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Face à des rumeurs « émanant des milieux des pharmaciens » qui évoqueraient une demande de frais d’ordonnance en faveur de ces derniers, le président de la Consumer Advocacy Platform (CAP), Mosadeq Sahebdin, craint que si de tels frais étaient appliqués, le consommateur « se voie confronté à une barrière à l’accès aux médicaments ». Il dit avoir attiré l’attention du Price Consultative Council sur cette question dans une lettre.

Les frais d’ordonnance sont les frais qu’un pharmacien entend facturer pour le temps qu’il prend à lire une ordonnance et seraient inclus dans le coût final du médicament. D’après des informations qui circuleraient dans les milieux concernés, il y aurait une intention de demande de frais sur chaque ordonnance de psychotrope. « C’est soi-disant pour valoriser le métier de pharmacien. On veut réclamer des frais supplémentaires pour la responsabilité que prend le pharmacien en interprétant l’ordonnance du médecin », a expliqué Mosadeq Sahebdin. Or, défend-il : « Le pharmacien ne fait aucun travail supplémentaire en recevant une ordonnance. De plus, tout pharmacien, s’il n’est pas propriétaire, reçoit un salaire et s’il est propriétaire de sa pharmacie, il bénéficie d’une marge de profit sur les médicaments sans parler des profits sans limite sur les compléments alimentaires. »

Le président de la CAP a fait ressortir que cela fait une quinzaine d’années qu’on entend parler de la nécessité d’imposer un “dispensing fee”, soit des frais sur chaque ordonnance. « Depuis mardi, le ministère a imposé une Triplicate Prescription Form pour les psychotropes, soit une copie de l’ordonnance pour le médecin, une autre au patient et une autre au pharmacien qui doit la retourner au ministère avec sa signature, cela pour éviter tout trafic. Et une rumeur circule que le ministère serait d’accord pour imposer un dispensing fee sur les psychotropes ».

La crainte de la CAP : « Qu’une certaine personne assez influente dans le milieu fasse pression pour que le ministère impose ces frais en faveur des pharmaciens et que ces frais soient sur le long terme étendus à d’autres médicaments. » Pour Mosadeq Sahebdin, il n’y a aucune nécessité d’imposer ces frais. « Nous, syndicalistes, ferons entendre nos voix pour dire non car sur le long terme cela pourrait constituer une barrière à l’accès aux médicaments ». Déjà, a-t-il relevé, « il y a quelques pharmaciens malhonnêtes qui vendent des médicaments au détail plus chers que le prix fixé ». Et d’ajouter : « Par exemple, si une boîte de 100 comprimés coûte Rs 479, le prix à l’unité devrait être à Rs 4,79 ou Rs 4,80. Or certains, le vendraient à Rs 5. Le client ne voit pas le prix affiché sur la boîte. Pourtant, la loi dit que le prix de la vente au détail doit être le même que le prix affiché sur la boîte. D’autres coupent la date d’expiration. »