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Ils sont désemparés face à une situation qui n’est plus sous leur contrôle. Les planteurs de l’Agricultural Development Marketing Association (ADMA) se voient dans l’obligation de détruire des arpents de légumes de leurs plantations situées dans la région de La-Marie , décrétée zone rouge. Ces planteurs ne parviennent plus à écouler leurs légumes dans le réseau de distribution. Et en l’absence de Work Access Permit (WAP), demandé au gouvernement pour que certains de leurs employés soient présents pour la récolte des légumes, ils préfèrent les laisser pourrir.

Des investissements de Rs 100 000 à Rs 150 000 par arpent de légumes encourus pour rien. C’est ce que faiy comprendre Arassen Chinan, planteur au sein de l’ADMA. La situation des planteurs de cette association, dit-il, était déjà difficile depuis l’année dernière. Mais le confinement et la région de Vacoas, faisant parue de la zone rouge n’ont fait que l’empirer.
« Depuis le début de cette semaine, nous nous voyons obligés de détruire nos légumes pour que nous puissions en cultiver d’autres. Les marchands ne peuvent pas venir s’approvisionner en légumes et nous ne pouvons pas aller envers eux », déplore ce jeune planteur désemparé par la situation et face à l’indifférence des autorités préoccupées par la campagne de vaccination imposée par le patronat.

Étant donné qu’aucun commerce n’a le droit de fonctionner dans la zone rouge, les légumes des planteurs d’ADMA restent dans les champs, et les zones moins restreintes ne sont pas approvisionnées en légumes. Pour lui, les gens sont obligés d’acheter des légumes qu’ils voient à des prix exorbitants. « Nos légumes restent dans nos champs et nous ne pouvons même pas nous faire accompagner de quelques travailleurs pour assure la récolte de légumes », dit-il. Depuis le début de cette semaine, le planteur confie avoir jeté des carottes, courgettes, choux, pâtissons, betteraves.

Le manque à gagner de ce planteur est d’environ Rs 300 000 par arpent. Et ce dernier, tout comme d’autres planteurs de l’ADMA, ne s’occupe pas uniquement d’un arpent de terre. Les membres de l’ADMA assurent la culture vivrière sur une superficie d’environ 275 arpents de terre. Il déplore que le chou se vende à plus de Rs 300 dans les supermarchés alors que des choux sont délaissés dans les champs.

Le planteur trouve aussi incompréhensible le fait de n’octroyer que trois heures aux marchands pour qu’ils puissent écouler leurs légumes dans la zone rouge. « Comment peut-on récolter les légumes en peu de temps ? Nous sommes les seuls à récolter les légumes. Nos travailleurs ne peuvent pas venir », dit-il. À cause d’une situation qui empire, il s’attend à ce qu’une compensation soit offerte aux planteurs.
Dans une vidéo faite dans leurs champs, les planteurs de La Marie disent que 50% de leurs légumes doivent être jetés à la poubelle. « Si nous n’avons pas de WAP, nous n’allons pas pouvoir tout récolter. Tous les légumes seront ainsi abîmés. Nous faisons une demande d’un WAP pour que nos travailleurs puissent travailler et récolter les légumes », ajoute cet autre planteur.

Tout comme lui, un planteur qui compte dix arpents de chouchou lance un appel pour que ses travailleurs puissent obtenir de WAP pour la récolte. Le président de l’ADMA, Kaviraj Santchurn, qui est parti dresser un constat de la situation des planteurs, estime que si les légumes ne sont pas récoltés, ils seront tous détruits et que les planteurs n’auront aucun sou à investir. Et de souligner que plus de 100 arpents de légumes ne peuvent être récoltés.

Dans un autre champ qui est prêt pour la culture de la pomme de terre, il se demande quand le WAP sera disponible pour que les travailleurs puissent y retourner et travailler normalement. Selon lui, le planteur seul ne pourra pas tout faire. « Nous lançons un appel au Premier ministre pour qu’il revoie sa décision afin que les planteurs puissent travailler avec au moins cinq travailleurs. Sinon, ce sera la catastrophe pour les planteurs », a-t-il fait ressortir.

Pour lui, les répercussions sur les prochaines récoltes ne sont pas à écarter. Et d’ajouter que ce sont les « grands planteurs » qui écoulent leurs légumes aux supermarchés au détriment de 8 000 petits planteurs.
Et tout indique qu’avec la sourde oreille de l’Hôtel du Gouvernement aux supplications de ces planteurs pour une meilleure considération, « the Writing is on the Wall » pour cette catégorie de planteurs en situation d’extrême détresse dabs la zone rouge…