La National Trade Union Confederation (NTUC) hausse le ton contre le Fonds monétaire international (FMI). Mécontente des conclusions du Staff Report publié dans le cadre des Article IV Consultations, la centrale syndicale réclame le départ de la représentation locale du FMI.
Lors d’une déclaration à la presse, hier, le président de la NTUC, Narendranath Gopee, a estimé que le gouvernement devait faire preuve d’une plus grande vigilance face à ce qu’il qualifie d’« ingérence » du FMI et de la Banque mondiale dans les affaires internes de Maurice.
Il fait comprendre que, dans son dernier rapport, le FMI recommande notamment au gouvernement de poursuivre la réforme du système de pension et de prendre des mesures pour réduire la dette publique.
« Maurice est un pays indépendant depuis plus de 50 ans et, surtout, nous n’avons aucune dette envers le FMI. Cette institution doit cesser de s’ingérer dans les affaires internes et les choix politiques du pays. Elle n’est pas habilitée à dicter aux Mauriciens la manière de redresser leur économie. Nous avons suffisamment de compétences et d’intellectuels dans ce pays pour prendre nous-mêmes les décisions nécessaires », a déclaré Narendranath Gopee.
Le syndicaliste s’interroge également sur l’origine des réformes actuellement mises en œuvre. Selon lui, si les propositions concernant le système de pension découlaient des recommandations du FMI, la situation serait « extrêmement grave ». Et ce, avant de poursuivre : « si le FMI était réellement animé d’une volonté d’aider Maurice, il aurait dû venir avec des propositions concrètes pour réformer le système de pension et réduire la dette publique. Nous sommes en droit de nous demander si cette réforme n’émane pas directement de cette institution. Si tel est le cas, cela signifie que ce n’est plus le gouvernement que les Mauriciens ont élu qui dirige le pays, mais le FMI. Nous n’avons jamais voté pour que cette institution décide de l’avenir de Maurice. »
Narendranath Gopee fait ressortir que la NTUC rejette toute forme d’ingérence extérieure dans la gestion du pays. « Je demande que le FMI plie bagage à Maurice. Nous sommes un pays souverain et indépendant. Il est temps que cette institution nous laisse gérer nos propres affaires. Nous ne lui devons rien et nous n’avons pas besoin de ses conseils. Le FMI devrait fermer la représentation locale à Maurice et poursuivre ses activités ailleurs », a conclu le président de la NTUC.


