• Après Enn nwel Larkansiel en 2010, le groupe enrichit la collection avec de nouveaux classiques de Noël en créole

Zoli sapin, Falalalala, Eklere eklere… Ce ne sont pas encore les titres du nouvel album du groupe Abaim, mais ils sont chantés actuellement dans les centres commerciaux, faisant le bonheur des petits et des grands. Dix ans après Enn nwel larkansiel, le groupe continue son travail d’adaptation des classiques de Noël dans le contexte mauricien. Prochain concert devant la SBM à Port-Louis le 24 décembre.

Alime teyn, Bolom Nwel, Ridolf… Tels sont quelques-uns des titres de l’album Enn nwel larkansiel qui ont fait vibré petits et grands. Ces jours-ci, le public découvre les nouvelles adaptations des classiques de Noël du groupe Abaim, comme Mon beau sapin, devenu Zoli sapin, Deck the halls, renommé Falalalala, ou encore Twinkle Twinkle Little Stars, désormais connu comme Eklere eklere. Ceux qui ont eu l’occasion de voir Abaim en concert ces derniers jours dans les centres commerciaux ont eu l’occasion d’apprécier ces nouvelles adaptations. Tant et si bien que le téléphone sonne déjà chez Abaim concernant la sortie du nouvel album.

Malheureusement, il faudra patienter, explique Marousia Bouvéry, car le groupe n’est pas prêt de se mettre à l’enregistrement. « Depuis l’année dernière, nous avons commencé à interpréter ces nouvelles adaptations. C’est vrai qu’il y a beaucoup de personnes qui appellent pour demander où on peut en acheter, mais ce n’est pas encore en vente. Ce qui est important, c’est que le travail continue afin d’avoir des classiques de Noël en langue mauricienne. »

Elle ajoute que ces adaptations font partie d’un travail pédagogique. C’est en particulier Alain Muneean qui, avec les enfants du Saturday Care Project, assure la réflexion à ce sujet. « Il faut savoir que nous avons de nouveaux groupes d’enfants. Ce ne sont pas nécessairement les mêmes qui étaient là pour Enn Nwel Larkansiel. Et puis, il y a aussi les compositions du groupe. Nous avons par exemple un morceau intitulé Kado, que nous interprétons aussi dans nos concerts en ce moment. »

Pour ce qui est de la sortie du nouvel album, Marousia Bouvéry laisse entendre que rien n’est finalisé pour l’heure, surtout que l’ingénieur du son, Philippe de Magnée (Filou), a d’autres projets en ce moment. « Nous avons eu l’habitude d’enregistrer en live avec Filou. C’est plus adapté pour le groupe, les enfants sont moins stressés que dans un studio et c’est plus fun, puisque tout le monde enregistre en même temps. Mais Filou se consacre à son site Web, Filoumoris, depuis trois ans, et cela a une grande importante pour le patrimoine musical de l’océan Indien. Il faudra attendre. »

En attendant, ceux qui le souhaitent peuvent toujours se procurer du CD et du DVD Enn Nwel Larkansiel, disponible dans le Ti laboutik d’Abaim. On y retrouve également toute la collection du groupe, soit 16 “ti morso nou lanfans” (Ti marmit). Ou encore, on peut voir le groupe dans ses prestations en cette fin d’année. Le dernier concert est prévu le 24 décembre devant les locaux de la SBM, à Port-Louis, entre 11h et midi.

Par ailleurs, Marousia Bouvéry confie qu’Abaim a animé récemment un atelier de ravannes à l’attention de 140 maîtres d’école, à la demande du ministère de l’Education, dans le cadre de son Continuous Development Programme. « Nous avons partagé avec eux le côté pédagogique de la ravanne. Nous avons démontré comment cet instrument aide au développement, notamment moteur et psychologique, des enfants. Cela permet d’avoir la stabilité et déterminer les capacités réelles des enfants. »

Les maîtres d’école ont eu droit à une introduction pratique de la ravanne. Marousia Bouvéry ne cache pas que, depuis, Abaim reçoit de nombreuses demandes pour intervenir dans les écoles. Par ailleurs, avec le concept du Saturday Care Project, qui a été étendu au Morne et à Grand-Baie, Abaim a eu l’occasion de faire profiter de sa pédagogie à un plus grand nombre d’enfants. « Au Morne, l’école de ravanne est bien avancée. Aujourd’hui, cet instrument a retrouvé de son importance dans le village. C’est ce que nous avait demandé d’ailleurs le Morne Trust Fund quand on a fait appel à nous. Beaucoup de parents ont même intégré le projet. À Grand-Baie, c’est la fondation Antoine Tsia Lip Ken de Super U qui soutient le projet. »

Rappelons également que le groupe Abaim a été accrédité par l’Unesco pour son travail de recherche sur le patrimoine culturel. De même, Marousia Bouvéry et Alain Muneean ont participé à un webinaire avec l’université américaine Duke University sur le kreol morisien, à l’occasion de la Journée internationale créole, le 28 octobre dernier, sur invitation de la Professeure Fabiola Henri, originaire de Maurice, qui enseigne à l’Université d’Etat de New York. Ils ont eu l’occasion de partager l’expérience au sein du groupe Abaim.