Ils sont environ une centaine de Rodriguais bloqués à Maurice en raison de la fermeture de l’espace aérien. Ils déplorent le fait que le gouvernement s’active à rapatrier des citoyens à travers le monde, alors que rien n’est fait pour eux. Ils rappellent que le confinement a été levé à Rodrigues un mois et demi avant Maurice et que, de ce fait, ils auraient dû reprendre le travail, mais ne peuvent le faire. Allan Lad Emilien, porte-parole du groupe, dénonce ce qu’il considère comme une politique de « deux poids, deux mesures ».

Alors qu’ils s’attendaient à rentrer chez eux avec la fin du confinement à Maurice, Air Mauritius a émis un communiqué annonçant qu’il n’y aura pas de vol sur Rodrigues jusqu’au 30 juin. Une situation qu’ils dénoncent, étant donné que Maurice a commencé, il y a quelques semaines, à rapatrier ses citoyens bloqués dans différents pays, dont l’Inde et la France. « Nous sommes contents pour ceux et celles qui bénéficient ainsi du soutien et de la considération du gouvernement. On effectue des vols de plusieurs heures pour aller chercher des compatriotes. Nous, Rodriguais, sommes en souffrance ici à 650 km de chez nous. Le vol ne dure qu’une heure et demie, mais nous ne recevons pas les mêmes traitements », déplore Alan Lad Emilien.

Il rappelle que les Rodriguais sont des citoyens mauriciens à part entière et qu’à ce titre, ils devraient avoir « la même considération ». Parmi ceux bloqués à Maurice, il y a des entrepreneurs qui étaient dans l’île pour affaires. Comme ils ne peuvent rentrer chez eux, leurs activités sont au point mort. Ils soulignent que, si la situation perdure, ils devront même envisager des licenciements. « Ces employés sont inquiets, car ils ont une famille à nourrir », dit un commerçant de Port-Mathurin.

Outre les businessmen, il y a également des personnes qui étaient venues se faire soigner à Maurice. « Malheureusement, il y a eu un décès et la famille attend toujours de pouvoir rapatrier le corps, qui se trouve à la morgue ici », précise Alan Lad Emilien. Une autre famille a dû assister à l’enterrement d’un proche sur les réseaux sociaux, étant bloquée à Maurice. Ces Rodriguais se disent « disposés à aller dans un centre de quarantaine à leur retour chez eux ». Ils rappellent tout de même que cela fait plus de 35 jours qu’il n’y a pas eu de nouveau cas local de la Covid-19 à Maurice.

Dans la foulée, les Rodriguais bloqués à Maurice dénoncent la manière dont certains de leurs concitoyens, qui étaient en traitement à Maurice, ont été accueillis à leur retour à Rodrigues. En effet, un vol spécial avait été affrété à leur intention, ainsi que leurs accompagnateurs, mercredi dernier, pour qu’ils puissent retourner dans l’île. Mais, selon ceux, ils sont restés à Maurice : « Ils ont été placés dans un autobus, escorté de voitures et motards de police faisant hurler les sirènes à fond, sur tout le trajet de l’aéroport au centre de quarantaine, à l’hôtel Les Cocotiers. Cela, alors même qu’ils avaient déjà effectué le test de la Covid-19 avant leur départ. Les traiter comme des pestiférés et des lépreux n’était vraiment pas approprié et beaucoup ont été affectés par ce traitement qu’ils considèrent comme dénigrant et stigmatisant de la part des autorités concernées à Rodrigues. »