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  • « Il faut un accord de confiance scrupuleusement respecté entre le patient et le médecin pour que le projet marche »

Des médecins du public et du privé s’accordent sur le point que « la formule d’auto-isolement est intéressante. Dans la mesure où, on l’aura compris, le gouvernement n’a plus de place, ni de moyens d’opérer des centres de traitement et de quarantaine. D’ici à un mois, il est prévu que l’espace aérien soit rouvert, et cela implique libérer les hôtels déjà convertis et donner du temps pour effectuer des travaux pour accueillir des touristes ».

Ces médecins disent accueillir le projet d’auto-isolement, mais il faut bien faire ressortir qu’il s’agit là d’un accord de confiance entre le patient et le médecin, qui doit être scrupuleusement respecté, pour que le projet marche. Ils ne cachent pas que « le projet d’auto-isolement, tel que présenté dans le document de deux pages qui circule depuis vendredi dernier, pêche par manque d’informations élaborées. Peut-être que le ministère de la Santé prévoit d’avoir des briefings et des sessions de travail, en interne, et n’a pas tout divulgué de ses Rules and Regulations, à ce stade».

La question principale pour ces professionnels de la médecine :

« Que fait le médecin durant les 12 heures qu’il est On Call : ses patients ne vivent pas tous dans une même rangée, dans le même quartier ? Va-t-il porter son PPE complet tout au long de ces 12 heures ? S’il doit s’arrêter pour un besoin pressant, que fait-il ? Il retire son PPE ? S’il doit s’alimenter en route, ou acheter quelque chose qui implique qu’il doive sortir de son véhicule, il retire sa combinaison ou il prend le risque de le porter ? N’oublions pas qu’il rend visite à des patients positifs ; il se peut que le virus soit présent sur ce qu’il porte. Et que se passe-t-il s’il se pointe chez un patient qui est en manque d’oxygène ? Doit-il en avoir dans sa voiture ? Ce n’est pas mentionné. Et que se passe-t-il après son shift ? Il rentre chez lui, auprès de sa famille : est-ce qu’il ne les met pas à risque ? Et qu’en est-il du PCR au terme du traitement : c’est lui qui doit le faire, ou un autre préposé ? »

Poursuivant, ils ajoutent que «  tout ça est assez Confusing. Il manque des précisions.» Ces médecins retiennent également que « le soutien de Community Nurses ne serait pas négligeable, dans la mesure où ce serait établir un pont entre les patients et les médecins de sorte à avoir un suivi continu…»

Un aspect qu’ils redoutent aussi, c’est que certains ne trouvent pas là une façon facile de faire de l’argent… Rs 80 000 : ce n’est pas une petite somme. Et il ne faut pas oublier que ceux qui seront retenus seront mandatés à ne voir que  les patients de Covid-19. Attention à ne pas vouloir le beurre et l’argent du beurre en truquant et continuant de voir leurs autres patients, qu’ils traitent habituellement, au risque de leur refiler le virus !

Dans la même veine, concluent ces professionnels de la médecine, « est-ce qu’il y aura un système de contrôle pour superviser le fait que les médecins vont effectivement voir physiquement, surplace, les patients, ou s’ils se contentent de les appeler au téléphone ? Sinon, c’est un gaspillage de fonds public ! S’il n’y a qu’à Monitor des patients asymptomatiques, même des infirmiers pourraient faire cela… pour moins d’argent ! »