jayen Chellum souligne également que le CEB se retrouve aujourd’hui dans une situation financière difficile parce qu’on a puisé de ses caisses. Il en est de même pour la State Trading Corporation (STC) qui maintient le prix du carburant très élevé, en dépit des baisses successives sur le marché mondial, afin de combler les trous dans le Price Stabilisation Account.
« J’ai écrit plusieurs lettres au directeur de la STC et au ministre du Commerce pour demander où sont passées les Rs 4milliards qu’il y avait dans les caisses, au-delà des contributions au Consolidated Fund. Nous n’avons eu aucune réponse jusqu’ici. Pourquoi ce manque de transparence ? » s’inquiète-t-il.
L’ACIM adressera de nouvelles demandes à la STC à ce sujet car il estime que le public a le droit de savoir où est passé cet argent.

