Avec les deux mois de confinement, ces étudiants affirment n’avoir pas pu compléter le syllabus

Dans un communiqué émis vendredi dernier, le Council for Vocational and Legal Education (CVLE) signifie son intention de conduire les examens du barreau à partir du 2 août. Cette décision bouleverse les aspirants légistes qui avaient fait, durant le confinement, une demande pour un renvoi. Ce deuxième Lockdown pose un sérieux problème pour eux, car ils affirment n’avoir pu terminer leur syllabus à temps et disent « ne pas être prêts » pour les examens. Pour le CVLE, qui évite la question de renvoi, l’organisation de ces examens devient « un véritable casse-tête », car il se retrouve avec deux cohortes d’étudiants qui doivent passer les examens cette année.

Le CVLE maintient sa décision d’aller de l’avant avec la tenue des examens à partir du 2 août. Il précise que « no candidate will be allowed to register for a vocational examination if his/her attendance during the vocational course provided by the accredited person is less than 80% ». Déjà pour les étudiants, c’est « un règlement qui n’a aucun sens », car pendant plus de deux mois, les étudiants n’ont pu suivre leur formation. Bien que certains modules étaient en ligne, d’autres demandaient une présence qu’ils n’ont pas pu honorer en raison du confinement.

Ainsi, comme bon nombre d’institutions qui ont considéré un renvoi pour la tenue des examens afin de ne pas pénaliser les candidats, ces jeunes estiment que « le CVLE aurait dû prendre ces facteurs en considération ». La nouvelle cohorte d’étudiants pour les examens du barreau a débuté les cours il y a quelques mois, alors que l’ancien “batch” est toujours en formation en raison du retard accumulé avec le confinement. Au début de l’année, les examens avaient été fixés au 2 août, avec des changements considérables dans l’emploi du temps et les épreuves suite aux recommandations du High Level Committee présidé par Lord Phillips.

Ces aspirants légistes, pris au dépourvu par cette décision, affirment qu’ils seront certes « pénalisés en raison du retard de deux mois dans leur programme en raison du deuxième Lockdown ». Si la cohorte de l’année dernière a quand même eu plus de temps pour préparer les examens, « rien », soulignent-ils, n’a été fait pour que cette formation se déroule dans les meilleures conditions.

L’indisponibilité des chargés de cours et le manque de pratique sont en effet des problèmes qui perdurent toujours. Si rien n’est fait, disent-ils, « ce sera le même scénario que les années précédentes, où les examens du barreau avaient enregistré un taux d’échec inquiétant ». Cependant, les étudiants en droit disposent d’un syllabus bien plus allégé depuis l’implémentation de certaines recommandations de Lord Phillips. Le HLC recommandait d’amender les règlements à la Law Practitioners Act pour enlever certains sujets du programme du cours, remanié pour les avocats. Il s’agit de la Commercial and Business Law, l’Administrative and Constitutional Law, et l’Arbritation Law and Family Law, car considérées comme « pas pertinentes » en tant que préalables pour accéder au barreau.

Le nouveau syllabus, qui tient en compte ces changements, a été “gazetted” et le nouveau “time-table” prend compte de ces changements. Le rapport de Lord Phillips recommandait aussi clairement que la responsabilité de conduire les examens du Bar Vocational Training soit confiée à l’IJLS, citant les « lacunes » au niveau de l’Université de Maurice, qui en avait la responsabilité depuis des années.