Les critiques du ministre de l’Économie bleue et de la Pêche à l’encontre de l’ex-président de la Mauritius Shipping Corporation Ltd (MSCL), Sudesh Lallchand, face à la presse le samedi 4 septembre, n’ont pas laissé insensible ce dernier.

Une mise en demeure pour « faute délictuelle lourde » a été adressée par Me Kaviraj Bokhoree au ministre et des dommages pour une somme de Rs 25 millions qui lui est réclamée. Dans sa mise en demeure, Sudesh Lallchand souligne qu’il a été diffamé et que sa crédibilité en a pris un coup. Il explique, par le biais de ce document, comment il a redressé la barre à la MSCL, une compagnie qui était endettée et insolvable.

Dans sa mise en demeure, Sudesh Lallchand explique que la compagnie a renoué avec des profits depuis qu’il en a pris les rênes. Les résultats financiers de la compagnie, explique-t-il, étaient « catastrophiques » et il cite des pertes de Rs 284 millions.

Ces pertes ont augmenté pendant cinq dernières années, soit Rs 43 millions de pertes en 2009, suivies de Rs 51 millions l’année suivante, Rs 50 millions en 2011, Rs 85 millions en 2012 et Rs 55 millions en 2013-2014. La MSCL, fait-il ressortir, était en phase de banqueroute et insolvable. Elle avait aussi des difficultés de s’approvisionner en aliments pour les marins et les membres d’équipage. Il ajoute que plus de 70% du personnel n’avaient pas les qualifications académiques appropriées, et que d’autres étaient sous-qualifiés et obtenaient un gros salaire.

Sudesh Lallchand souligne que dès qu’il a pris le poste de président de la MSCL, son objectif était de restructurer en profondeur la compagnie pour qu’elle soit profitable et financièrement solide. Sous sa présidence, et étant donné qu’il détient de l’expertise technique dans le redressement financier des institutions à perte dans le domaine du transbordement, de la logistique, de la finance, il avait eu pour tâche à restructurer la MSCL. De ce fait, il souligne avoir élaboré un plan de restructuration détaillé vers la fin de 2015. Ce travail avait nécessité plus de six mois de dur labeur incluant des heures supplémentaires et les week-ends. Pour que l’objectif fixé soit réalisé, Sudesh Lallchand soutient qu’aucun recours aux consultants externes n’a été envisagé.

L’ex-président fait ressortir que « MSCL board decided not to hire any external consultants for its restructuring assignment and, instead, adopted a results-based payment scheme whereby those implementing the restructuring exercise, spanning over several stages, would be remunerated for this special assignment if MSCL turned from a loss making into a profit making entity ».

Suite à la réussite de ce plan de restructuration, Sudesh Lallchand souligne que de 2015 à 2019, les résultats financiers audités ont montré des profits. En 2015, les profits ont été de Rs 52 millions et ont doublé à Rs 104 millions en 2016. En 2017, les profits ont été de Rs 124 millions et de Rs 175 millions en 2018 pour atteindre Rs 230 millions en 2019. Il fait aussi ressortir que les rémunérations payées à tous les directeurs s’agissant de cet exercice sont dévoilées dans le rapport annuel de la MSCL. Sudesh Lallchand dit que les finances de la MSCL étaient bonnes lorsqu’il a quitté la compagnie en novembre 2019. Les réserves étaient de Rs 900 millions par rapport aux Rs 300 millions de pertes et des millions en termes de “outstanding loans”.

Pour cet exercice de restructuration, l’ex-président soutient que la somme qui lui a été payée pour que la MSCL renoue avec des profits est dérogatoire. Il est d’avis que si cet exercice avait été octroyé aux consultants externes, la somme à payer aurait été entre Rs 50 et 100 millions.

Critiqué par Sudheer Maudhoo suite à l’achat d’une BMW, Sudesh Lallchand répond que la voiture n’est que de 2000 cc, contrairement à l’ancienne de 2500 cc. Il ajoute que l’achat de ce véhicule de 2000 cc s’est fait après que la compagnie est devenue profitable. De plus, l’achat d’une Mazda a été fait après l’arrêt de l’utilisation d’une BMW 320 de 2000 cc. Le véhicule japonais est utilisé pour le transport des membres d’équipage étrangers. Sudesh Lallchand soutient aussi que les dépenses de ses voyages à l’étranger, lorsqu’il était à la MSCL, n’ont été que la moitié de la somme alléguée par Sudheer Maudhoo.
Sudesh Lallchand dit détenir un doctorat de l’université de Cambridge et un MBA. Il a aussi travaillé à la Banque mondiale à Washington et dans une autre compagnie au Royaume-Uni.

À Maurice, il a travaillé pour le groupe Rogers, au Mauritius Freeport Development, et il a été l’ancien directeur du conseil d’administration de la Financial Services Commission de 2001 à 2005.