Jean Maurice Valéry, qui a du garder son âme d’enfant, décoiffe avec son personnage féminin, Monick

Dans la vie de tous les jours, il est Jean Maurice Valéry. Et sur scène, quand il revêt son costume d’humoriste, Momopartou. Diplômé en art culinaire, avec un parcours comme prof de mathématiques dans un premier temps au secondaire, Momo décoiffe avec son personnage féminin, Monick. Event Specialist et influenceur, il ne manque pas de projets. À 34 ans, il a su garder une âme d’enfant en enjolivant sa vie d’un trait d’humour.

Jamais à court d’idées, Jean Maurice Valéry est né pour être comédien. Grâce au projet Apero Comedy, sur les recommandations de David Jay, il s’est familiarisé avec d’autres professionnels, dont Vincent Duvergé, Christophe Saint-Lambert et Visham Ramdoo. « J’ai pu apprendre à rendre mes textes plus directs et trouver une meilleure Punch Line. Je pense que le meilleur conseil qu’ils m’aient donné a été de toujours écrire toutes les idées que je pouvais avoir au moment où elles venaient. Par la suite, mon personnage de Monick s’est clairement distingué, et, je prends grand plaisir à lui laisser la place de temps en temps. »
Autre particularité de Jean Maurice Valéry : sa capacité à se métamorphoser en femme. Il se dévoile. « Mon personnage Monick est né à la suite de toutes ces réflexions faites par les femmes qui m’entourent. Qui d’autre qu’une femme pour parodier une femme, d’autant plus qu’elle m’inspire directement de toutes les femmes qui m’entourent ? » Quand il décrit son personnage féminin, Monick, il dira également que « c’est une satire contemporaine de l’influenceuse qui vit la vie de rêve sur les réseaux sociaux et qui dénonce les préjugés ».
Au Tamassa Resorts, où il officiait avec d’autres amis comme Social Influencer, Jean Maurice Valéry ne comptait plus ses fans, avec 5 000 Likes d’amis dès sa première apparition sur les réseaux sociaux. Sur Instagram, il compte plus de 15 000 Followers dans une tranche d’âge de plus de 25 ans, chose qu’il qualifie de très rare. Une de ces photos qui a fait le plus de buzz de lui comme influenceur montre sept soirées qu’il a couvertes dans la même nuit de Grand-Baie à Tamarin. « J’ai réussi à prendre une photo avec chaque “headliner” de chaque soirée, ce qui m’a valu le sobriquet de Momopartou par mes Followers. L’autre photo qui a fait le buzz est celle où l’on me voit avec mon prix du meilleur influenceur de la marque Johnnie Walker pour l’année 2020-2021. »

