Bruneau Laurette invite les Mauriciens à la manifestation du dimanche 8 novembre à Moka « pou aret sibir lopresyon sa gouvernma la ». Car, selon lui, « lari pou tir zot (gouvernement) o pouwvar ». L’activiste social a fait part qu’il a visité plusieurs familles dans les villages dans la circonscription No 8 (Moka/Quartier Militaire) en prélude de cet événement et ces dernières se sont plaintes du problème de la drogue parmi les jeunes.
« Ki sanla ki fer amenn ladrog dan nou pei ? Ki sanla ki ena proxsimite avek baron ladrog ? », s’est interrogé Bruneau Laurette lors d’un point de presse, à l’hôtel Labourdonnais, à Port-Louis.

À ce sujet, il s’est interrogé sur la raison du démantèlement de l’Anti Robbery Squad (ARS). « Est-ce que cette unité n’avait pas signalé à ses supérieurs qu’une cargaison de drogue allait arriver par bateau deux semaines avant que le Wakashio n’échoue à Pointe-d’Esny ? » Il a rappelé que le rapport de la commission Lam Shang Leen avait recommandé le démantèlement de l’Anti Drug and Smuggling Unit, et pas de l’ARS.

L’autre raison avancée par l’activiste social pour l’organisation de ce rassemblement à Moka est que durant la période de confinement sanitaire, beaucoup de proches du pouvoir ont bénéficié de contrats à travers l’“Emergency Procurement”. « Beaucoup ont une relation avec le No 8 », a-t-il fait valoir. Concernant l’enquête de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) sur l’allocation de ces contrats, Bruneau Laurette estime qu’il faut arrêter les vrais responsables. « Trap dimounn ki bizin. Par exzanp, ki sanla inn donn instriksyon pou donn sa ban kontra la. Pa atrap zis ti pwason ek fer enn ‘eye wash’ divan lepep. »

Abordant le scandale d’Angus Road, il a estimé que Pravind Jugnauth doit démissionner comme Premier ministre car l’ICAC enquête sur lui. « Ivan Collendavelloo a été révoqué car l’ICAC qui a démarré une enquête sur l’affaire Saint-Louis. Mais Pravind Jugnauth est lui toujours en poste malgré l’affaire Angus Road. Pourquoi cette politique de deux poids, deux mesures ? »

Concernant la contestation des résultats des élections dans certaines circonscriptions à la suite du scrutin de novembre 2019, Bruneau Laurette a fait ressortir que dans d’autres pays, les contestations électorales sont réglées au maximum dans trois mois. « Ici, cela va faire un an qu’il n’y a pas encore eu une décision sur l’issue des pétitions électorales. » Et d’ajouter : « Si le Premier ministre était un démocrate, il aurait accepté un “re-count” au lieu de “buy time”. » Il a profité de l’occasion pour demander aux villageois de « met ban zwiser dan District Council deor », et de « vot bann dimounn konpetan ki pou sanz zot vilaz ».

Bruneau Laurette a aussi évoqué les séquelles de l’échouement du Wakashio en soutenant que les pêcheurs, plaisanciers, chauffeurs de taxi et autres restaurateurs se battent toujours pour obtenir une compensation. « Ce sont des volontaires qui les aident en ces moments difficiles et pas le gouvernement. » Et d’ajouter : « Dedomazman bizin al pou ban dimounn sinistre ek pa al servi sa kas la pou al ranpli pos gouvernma. »

Par ailleurs, Bruneau Laurette a déclaré qu’après cette marche, une plateforme sera mise sur pied et que des informations à ce sujet seront communiquées dans les prochains jours. Idem en ce qui concerne l’issue de la “Petition Recall” qui avait circulé lors de la marche du 29 août.

À une question de la presse, Bruneau Laurette a dit ne pas écarter l’option d’une désobéissance civile dans les prochains mois au cas où « rien n’aurait changé dans le pays ». Il a aussi dénoncé « le proche d’un ministre » qui a organisé un rallye dimanche où certains participants ont brandi des armes.