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Compensation salariale : Rs 1000 « across the board » contre l’érosion du pouvoir d’achat

Le ministre Padayachy: « Nous voulons que le pays retrouve le souffle qu’il avait après deux années difficiles »

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Malgré l’insistance des syndicalistes, la compensation de Rs 1 000 ne sera pas appliquée encore une fois en faveur des bénéficiaires des prestations sociales

Le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, a, au terme des consultations tripartites réunissant les représentants du gouvernement, du secteur privé et des travailleurs, décidé d’accorder une compensation de Rs 1000 à tous les salariés « across the board » contre l’érosion du pouvoir d’achat.

« Cette proposition fait suite à plusieurs semaines de consultations avec toutes les parties prenantes. Nous voulons que le pays retrouve le souffle qu’il avait après deux années difficiles avec le Covid », a affirmé le Grand argentier.

La réunion d’hier s’est déroulée en l’absence du ministre du Travail, Soodesh Callichurn, pris d’un malaise avant cette rencontre déterminante.

Kevin Ramkaloan, directeur exécutif de Business Mauritius, a expliqué que le secteur privé avait fait une proposition de Rs 600, ce qui aurait entraîné une augmentation de la masse salariale de Rs 2,5 milliards. « Avec l’annonce de la compensation salariale de Rs 1000, la masse salariale devrait connaître une augmentation de l’ordre de Rs 4,2 milliards. C’est une hausse conséquente. Nous avons entendu le ministre dire que le gouvernement sera à l’écoute des compagnies qui auront besoin d’un soutien pour en bénéficier. Je pense que pour certains secteurs à forte intensité de main d’œuvre et certaines PME auront bien besoin de ce soutien », estime-t-il.

Poursuivant ses commentaires, Kevin Ramkaloan a indiqué que les syndicats avaient formulé une demande très forte. La poire a été coupée en leur faveur. Le fond de la chose est qu’il faut travailler ensemble, augmenter la productivité et sauver les coûts pour que les entreprises puissent continuer à fonctionner, a fait ressortir en substance le directeur exécutif de Business Mauritius.

Pour sa part, Pradeep Dursun, Chief Operating Officer au sein de Business Mauritius, affirme que ce sera une somme conséquente pour bon nombre de secteurs. Nous sommes rassurés d’entendre que la compensation sera accompagnée d’autres mesures.

RÉACTIONS SYNDICALES

Clency Bibi, CSG-Solidarité
« Ce n’est pas un grand soulagement »

« Ce n’est pas un grand soulagement mais c’est mieux que rien. Nous avions évalué la hausse du panier de la ménagère à Rs 3 400… Au vu de la tendance au niveau des prix des commodités, cette compensation salariale sera vite engloutie avec la roupie faible.
« Lors de cette rencontre tripartite, nous avons aussi insisté sur le fait que les pensionnés puissent bénéficier également de cette compensation salariale de Rs 1 000. Mais on nous a fait comprendre que seulement les actifs vont bénéficier de cette compensation salariale. Nous avons également demandé de baisser le prix du carburant par Rs 10 mais notre demande n’a pas été prise en considération en ce moment. Le ministre des Finances a tout simplement indiqué qu’il va étudier la question ».

Reaz Chuttoo, CTSP
Et le sourire revient…

‘’Comme le disait Ramesh Tekoit, le réalisateur du film, Et le sourire revient. La compensation de Rs 1 000 accordée par le ministre des Finances est proche de ce que nous avons demandé. Nous avions basé notre demande sur un taux d’inflation de 11,9 % mais Statistics Mauritius a établi le taux à 10,7%.
« Quoi qu’il en soit, nous apprécions que le ministère des Finances ait déclaré qu’il va accorder une attention particulière à ceux touchant un salaire minimum de Rs 11 075. Leur salaire devrait être réajusté. Le combat pour un salaire minimum a eu des résultats en 2017 et nous avons toujours qu’un salaire minimum qui était nécessaire pour mettre fin à l’existence d’un salaire dérisoire de Rs 1 500 dans le pays.

