Frappé de plein fouet par le changement climatique, Maurice, petit État insulaire, ne peut y rester insensible. Répondant aux engagements, entre autres, de la United Nations Framework Convention on Climate Change, du Kyoto Protocol et de l’Accord de Paris, le gouvernement présentera le Climate Change Bill à la rentrée parlementaire le 3 novembre prochain. Ce projet de loi se révèle crucial pour Maurice en vue de renforcer la résilience du pays face au changement climatique et d’en faire une économie plus verte, avec une faible émission carbone.

Le Climate Change Bill, qui établit le cadre juridique en vue d’atteindre les objectifs susmentionnés, vise à la création d’un conseil interministériel sur le changement climatique afin d’élaborer des politiques en la matière et d’instituer les priorités pour l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets. Un Climate Change Department auprès du ministère de l’Environnement devra aussi voir le jour et aura différentes attributions, dont l’élaboration des politiques, programmes et plans d’action relatifs au changement climatique ; il est également question de coordonner la recherche en la matière. Ce projet de loi prépare à la surveillance des émissions de gaz à effet de serre, dont la mise en œuvre de mesures sectorielles d’adaptation au changement climatique et de réduction de ses conséquences. Il est aussi compris que le ministère chargé de la question du changement climatique doit se conformer aux normes fiduciaires fixées par l’Adaptation Fund Board, le Fonds vert pour le climat et d’autres fonds internationaux liés au climat, et agir en tant qu’entité nationale en vue d’obtenir un accès direct au financement de la lutte contre le changement climatique.

Le projet de loi prévoit l’établissement d’un comité interministériel, présidé par le Premier ministre. Le chef commissaire de Rodrigues pourra aussi être invité à participer aux réunions du comité. Ce dernier fixera les objectifs nationaux en vue de réaliser la mission à faire de Maurice une île résiliente au changement climatique et à réduire son émission carbonique. Ce comité avec pleins pouvoirs devra aussi élaborer des politiques sur le changement climatique et définir des priorités pour qu’elles soient adaptées à différents secteurs, tels la biodiversité, l’agriculture, les zones côtières, le port, l’infrastructure, l’environnement marin, le tourisme et la pêche. Cette instance aura pour tâche de surveiller et de déterminer les progrès réalisés par les départements gouvernementaux, les autorités locales et d’autres organisations engagées dans ce contexte.

Qui plus est, un Climate Change Department devra, entre autres, promouvoir des mesures d’adaptation et d’atténuation pour faire face au changement climatique dans les secteurs concernés. Il importe aussi d’élaborer et de coordonner des politiques, projets, stratégies, programmes et plans d’action. Ce département aura à formuler et mettre à jour des lignes directrices pour la réalisation d’évaluations de la vulnérabilité et des risques liés au changement climatique.

S’agissant de Rodrigues, le projet de loi prévoit que le commissaire à l’environnement soit responsable de la formulation des stratégies en matière de changement climatique et veille à ce que les mesures de lutte contre le changement climatique soient mises en œuvre et maintenues de manière efficace et effective.

Par ailleurs, Maurice figure parmi les trois premiers pays au monde les plus dégradés. D’ailleurs, selon les statistiques climatologiques, la température a enregistré une hausse de trois degrés Celcius en octobre, connu comme le mois de transition entre l’hiver et l’été.