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– Les grosses difficultés à circonscrire le feu à hier préoccupent Judex Rampaul, du Syndicat des Pêcheurs

L’incendie qui avait éclaté à bord du Ruey Chien Tsai 112, vers 18h35 lundi, n’avait toujours pas été maîtrisé près de 24 heures après. Le chalutier avait été remorqué à Bain-des-Dames et les épaisses fumées continuaient à s’en échapper à la mi-journée d’hier. Cela a provoqué la colère des pêcheurs qui ont déploré le fait que les autorités ne parvenaient toujours pas à gérer ce genre de situation à hier.

Ce bateau de pêche de 29 mètres de long et six mètres de large était en proie aux flammes. Toutefois, à 11h hier, l’incendie n’était toujours pas maîtrisé. Une forte délégation – comprenant le ministre de l’Économie Bleue, de la Pêche et du Transport maritime, Sudheer Maudhoo, ainsi que les officiers de la National Coast Guard, de l’Environnement et les pompiers, entre autres – était sur les lieux pour un constat.

Cette situation a provoqué la colère des pêcheurs de la localité, car le chalutier avait été remorqué à Bain-des-Dames, alors qu’il était toujours en flamme. Judex Rampaul, du Syndicat des Pêcheurs, qui était sur les lieux, y voit là un cas de négligence. « On a retiré le bateau du port et on est venu le mettre ici, à Bain-des-Dames. Cela veut-il dire qu’il n’y a pas de danger ici ? Qu’en est-il de l’environnement marin ? Et que dire de cette épaisse fumée qui s’en échappe ? »

Le syndicaliste se demande ainsi comment Port-Louis, qui ambitionne de devenir un hub portuaire pour la région, n’est pas en mesure de maîtriser un tel incendie sur un bateau de cette taille. « Que se serait-il passé s’il s’agissait d’un plus gros bateau ? Il semble qu’il n’y ait pas suffisamment d’expertise pour gérer ce genre de situation. » De plus, fait ressortir Judex Rampaul, ce n’est pas la première fois qu’une telle situation se produit. « À chaque fois, on se contente d’emmener le bateau au large et c’est tout. Dans le passé, les pêcheurs ont même dû prêter main-forte pour essayer de venir à bout des incendies. N’est-on pas supposé avoir des équipements modernes aujourd’hui pour maîtriser les flammes ?»

Qui plus est, Judex Rampaul en appelle aux autorités pour un contrôle plus prononcé sur l’état des bateaux pêchant dans notre Zone économique exclusive. « Ce n’est pas la première fois qu’on a des problèmes avec ces bateaux taïwanais. Plus tôt cette année, il y avait un autre bateau chinois qui s’était échoué sur les récifs au large de Pointe-aux-Sables. On peut dire que les risques sont élevés pour cette région, d’où la nécessité d’un meilleur contrôle. »

Les épaisses fumées s’échappant du Ruey Chien Tsai 112 ont attiré des badauds à Bain-des-Dames, hier. Ce qui a poussé le National Coast Guard à ériger des barrières de sécurité et à contrôler l’accès au site. Le ministre Sudheer Maudhoo a déclaré sur place que les pompiers faisaient de leur mieux pour circonscrire le feu et que les 60 tonnes de mazout à bord du chalutier seraient pompées dans les plus brefs délais, afin d’éviter tout risque de fuite. Des booms ont également été déployés afin de parer à toute éventualité.

Vers 17h hier, il y avait encore des fumées – moins noires – qui émanaient du chalutier. Le fait qu’il y avait du diesel à bord, rendait les opérations difficiles.