L’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) déplore les augmentations sur les prix certains produits pendant la pandémie de COVID-19. Pour elle, cette majoration ne s’explique pas, étant donné qu’il n’y a pas eu de nouvelles importations. L’ACIM met ainsi en garde contre de nouvelles hausses du fait de la dépréciation de la roupie face au dollar américain. Elle souhaite une réunion urgente du National Price Consultative Council pour se pencher sur la question.

Pour Jayen Chellum, secrétaire de l’ACIM, la fermeture des supermarchés pendant le confinement a eu pour effet que de nombreuses personnes se sont retrouvées sans nourriture. Selon lui, cela aurait pu être évité s’il y avait eu consultation sur la question. Il estime que beaucoup de personnes sont déjà en difficultés, en raison de la perte d’emploi ou de chômage technique, et qu’une flambée des prix risque d’avoir des effets désastreux sur ces familles. « Pendant le confinement, on a constaté qu’il y a eu des augmentations de prix sur de nombreux articles, alors qu’il n’y avait pas eu de nouvelles importations puisque le ministre avait dit qu’il y avait un stock pour six mois. On ne peut donc mettre cela sur le compte du dollar. Ce qui risque de se passer, c’est que les prix augmentent une nouvelle fois lorsqu’il y aura de nouveaux stocks. C’est pour cela que nous demandons une réunion urgence du National Price Consultative Council. »

Jayen Chellum dit avoir noté également que les supermarchés se sont « passé le mot » pour augmenter leurs prix, alors que selon les règles de la Competition Commission, ils ne sont pas supposés partager d’informations. Il dénonce également les abus concernant le commerce en ligne pendant le confinement. « La situation actuelle fait que nous nous retrouvons aujourd’hui avec de nouveaux pauvres. Des personnes de la classe moyenne le sont devenues en raison des pertes d’emploi. Il faut s’assurer que toutes ces personnes qui se retrouvent aujourd’hui dans une situation difficile aient les moyens de se nourrir. »

Concernant la décision du gouvernement d’augmenter la taxe sur les produits sucrés, le secrétaire de l’ACIM est d’avis que « si on pensait vraiment à la santé des Mauriciens, comme l’affirmait le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, il aurait été plus approprié de mentionner le taux de sucre dans les produits » afin que les consommateurs soient avertis. « Autrement, cette taxe ne sert en aucun cas à réduire le taux de diabète à Maurice. »

Par ailleurs, l’ACIM regrette que les consommateurs n’aient pas profité de la baisse du prix de l’essence sur le marché mondial. « On a préféré mettre l’argent dans un Solidarity Fund. De même, le prix de l’électricité aurait dû baisser également avec la chute du prix de l’huile lourde. En ce qui concerne la baisse du prix du gaz ménager, il est survenu avec trois mois de retard. » L’ACIM déplore également la manière dont le gouvernement a géré le dossier des Mauriciens bloqués à l’étranger. « On a manqué d’humanisme. Il y a des personnes qui sont devenues SDF dans des pays étrangers, faute de moyens pour payer les hôtels. Je demande à toutes ces familles affectées de se mobiliser pour se faire rembourser ces frais supplémentaires. Elles peuvent prendre contact avec nous. Nous envisagerons une plainte en cour s’il le faut. »

Par ailleurs, Jayen Chellum s’interroge également sur le port obligatoire du masque. Il rappelle que l’OMS n’a pas fait de recommandation en ce sens et attire l’attention sur les difficultés que pourraient rencontrer certains enfants qui doivent porter le masque pendant une journée à l’école. Il dénonce également la loi « répressive » sur le port du masque, avec des amendes allant jusqu’à Rs 50 000. Dans d’autres pays, affirme-t-il, la loi à ce sujet n’est pas aussi sévère.