– Une convergence réelle entre ses recommandations du secteur privé et les choix du gouvernement
Dans une analyse approfondie de 37 pages publiée dans le sillage de la présentation du budget 2026-27, Business Mauritius salue la convergence avec plusieurs de ses propositions, tout en avertissant que « le véritable test sera celui de la mise en œuvre ». L’organisation du secteur privé se réjouit que le gouvernement ait retenu une grande partie des orientations qu’elle avait proposées dans son mémorandum pré-budgétaire. Croissance tirée par l’investissement privé, intelligence artificielle, développement des PME, infrastructures stratégiques, sécurité alimentaire, transition énergétique ou encore réforme des pensions : sur de nombreux dossiers, Business Mauritius constate une convergence réelle entre ses recommandations et les choix du gouvernement. Elle résume son appréciation en affirmant que « the overall direction is encouraging ».
Mais cette appréciation favorable s’accompagne d’un avertissement qui revient comme un fil conducteur tout au long du document. Pour Business Mauritius, les annonces budgétaires ne constituent qu’une première étape. « Alignment in direction does not automatically translate into impact », souligne-t-elle, avant d’ajouter que « the credibility test will be implementation ». En d’autres termes, le contenu du budget est une chose et la capacité d’être mise en œuvre efficacement est autre chose.
Business Mauritius indique d’ailleurs que « the budget can only deliver tangible outcomes if strategic intent is converted into disciplined implementation ». Pour elle, la réussite dépendra désormais de plusieurs facteurs : un calendrier précis, des responsabilités institutionnelles clairement établies, des mécanismes de financement
Business Mauritius a classé chacune des principales mesures budgétaires selon trois niveaux d’appréciation. Les mesures bénéficiant d’un Strong Alignment correspondent aux propositions largement reprises par le gouvernement. Viennent ensuite les mesures classées Positive Alignment ou Partial Alignment, qui vont dans la bonne direction mais nécessitent davantage de précisions. Enfin, plusieurs dispositions figurent parmi les « Watchpoints », c’est-à-dire des points de vigilance susceptibles d’affecter la compétitivité, les coûts des entreprises ou l’attractivité du pays si leur mise en œuvre n’est pas correctement calibrée.
L’investissement
Parmi les éléments les plus positifs, Business Mauritius salue le choix d’un modèle de croissance davantage porté par l’investissement privé. Le futur Business Facilitation Bill, la Start-Up Act, la création d’un Start-Up Council, les nouvelles mesures destinées aux PME, la zone économique spéciale de Côte-d’Or, la modernisation des infrastructures portuaires et aéroportuaires ou encore les réformes dans les services financiers traduisent, selon elle, une volonté de renforcer la compétitivité du pays.
Le rapport du Business Mauritius estime ainsi que « the budget recognises the need to move towards private-sector-led growth, investment facilitation, technology-enabled transformation, stronger resilience and improved competitiveness ».
Intelligence artificielle
L’un des chapitres où la convergence est la plus forte concerne l’intelligence artificielle et les technologies numériques. Business Mauritius se félicite des investissements annoncés dans la formation à l’IA, le Cloud Computing, la cybersécurité, la création d’un environnement favorable aux start-up technologiques ainsi que de l’ambition affichée de faire de Maurice un hub régional.
Le rapport considère que « AI moves from strategy to implementation », tout en laissant entendre que « the focus must now shift to delivery ». Il insiste notamment sur la nécessité de mettre en place une véritable architecture de gouvernance, des infrastructures adaptées ainsi qu’un cadre réglementaire permettant aux entreprises de tirer pleinement profit de ces nouvelles technologies.
Si l’appréciation générale demeure positive, Business Mauritius identifie également plusieurs zones de préoccupation.
L’organisation estime que la réforme du marché du travail demeure incomplète, que plusieurs mesures destinées à améliorer la productivité restent à préciser et que l’économie circulaire souffre encore d’un manque de mécanismes opérationnels. Elle observe également que plusieurs annonces relèvent davantage d’une intention politique que d’un véritable plan d’exécution.
Comme l’indique le rapport, « The budget often signals intent, but does not yet provide the full implementation architecture required to translate measures into outcomes. »
Coûts des entreprises
Business Mauritius place également plusieurs mesures dans la catégorie des Watchpoints. L’organisation appelle notamment à mesurer les effets de la nouvelle taxe sur les assurances générales, de certaines mesures fiscales touchant l’immobilier, des nouvelles dispositions fiscales concernant les hauts revenus ainsi que de plusieurs autres décisions susceptibles d’alourdir progressivement les coûts d’exploitation.
Selon elle, les nouvelles mesures devront être évaluées au regard de leur impact cumulé sur « business costs, investment, talent attraction and competitiveness. »
Réforme des pensions : indispensable
Concernant la réforme des pensions, Business Mauritius reconnaît qu’une modernisation du système est devenue incontournable compte tenu des contraintes démographiques et budgétaires.
Elle met toutefois l’accent sur la nécessité de préserver l’équilibre entre les différents piliers du système de retraite. Le rapport prévient que la réforme devra éviter d’exercer une pression excessive sur les ménages de la classe moyenne, de décourager l’épargne privée ou d’affaiblir les régimes complémentaires de retraite.
Tourisme, industrie manufacturière, construction, agriculture, banques, commerce, exportation ou secteur numérique : les différentes fédérations membres de Business Mauritius dressent un constat similaire.
Le défi maintenant
En conclusion, Business Mauritius estime que le gouvernement a choisi une orientation économique qui rejoint largement les préoccupations du secteur privé. L’organisation y voit un signal positif pour l’investissement, la compétitivité et la modernisation de l’économie mauricienne.
Mais elle fait ressortir que le plus difficile reste à accomplir. Comme le met en exergue la conclusion du rapport, « Business Mauritius notes these signals positively. However, the impact of the Budget will depend on the quality of implementation that follows. »
Autrement dit, le budget a fixé le cap. Reste désormais à démontrer que l’administration sera capable de transformer ces ambitions en réalisations concrètes. C’est à ce niveau, estime Business Mauritius, que se jouera la véritable réussite du budget 2026-27.