L’humour pour rendre les classes attrayantes
Ancien professeur de maths, Jean-Maurice a préféré l’humour à cette discipline tout en étant un influenceur très coté. C’est en cuisine donc qu’il démarre. Il obtient un diplôme en art culinaire avant de se laisser tenter par l’enseignement. « J’ai toujours voulu garder mon identité et mon passé culinaire durant les années où j’ai été prof de maths. Mes élèves sont les premiers à dire que mes classes ont toujours très fun avec des jeux de mots ou des allusions à la cuisine. J’ai très vite réalisé que la peur des mathématiques rendait ce sujet difficile à enseigner et à apprendre. Et pour rendre les maths plus accessibles et attrayantes, j’ai misé sur l’humour qui est devenu mon atout. »
Visage connu de l’Apero Comedy, il a vu sa carrière décoller grâce au Stand-Up. Ayant eu une plateforme pour faire évoluer son art d’humoriste, il est parvenu à s’imposer. Aujourd’hui, dans son escarcelle d’humoriste, il projette du Momopartou.
Un de ses souhaits avec la réouverture des frontières est de voir la levée des restrictions sur le night-life, le cinéma et l’événementiel afin que les gens commencent à s’amuser comme auparavant, rient à gorge déployée. Il confie au passage que son sobriquet, Momopartou, a été créé il y a quelques années pour donner aux fêtards une analyse des événements et des activités en cours.
Avec la réouverture des frontières, il compte jouer son va-tout en tant qu’influenceur pour faire valoir une nouvelle image de Maurice. Car, dit-il, les touristes seront plus à la recherche d’expériences que des soirées All-Inclusive sans sortir de l’hôtel. Et d’ajouter : « Un énorme travail est fait par mes amis influenceurs axée sur le Travel and Lifestyle, mais encore très peu sont faits en termes de propositions et d’option nocturne pour les touristes. Je pense donc utiliser Momopartou pour donner plus de visibilité au night-life mauricien. »
Le fait d’avoir été un prof de maths devenu humoriste qui jongle avec des blagues décalées a vite fait de lui un personnage sur scène. Il lance d’ailleurs un message aux jeunes : « Il n’est jamais trop tard pour changer de filière, car si vous ne vous épanouissez pas et ne vous sentez pas bien là où vous êtes, vous avez toujours le choix de bouger. Les études et l’expérience ne se perdent jamais mais se sentir mal vous fera mourir intérieurement. J’ai été cuisinier, prof de maths, j’ai fait trois études différentes pour ensuite me retrouver à travailler dans l’événementiel et à utiliser toutes mes compétences accumulées le long de ma vie. Aujourd’hui, j’aime tout ce que je fais uniquement parce que je fais uniquement ce que j’aime. » Ses rondeurs ajoutant un petit plus à sa démarche scénique, Jean Maurice Valéry a bien vite conquis ses fans en devenant Momopartou sur les réseaux sociaux. Il s’inspire grandement de ces mêmes réseaux sociaux, reste un observateur de la vie et de l’actualité pour composer son personnage féminin à la perfection.
Après avoir terminé ses études au MIE où il a obtenu un Bachelor in Education, Jean Maurice Valéry se voit approcher par Javed Vayid pour être l’Event Specialist de la compagnie JV Entertainment. « Je pense avoir été un bon prof, mais le professorat ne mettait pas en valeur toutes mes compétences. Depuis plus de deux ans, je gère toutes les activités qui se passent dans nos établissements, notamment dans un de nos resto pub, The Irish Pub, à Trianon. On ouvre aussi très bientôt un Beach Club, à Tamarin, il y a aussi un de nos gros événements, Pure, dès que cela sera possible. »

Juré dans les “influencers awards”
Cuisiner dans l’hôtellerie, prof de maths, Events Specialist, humoriste et influenceur, autant de casquettes à porter pour un jeune homme de 34 ans. Et, pourtant, Jean Maurice trouve que tout est compatible. « Mes études en art culinaire m’ont aidé à comprendre la consommation alors que mes études en mathématiques m’ont aidé à quantifier et étudier numériquement cette consommation. Je me suis donc mis à faire plusieurs études de marché pour de grandes compagnies qui m’ont intégré à leur différents projets marketing/influencing. Mais ce n’est qu’après avoir beaucoup travaillé avec les jeunes et m’être rendu compte du danger de la surexposition qu’offrent les réseaux sociaux que j’ai décidé de m’y mettre plus sérieusement pour être proche et accessible aux jeunes influenceurs qui pourraient avoir besoin d’écoute et d’aide. L’exemple que je veux donner est toujours de rester soi-même le plus vrai possible, de travailler uniquement avec les marques que naturellement on aurait aimé utiliser et surtout ne pas se laisser atteindre par le Cyberbullying. Je pense que c’est en grande partie pour cela que j’ai été choisi comme juré dans les “influencers awards” de cette année. »
La pandémie de Covid-19 a pourtant changé son regard en lui faisant prendre en ligne de compte la valeur des choses non matérielles comme la famille, les amis, la reconnexion, l’entraide. Il veut que les entrepreneurs prennent conscience de la nécessité de faire valoir certaines valeurs retrouvées au sein de leur entreprise, tout en se disant que ce n’est qu’en cheminant ensemble avec ses employés que chaque entrepreneur pourra s’en sortir et promouvoir fièrement le label Made in Moris.
Dans l’immédiat, son spectacle avec Monick reste en suspens, le temps qu’il trouve une autre formule qui accroche son audimat. Son projet est de faire du nouveau Beach Club de Tamarin l’antre des fêtards et de continuer son étude du marché pour mieux encadrer les noctambules. Entre-temps, il tient à encadrer de jeunes influenceurs en misant sur le naturel qui est sa marque de fabrique. Lui-même a été inspiré par Vincent Duvergé, Christophe Saint-Lambert, Visham Ramdoo, les Komiko et Hassen Rojoa pour leur professionnalisme. Sur le plan international, ses préférés restent Bun Hay Mean, Gad, Jamel, Kev, Trevor Noah.