Bateaux échoués : Des pêcheurs réclament une analyse de la qualité de l’eau

Les pêcheurs de la région de Port-Louis montent au créneau une semaine après l’échouement de trois bateaux de pêche à Pointe-aux-Sables et Bain-des-Dames. Interdits dans un rayon d’un kilomètre autour des trois bateaux, en raison des opérations de renflouage, ils ne peuvent pratiquer leurs activités et souhaitent être dédommagés. Ils réclament également une analyse de la qualité de l’eau après les opérations.

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« Il y a bien des nappes d’hydrocarbures qui sont parvenues jusqu’à Baie-du-Tombeau, même si la compagnie responsable du renflouage dit le contraire. Nous l’avons vu et nous avons fait des photos et des vidéos. C’est le courant qui les a transportées dans cette direction », déclare Judex Rampaul, président du Syndicat des Pêcheurs. Il déplore le fait que toute la zone autour du port a été dégradée au fil des années en raison de la pollution. « Combien de fois n’y a-t-il eu des bateaux échoués sur les récifs dans cette région ? Notre barrière de corail a été affectée. À plusieurs reprises, nous avons tiré la sonnette d’alarme sur ce problème », se demande-t-il.

Ce qui inquiète les pêcheurs en ce moment, c’est le fait qu’ils ne peuvent pratiquer leurs activités. Avec les opérations de renflouage en cours, ils ne peuvent en effet prendre la mer. « Cela fait déjà 10 jours que ça dure et les pêcheurs ne peuvent travailler. Je lance un appel pour qu’une compensation soit versée aux pêcheurs de cette région, en attendant qu’ils puissent recommencer à travailler », font-ils comprendre.

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Au-delà de la simple question de compensation, Judex Rampaul souhaite aussi que des analyses de l’eau soient effectuées afin que les pêcheurs sachent si les poissons dans cette région sont propres à la consommation.

Par ailleurs, le Syndicat des Pêcheurs dénonce le fait que les autorités n’aient pas pensé à solliciter la collaboration des pêcheurs des localités concernées pour donner un coup de main dans les opérations. « On a préféré se fier aux experts, mais nous sommes des gens de mer et nous avons aussi une connaissance. Par exemple, nous savons dans quelle direction va le courant. Nous aurions pu conseiller où placer les barrières. Ce qui aurait empêché les nappes d’huile de s’échapper et d’atteindre Baie-du-Tombeau », regrette-t-il.
Il se demande également pourquoi le gouvernement a dû payer deux hélicoptères pour transporter le poisson qui se trouvait dans les cales du bateau, alors que les pêcheurs auraient pu s’approcher avec leurs pirogues pour cette opération.

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Judex Rampaul souhaite que les opérations de renflouage ne durent pas trop longtemps. « Déjà, il y a une zone de basse pression dans les parages. Je souhaite qu’on puisse retirer ces bateaux et tout le diesel à bord avant l’arrivée d’un autre cyclone, afin que cela ne fasse pas plus de dégâts dans cette région », ajoute-t-il.

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