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La pandémie de Covid-19, situation inédite qui appelle à des décisions et mesures prises par le gouvernement pour faire face à la crise sanitaire et économique, met à l’épreuve toutes sociétés et tout individu. En cette période de crise sanitaire, le respect des droits humains demeure une nécessité afin d’assurer l’ordre et la discipline dans un pays. Un respect des droits de l’homme dans tous les domaines pour une population soudée et solidaire afin de pouvoir faire front contre la propagation du virus. Ce deuxième confinement est « encourageant, comparativement à l’année dernière, en termes de respect des droits de tout un chacun », selon des militants des droits humains, « malgré encore des progrès à faire ».

Dans une situation de crise sanitaire, tout un pays est affecté et le respect des droits humains est important pour que le pays puisse affronter cet état d’urgence. Si le premier confinement est venu sans crier gare et a créé de nombreuses appréhensions et la panique, ce nouveau confinement en raison de la deuxième vague de la Covid-19 serait moins riche en drames humains ou encore en mauvais traitements. Me Erickson Mooneeapillay explique : « Comparativement au confinement sanitaire de l’année dernière, c’est beaucoup mieux et j’espère que cela continuera. L’année dernière, il y a eu des décès en cellule policière, des actes de torture, entre autres. Cette fois quand même, je note des arrestations ou encore un cas où un avocat se serait fait verbaliser par la police alors qu’il allait voir un client ! »

Ainsi, pour Me Mooneeapillay, il demeure toujours des actes qui tendent à bafouer les droits fondamentaux d’un individu. « La police, dans ces temps-là, doit agir de façon professionnelle et ne pas tirer des conclusions hâtives. Je trouve aussi contraire à tout principe en droit à un policier de filmer un suspect et que cela se retrouve dans des rédactions de presse ou sur les réseaux sociaux. Il y a la présomption d’innocence qui doit primer. C’est aussi le cas des Occurrence Book Entries de la police. C’est grave qu’un fonctionnaire fasse fuiter des documents confidentiels ».

Malgré certains progrès, Me Mooneapillay fait part de l’importance « de faire des démarquages et que les autorités fassent preuve de compréhension sur certains aspects ». L’homme de loi de déplorer toutefois « une situation qui empire quand on parle de liberté d’expression », pour faire part des « agissements du gouvernement et des autorités, quand il s’agit de prendre des actions pour des publications sur les réseaux sociaux ». D’avancer ainsi : « Le gouvernement ne devrait pas avoir peur des réseaux sociaux. C’est déjà un moyen de s’évaluer et de voir comment ils sont perçus par la population ».

Les personnes vulnérables

Pour Me Coomara Pyaneandee, ancien vice-président et expert indépendant du comité des Nations Unies, il faut une « prise de conscience du gouvernement » pour les plus vulnérables. En ce qui concerne des droits des enfants, il rappelle que « le droit de visite ou encore le droit d’hébergement ne sont pas respectés si les parents divorcés ne peuvent circuler ». Il ajoute : « L’utilisation de la visioconférence n’est pas le meilleur moyen de communication pour un enfant qui veut voir un parent. C’est dommage aussi que la Family Court n’est pas opérationnelle dans des moments comme cela. »

Par ailleurs, Me Pyaneandee a salué l’initiative du gouvernement d’accorder une heure de sortie aux autistes, mais rappelle que cette initiative doit s’étendre aussi à d’autres personnes avec un handicap, rappelant l’article 11 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, soit que « les personnes handicapées continuent d’être confrontées à des obstacles à leur participation à la société en tant que membres égaux de celle-ci et de faire l’objet de violations des droits de l’homme dans toutes les parties du monde ». Il demande ainsi « de privilégier la langue des signes pour la dissémination d’informations importantes afin que les sourds-muets ou autres personnes ne soient pas mis à l’écart ». De soutenir par ailleurs que « toutes libertés civiles selon la Constitution sont suspendues », en faisant état du formulaire de consentement pour la vaccination et aussi des avocats qui sont contraints de se justifier lors de leurs déplacements professionnels.

Vijay Naraidoo, secrétaire général de DIS-MOI et président de la Commission des droits des personnes âgées, salue les mesures prises pour venir en aide aux personnes âgées comme la distribution des ‘food packs’ ou encore celle de la pension à domicile. « Il y a des efforts pour que les droits des personnes âgées soient respectés, mais il faut avant tout bien se comporter, être solidaire envers ceux dans le besoin. Je trouve qu’il faut aussi qu’il y ait plus de patrouilles de police pour que les gens se sentent protégés, car des vols chez des personnes âgées, qui vivent seules, sont récurrents », dit-il.