« Libéré, délivré! ». C’est le sentiment que partagent beaucoup d’habitants des circonscriptions 15 (La Caverne-Phoenix), 16 (Vacoas-Floreal) et 17(Curepipe-Midlands), ce samedi 17 avril.

En effet, après plus d’un mois, ces trois circonscriptions, décrétées zone rouge, ne font plus partie des régions ciblées, à l’exception de Highlands qui reste une zone à risque. Le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, en a fait l’annonce ce matin.

Lina, âgée de 29 ans, affiche déjà le sourire depuis cette annonce qui va quelque peu changer son quotidien. « Il est vrai que ce confinement a été doublement pénible pour nous les résidents le zone rouge, car, d’une part, on ne pouvait pas sortir librement, et d’autre part, parce qu’il y avait aussi une sorte de stigmatisation des gens qui habitent cette zone ».

Même si le confinement a eu du bon, cette habitante de Curepipe concède qu' »à la longue ça devenait pénible ». Se sentir isoler du monde n’est pas une expérience que la jeune femme souhaite revivre à nouveau. « Zone rouge ou pas, il faudra tout de même rester sur ses gardes et maintenir les gestes barrières », soutient Lina. Avant de rajouter sur un ton moqueur « au moins on est sûr que le virus n’est pas dans le voisinage ».

À Forest-Side, cette annonce n’a visiblement pas trop d’impact sur le quotidien de certains. Du moins pas pour Cédric, un habitant de la localité, âgé d’une trentaine d’années. « Ici, zone rouge ou pas, nous avions toujours eu l’impression que les autorités étaient un peu dépassées », explique le jeune homme.

Dans les cités, « c’est business as usual, il y a même des parties de foot dans la rue, des attroupements de gens sans masques sur les trottoirs, les plus âgés papotant dans les croisés », soutient Cédric. Si ce n’est les barrages pour sortir ou entrer dans la zone rouge, le quotidien à Forest-Side a semblé surtout à des vacances loin du travail pour le trentenaire.

Andréa, de Résidence Malherbes, est soulagée de cette nouvelle. Elle pourra enfin circuler un peu librement tout en respectant les mesures sanitaires. Cette mère célibataire dont les enfants étaient restés bloqués chez le père, hors de la zone rouge pendant tout le mois de mars, se dit impatiente de pouvoir les serrer de nouveau dans ses bras.

A noter que Dubreuil, qui avait été doublement placé en zone rouge après qu’un cluster a été détecté au sein du village, ne fait également plus partie de la zone à risque depuis ce matin. « Nou ti pe santi nou toufe. Kouma dir lavi ti arete dan vilaz », relate Vikram, un habitant de la localité. Malgré la bonne nouvelle, il est hors de question de prendre des risques et de sortir pour rien, soutient le sexagénaire.