Le gouverneur de la Banque de Maurice (BoM), Harvesh Seegoolam, qui procédait ce matin à l’ouverture d’un atelier de travail sur le blanchiment d’argent, a annoncé que le plan d’action de Maurice qui devra être soumis au GAFI sera prêt en septembre, soit bien avant le délai initialement revu. Par la même occasion, il a annoncé qu’un “progress report” a été expédié la semaine dernière.

« Mauritius has, in February 2020, given a high level political commitment to the FATF to implement the Action Plan within agreed timelines. I must here say that there is a concerted effort at all levels among respective Ministries, Regulatory Bodies, Law Enforcement Agencies and other competent Authorities in view of implementing the Action Plan. This concerted effort is another tangible proof of our commitment to deliver on the Action Plan by September 2020, which is well before the agreed timeline of the FATF », a-t-il indiqué.

Harvesh Seegoolam, qui s’adressait aux Money Laundering Reporting Officers, a expliqué qu’en une année Maurice a réussi à se conformer à 53 des 58 recommandations du FATF et que le “high level committee” présidé par le Premier ministre « a effectué un travail monumental afin de s’assurer que Maurice respecte toutes les conditions exigées par la FATF ».

Il a fait comprendre que la conformité technique est essentielle, mais « n’est plus le seul critère déterminant pris en compte par le GAFI ». L’efficacité des cadres législatifs et réglementaires est tout aussi cruciale, a-t-il observé. Le président du GAFI, a-t-il fait remarquer, insiste sur l’importance de la mise en œuvre de ces normes. C’est la raison pour laquelle la BoM a déployé ses efforts sur tous les fronts pour se conformer aux normes AML CFT recommandées par les organisations internationales. Dans ce contexte, de nouveaux superviseurs ont été désignés. La FIU dont la responsabilité initiale était la collecte des renseignements est désormais responsable de la supervision pour les métiers du droit, de l’immobilier et la bijouterie.

Le gouverneur a annoncé que la BoM a jusqu’ici organisé sept séances de formation pour les professionnels des services financiers et que sept autres seront organisées jusqu’à la fin du mois. Il a rappelé que Maurice a pris un engagement politique de haut niveau au GAFI pour mettre en œuvre le plan d’action dans les délais convenus. « Cela nécessite des efforts concertés à tous les niveaux entre les agences d’application de la loi, des ministères respectifs en vue de la mise en œuvre du plan d’action », a-t-il souligné.

Dès le début de son intervention, le gouverneur a soutenu que la mise en œuvre efficace de mesures solides de lutte contre le blanchiment d’argent et contre le financement du terrorisme « reste une priorité essentielle ». Et de poursuivre : « En tant que gouverneur, j’ai placé la lutte contre le blanchiment d’argent en tête de mes priorités. Le renforcement de la confiance réglementaire que les investisseurs ont à Maurice est d’une importance capitale, d’autant plus que nous sommes un centre financier international établi de longue date. » Il a souligné que la BOM ne fera aucun compromis sur ce point. « Le non-respect des normes fixées ne sera pas toléré par la Banque et entraînera des sanctions sévères.

J’ai donné des directives claires afin que nous collaborions de manière permanente avec les autorités nationales et étrangères compétentes engagées dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme à cette fin également », a-t-il dit.
Harvesh Seegoolam a finalement annoncé que, conformément à une des propositions recommandations par le GAFI dans le cadre de la lutte contre le blanchiment, la BOM a déjà lancé une plate-forme centralisée e-KYC. Ce projet facilitera la vérification de l’identité et contribuera à améliorer le contrôle KYC dans divers segments d’activité dans le pays. La plateforme aura également accès à l’InfoHighway nationale pour la validation des informations KYC.