Le comité disciplinaire institué pour entendre le Senior Lecturer, Rajen Narsinghen, n’a pu se tenir hier matin. Le cas a été renvoyé pour lundi en attendant que les avocats du chargé de cours se préparent car l’affaire sera entendue sur le fond.

Après près de deux heures au comité disciplinaire, Rajen Narsinghen se réjouit que les membres du comité disciplinaire soient des personnes « fair » et que le « fairness » va prévaloir. « Je suis certain que la justice va prévaloir car il y a ceux qui ont des motivations politiques et qui veulent museler l’UoM.  Heureusement, nous avons des avocats pour faire triompher la justice. Nous souhaitons que l’UoM retrouve sa liberté de pensée, de parler, de critiquer et de dire aux autorités qu’il y a aussi de bonnes choses », dit-il.

Le Senior Lecturer ajoute qu’il ne fait jamais de critiques injustifiées. « Nous ne le faisons pas pour gagner des avantages mais parlons avec une objectivité », mentionne-t-il. Et d’avancer également qu’en tant qu’universitaire, il peut lutter pour les droits de travailleurs. Ce qu’il continuera de faire. Il note qu’en 52 ans, plusieurs universitaires ont fait de la politique. Il regrette que plusieurs personnes ne connaissent pas la définition de « active politics ». Pour lui, « active politics », c’est lorsqu’on est membre du parti ou qu’on ait un ticket pour les élections. Comme universitaire, il dit être libre d’interpeller les gens sur des sujets d’actualité. Une chose qu’il n’arrêtera pas. Il fait ressortir qu’une personne du management a dit que les décisions viennent « from above ». Cependant, Rajen Narsinghen dit saluer le courage des ministres du gouvernement qui l’ont appelé pour le soutenir.

Narendranath Gopee, président de la Fédération des Synducats du Service Civil (FSSC), confirme qu’aucune plaidoirie n’a pu être faite, hier, par manque de documents, qui devaient être remis aux avocats. Certains avocatsn’ont eu les documents qu’hier matin. « Certains points de droit ont été soulevés par le Council et le comité devra prendre une décision. Nous ne sommes pas certains que l’affaire sera bouclée ce lundi. Il semble que l’UoM a déjà pris sa décision », dit-il.

Pour le syndicaliste, la démarche de l’UoM contre Rajen Narsinghen est une « persécution »  et qu’il sera dans l’intérêt de l’UoM de discontinuer ce comité disciplinaire. « Une université qui se respecte doit arrêter toutes les  procédures disciplinaires », lance-t-il.
Un mouvement de solidarité était perceptible devant l’auditorium de l’UoM en dépit du mauvais temps hier.

À la manifestation pacifique pour soutenir le Senior Lecturer, un parent d’une étudiante de l’UoM était présent avec son masque blanc sur lequel était imprimée une croix en noir. « Nous avons un slogan qui devient dangereux pour la démocratie. To koze to tase », lanc-t-il. Présent également sur le campus, un étudiant de l’université de Middlesex était venu soutenir Rajen Narsinghen. « Le professeur, de par son expérience, est appelé par les étudiants et la population à donner son opinion sur des sujets brûlants de l’actualité. La démarche de l’UoM de convoquer le professeur à un comité disciplinaire indique qu’on n’a pas le droit de parler », dit Atish Aubeeluck. Par ailleurs, il déplore le silence de la députée Tania Diolle, qui selon lui, avait, en tant qu’universitaire, évoqué des questions politiques par le passé mais n’avait jamais été inquiétée alors que Rajen Narsinghen est pointé du doigt.