Haniff Peerun, MLC
« On aurait pu faire mieux »

« Les travailleurs ont consenti à de gros sacrifices durant la période du Covid-19 et continuent à subir les conséquences de la guerre en Ukraine. La compensation salariale est relativement suffisante, mais je pense que le gouvernement aurait pu faire mieux. Il ne faut pas oublier que ce sont les travailleurs qui font la richesse d’une entreprise.
« Je pense que le gouvernement aurait pu accorder un peu plus car les prix des denrées alimentaires sont devenus exorbitants et continuent d’augmenter. De nombreux travailleurs ont recours à un double emploi de nos jours pour subvenir aux besoins de leurs familles.
C’est la première fois après plusieurs années que nous avons un taux d’inflation de plus de 10% et personne ne s’attendait à cela. Le gouvernement doit venir avec d’autres mesures d’accompagnement pour que les travailleurs puissent souffler un peu’’

Atma Shanto, FTU
« Nous l’acceptons Under Protest »

« Le gouvernement a proposé Rs 1 000 comme compensation et cela va impacter le salaire minimum. Nous avons fait une contre-proposition qui n’a pas été acceptée. Nous acceptons quand même cette compensation Under Protest. Nous considérons qu’avec Rs 1 000, un salarié ne pourra pas absorber ce qu’il est en train de perdre avec un taux d’inflation de 10.7%.
Pour nous, le taux d’inflation à 10.7% ne reflète pas la réalité. Nous avons aussi réclamé que cette compensation soit appliquée aux pensionnés mais notre proposition n’a pas été retenue. »

Ashok Subron, CSG Solidarité :« La famille mauricienne est restée sur sa faim »

« La famille mauricienne a perdu Rs 3 400 en comparaison à 2021 dan so tant rasion. Le ministre a accordé Rs 1 000 comme compensation. Il y a plus de 125 000 familles avec un seul salarié. Il y a à peu près 31 000 familles, avec à sa tête une salariée.
« La famille mauricienne est restée sur sa faim et li pa pou manz kouma bizin en comparaison avec l’année dernière. Business Mauritius a demandé Rs 600 et la plupart des syndicats ont réclamé de Rs 1 000 à Rs 2 000. Le gouvernement a accordé Rs 1 000. La famille mauricienne n’a pas été compensée.

« Nous avons lancé un appel au gouvernement pour reviser à la baisse le prix du carburant car la State Trading Corporation est en train d’appauvrir les consommateurs. La STC n’a pas été mise sur pied pour cela. Nous avons réclamé une baisse du prix du carburant d’au moins Rs 10, d’autant plus que la vie d’un gréviste est en danger actuellement. En ce qui concerne le salaire minimum, il faut savoir que ce sont les consommateurs qui en font les frais à travers des subsides. Le fardeau n’est pas en train d’être assumé par les riches. »

Deepak Benydin, FPBOU : « Ce n’est pas mauvais »

« Ce n’est pas mauvais dans la conjoncture actuelle, surtout à un moment où l’économie du pays est en train de reprendre. Au niveau de la Confederation of Independent Trade Unions, nous avons proposé Rs 1 500 comme compensation dans notre mémoire.
« Nous sommes satisfaits car le gouvernement a maintenu en même temps l’allocation de Rs 1 000 pour les salariés touchant jusqu’à Rs 50 000. En fin de compte, c’est Rs 2 000 au total que les travailleurs obtiendront à partir de janvier prochain. Nous souhaitons que cette allocation de Rs 1 000 soit étendue aux pensionnés, aux autrement capables, veuves et orphelins. »

Radhakrishna Sadien, CITU : « Nous apprécions le geste du GM »

« Nous apprécions le geste du gouvernement, surtout dans un contexte où l’économie est en train de reprendre progressivement. Je pense que maintenant le gouvernement devrait venir très vite de l’avant avec un système de contrôle de prix, le recrutement d’un grand nombre d’inspecteurs de prix et demander au Mauritius Standards Bureau d’être proactive pour examiner la qualité des produits mise sur le marché. »

Narendranath Gopee, NTUC « Compensation inadéquate »

« Cette compensation est inadéquate. En tant que président de la National Trade Union Confederation, j’avais adressé un mémoire dans lequel nous avions réclamé une compensation salariale de Rs 2 912. Cette demande n’était pas exagérée.
« Nous nous attendions que le gouvernement vienne de l’avant avec un mécanisme pour revoir le niveau salarial et accorde la différence en termes de compensation salariale. Mais il n’en a rien été. Nous sommes déçus car une compensation salariale de Rs 1000 ne vaut pas grand-chose avec cette escalade d’augmentation de prix. Le gouvernement aurait pu au moins accorder Rs 2 500 comme compensation salariale. »

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