- Publicité -

Port-Louis : les marchands d’accessoires souvenirs en proie à l’inquiétude

Sortir la tête de l’eau. Tel est l’objectif des marchands d’accessoires souvenirs et d’artisanat du bazar de Port-Louis. Ils arboraient un large sourire le 30 octobre dernier lorsqu’on les avait rencontrés, un mois après la réouverture des frontières.

- Publicité -

Sauf qu’ils ont vite déchanté après que le gouvernement a décrété la suspension de tous les vols commerciaux en provenance d’Afrique du Sud à laquelle est venue se greffer l’inscription de Maurice sur la liste rouge écarlate de la France.

La multiplication du nombre de morts et les rumeurs persistantes sur la propagation rapide du variant Omicron dans la région n’augurent rien de bon pour ce secteur d’activité qui se retrouve de nouveau avec une épée de Damoclès sur la tête.

La municipalité de Port-Louis est on ne peut plus scrupuleuse sur le protocole sanitaire au marché central. La porte située à la rue Farquhar est désormais réservée à l’entrée des clients, alors que ceux qui doivent sortir du bazar doivent obligatoirement se diriger vers la rue Corderie. Des agents de sécurité veillent au grain.

Et pour cause : l’affluence est au rendez-vous au bazar en ce jeudi 2 décembre. Elle apparaît à beaucoup comme assez exceptionnelle compte tenu de la crise sanitaire qui ébranle le pays.

Certes, la fréquentation touristique n’est nullement comparable à celle de l’avant-pandémie en cette période de l’année, mais les vacanciers sont nombreux à déambuler au milieu des étals en quête d’accessoires et de vêtements en tous genres ou pour se délecter des dholl puri, mine frit et autre alouda.

Le bilan jusqu’à maintenant est très positif pour ce secteur qui reprend du poil de la bête. Mais jusqu’à quand ? C’est la question qui hante plus particulièrement les locataires des étals dédiés aux accessoires souvenirs après l’inclusion de Maurice, la veille, dans la liste rouge écarlate de Paris en matière de lutte contre la propagation du variant Omicron du Covid-19. Au détour des discussions avec les touristes qu’on a croisés au bazar, le constat demeure que la clientèle étrangère est issue principalement de France.

Les marchands ont beau se réjouir de la hausse conséquente des ventes depuis la réouverture des frontières, toujours est-il que tous s’accordent à dire que les choses risquent de s’inverser au cas où le gouvernement français se décide de prolonger indéfiniment les restrictions vers Maurice.

« Pa pou kapav reviv sa bann moman-la »

Les traits fatigués et les yeux rivés sur ses assiettes, t-shirts, plats, paniers et cendriers à l’effigie du Dodo ou du quadricolore, Dharma confie que « la réouverture des frontières revêtait une importance capitale en prévision des fêtes de Noël et de la Saint-Sylvestre.

C’est chose faite, mais je crains que le variant et l’absence de la clientèle sud-africaine et française ne viennent jouer les trouble-fête. » Non seulement les choses semblent mal engagées, mais les marchands ne savent toujours pas s’ils obtiendront de nouveau l’aide financière du gouvernement pour faire face au marasme économique dans lequel ils sont plongés depuis presque deux ans.

Varouna Rungen, qui exerce au bazar depuis 35 ans, nous avait confié ceci en octobre : « Nou bizin solider e fer atension ar sa viris-la. Pa pou kapav reviv sa bann moman kot pena kas pou donn fami-la. » On l’a retrouvé un mois plus tard, l’air inquiet, car ses craintes de devoir revivre de douloureux moments semblent à présent justifiées à la lumière des récents événements.

« Le calvaire que le pays a vécu en 2020 avant que la situation ne s’améliore grâce à notre discipline aurait dû servir de piqûres de rappel mais, malheureusement, nous nous sommes reposés sur nos lauriers. Get konsekans aster. Nou biznes pou al mor mo krwar mem si mo swete mo tromp mwa sa kou-la », souligne Varouna Rungen, qui suivra avec attention les négociations entamées par la MTPA auprès du gouvernement français afin que ce dernier ne revienne à de meilleurs sentiments.

- Publicité -
EN CONTINU

l'édition du jour