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Sur les étagères : Huile comestible à Rs 75 le litre étagères dévalisées en un clin d’oeil!

Certaines grandes surfaces affirment n'avoir pas été encore approvisionnées à hier

La marque d’huile Smatch, commercialisée à Rs 75 le litre par la State Trading Corporation (STC), est disponible sur le marché depuis hier. Toutefois, vendredi, tous les commerces n’étaient pas en mesure d’offrir ce produit, car ils attendaient toujours d’en prendre livraison. Du coup, beaucoup de consommateurs se sont déplacés au supermarché hier pour finir par rentrer bredouille. Dans d’autres commerces, en revanche, le stock d’huile Smatch a été très vite écoulée. Dans le circuit des petites boutiques, c’est aussi l’attente, car les gérants ne savent toujours pas quand ils recevront leur cargaison.

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Comme il fallait s’y attendre, c’était la ruée vers les supermarchés hier pour s’approvisionner en huile Smatch. Si beaucoup ont voulu faire une bonne affaire, d’autres sont venus acheter par curiosité. Cependant, la déception était également au rendez-vous, car de nombreux consommateurs sont rentrés bredouilles. C’était notamment le cas dans une grande surface de Curepipe. De nombreuses personnes se sont arrêtées au rayon où les bouteilles d’huile sont d’ordinaire disposées pour chercher le précieux liquide, mais en vain.

Sur le rayon, les bouteilles et sachets des différentes marques d’huile sont bien présents, mais pas de Smatch en vue. Devant la situation, les commentaires fusent. « Zot fer dimounn deranze vinn la, apre pena dilwil-la », rouspète un homme âgé. Chacun y va de son opinion. Un autre consommateur pense que les commerçants tentent de bloquer l’huile bon marché pour pouvoir vendre les autres. « La, fode zot vann sa bann lot dilwil-la, lerla zot pou met seki bonmarse-la », dit-il.

Toutefois, renseignement pris, ce n’est pas la faute du gérant du commerce. Une responsable indique ainsi : « On nous a dit qu’on recevrait une livraison aujourd’hui, mais nous ne savons pas à quelle heure. Si tout se passe comme prévu, peut-être que d’ici cet après-midi nous serons en mesure de mettre l’huile Smatch en rayons ».
Même constat dans un autre supermarché un peu plus loin dans la Ville Lumière, où le gérant dit lui aussi attendre sa première livraison de Smatch. En revanche, dans un autre supermarché de la ville, les bouteilles d’huile ont été écoulées en temps record. À la mi-journée, il n’y avait plus d’huile Smatch, en dépit du rationnement imposé par la STC. Pour éviter les abus et le Panic Buying, l’organisme gouvernemental a en effet limité l’huile Smatch à deux litres par personne.

Des consommateurs ne cachent pas leur déception. « C’est dommage que le gouvernement propose une huile subventionnée et que tous les Mauriciens ne puissent pas en profiter. Limiter à deux litres par personne ne veut rien dire. Une famille peut venir avec plusieurs membres et chacun prend deux litres, tandis que d’autres n’ont rien », déplorent-ils.
Du côté des boutiques de quartier, ce n’était pas la ruée vers l’huile hier. Tout simplement parce qu’elles n’ont pas été encore approvisionnées. « Nous avons aussi passé commande, mais nous ne savons pas encore quand on nous livrera et si on va nous livrer. On nous a dit que la livraison se fera au fur et à mesure, peut-être jusqu’au 15 août. Attendons voir ! » confie la gérante d’une boutique du Sud.

Il faut savoir qu’initialement, la STC avait prévu d’acheter de l’huile de l’Inde. Le ministre du Commerce, Soodesh Callichurn, avait indiqué qu’une cargaison de 5 000 tonnes était attendue au pays incessamment. Cependant, le bateau aurait accusé du retard en raison de la crise politique et économique au Sri Lanka. D’où la décision de se tourner vers un importateur local pour respecter cet engagement auprès des consommateurs. Et c’est la compagnie Moroil qui a décroché ce contrat.

Quant à savoir si l’huile vendue à la STC est de qualité inférieure à ce que propose la compagnie (la moins chère étant à Rs 108), Moroil a tenu à rassurer la clientèle à l’effet qu’«il s’agit d’une huile raffinée et conditionnée par Moroil, qui répond aux normes de qualité internationale. »

La compagnie précise également que la STC a lancé un appel d’offres de 3 000 tonnes d’huile, auquel Moroil a répondu. « Nous avons soumis une offre pour seulement 1 000 tonnes au prix du marché et celle-ci a été retenue. La STC va donc subventionner cette huile, qui sera vendue à un prix inférieur dans les rayons », fait-on comprendre. Si l’actuelle cargaison d’huile Smatch sur le marché a été mise en bouteille également par Moroil, c’est toutefois la STC qui en assure la distribution.

À terme, ce sont 1 176 470 litres d’huile qui seront mis sur le marché (un litre d’huile = 850g) pour la présente commande. Dans quelques jours, on pourra sans doute confirmer si tous les rayons des supermarchés seront bien garnis ou si la livraison se fait toujours au compte-gouttes…


Les différents prix sur le marché
Smatch (1 litre) : Rs 75
Rani (pouch) : Rs 108
Rani (1 litre) : Rs 109
Moroil Soya (1 litre) : Rs 110
Moroil Sunflower (1 litre) : Rs 136
Rajah (pouch) : Rs 112.34
Rajah (1 litre) : 112.34
Sunlife (1 litre) : Rs 139.16
Soyalite (1 litre) : Rs 119.80
Leader Soya oil (1 litre) : Rs 109.50
Orient Gold Sunflower (1 litre) : Rs 135

HUILE : L’ACIM estime que la STC court le risque d’être poursuivie

L’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) trouve anormale la décision que le gouvernement est en train de subventionner le prix de l’huile comestible émanant d’un seul fournisseur. Cette subvention aurait dû s’appliquer pour tous les fournisseurs d’huile sur le marché local pour faire baisser le prix.

Le secrétaire général de l’ACIM, Jayen Chellum, note que « si la Competition Commission arrive à déterminer que la State Trading Corporation a fauté, l’amende sera forte pour la STC. » Dans un premier temps, il était question que le gouvernement achète de l’huile comestible de l’Inde. Maintenant, l’huile comestible est achetée d’un fournisseur local pour faire baisser le prix à travers une subvention.
Un Limitation Order de la STC impose un rationnement de deux litres par personne. Ainsi chaque mois, la STC mettra sur le marché un total entre 350 000 et 400 000 litres d’huile comestible de la marque Smash.

SOA : « Les petites boutiques, l’enfant pauvre »
La Shop Owners Association (SOA) estime que les « petites boutiques sont l’enfant pauvre de la chaîne de distribution de l’huile Smash ».

Sachin Dussoye, vice-président de la SOA, déclare : « Un des membres m’a confié qu’on a livré dans son supermarché seulement un carton d’huile de 12 bouteilles d’huile. Si on comprend bien, il pourra les revendre à six personnes seulement. »

« Le comble est que je suis le président de la SOA et ma boutique qui se trouve à Bon-Accueil n’a reçu aucune cargaison d’huile de cette marque. C’est sûr que mes clients vont chercher cette marque d’huile dans les grands supermarchés. Qu’est-ce que je fais maintenant avec la cargaison d’huile que j’ai achetée à prix cher ? » s’interroge-t-il. Il lance ainsi un appel aux fournisseurs d’huile Smash d’accorder une attention particulière aux boutiques du coin.

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