La Beach Hawkers Association (BHA), qui regroupe environ 900 membres venant de différentes régions de l’île, et dont le président est Joseph Mélidor, demande au gouvernement de leur donner de l’emploi provisoirement dans un corps para-étatique tel que la Beach Authority (BA). Les membres réclament également que des terres soient mises à leur disposition pour qu’ils puissent cultiver des légumes et cela leur permettra aussi, disent-ils, de se regrouper en sociétés coopératives. Joseph Mélidor souhaite de plus que le Work Assistance Scheme (WAS), qui est de Rs 5 100 actuellement, soit augmenté à Rs 12 000.

Le président de la BHA explique que le montant actuel du WAS, soit Rs 5 100, est « insuffisant ». Il poursuit : « Comment allons-nous faire pour rembourser les emprunts que le gouvernement nous a proposé de contracter lors d’un récent atelier de travail à Ébène ? Gouvernman ti bizin travay enn formil pou akord bann Hawkers enn moratwar pou nou kapav ranbours nou bann Loan. » C’est ce qu’il a suggéré lors d’une conférence de presse qui s’est tenue jeudi au centre social de Marie de la Paix, à Port-Louis.

Stephan Gua, de Rezistans ek Alternatif, qui est venu prêter main-forte aux marchands de plage, a vivement critiqué le gouvernement, qui accordé Rs 80 milliards au secteur privé pour redémarrer le secteur hôtelier et l’oligarchie sucrière, « alors que plusieurs familles ne touchent que Rs 5 100 » comme WAS. « Il y a beaucoup de discrimination flagrante à Maurice. Li inposib pou enn fami viv avek Rs 5 100 par mwa », estime-t-il. L’État, ajoute-t-il, doit mettre en place un système de “fast track” pour répondre de ceux ou celles qui sont enregistrés pour recevoir le WAS. «  Pran tro letan sa bann prosedir-la. Me seki etonan dan tou sa la, seki zot fer bann lezot prosedir bien vit », dit-il.

Sanjan Chimajee, membre de cette association explique à l’assistance les difficultés qu’il a rencontrées avant de recevoir son WAS. « Ou gagn sa som-la avek boukou retar. An atandan, nou bann det akimile e ou nepli kone ki bizin fer », dit-il. Berty Malabar, père de trois enfants et qui travaille sur la plage à l’hôtel Ambre, est très « remonté » lui aussi.  « On ne travaille pas depuis mars. Nous dépendons beaucoup du WAS. Ce n’est pas suffisant et j’arrive difficilement à joindre les deux bouts après avoir payé la facture d’électricité et toutes les autres dépenses liées à nos besoins. Gouvernman pe donn par miliar pou redemar sekter tourism, me an atandan nou bann det pe ogmante de zour an zour », souligne-t-il.

Florida Mélidor, qui habite à Baie-du-Cap, travaille à proximité de l’hôtel RIU, au Morne. « Si j’ai pris la peine de venir ici à Port-Louis, c’est parce que ma situation empire de jour en jour. Nous ne savons plus où donner de la tête. Nous traversons par des moments très difficiles », explique-t-elle. Quant à Sajeeb Futtingah, qui travaillait sur la plage de St-Gérant, à Belle-Mare, ne travaille plus lui aussi depuis le confinement. « Gouvernman ti bizin trouv enn solision pou nou. Komie letan nou pou res san fer narien ? » se demande-t-il. James Shewden, lui, travaille sur la plage de Flic-en-Flac, et son épouse, Angéla, sur la plage de l’hôtel Paradis, au Morne. « Nous ne savons plus quoi faire. Je souhaite que le gouvernement puisse trouver une formule pour nous aider à sortir de cette impasse », disent-ils, précisant que leur fille, âgée d’une vingtaine d’années, étudie en Australie.