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Continent Africain | OnuSida : « La lutte contre le virus a pris du retard, il faut réagir sans attendre »

La conférence mondiale AIDS 2022 s’est déroulée fin juillet début août à Montréal, au Canada. La communauté internationale des militants contre le virus du Sida dans le monde entier, mais également des scientifiques, des chercheurs, des travailleurs sociaux ainsi que des Personnes vivant avec le VIH (PVVIH), étaient présents pour ce grand retour en présentiel après deux ans passés sous le signe du Covid-19. Le premier Mauricien à avoir déclaré vivre avec le virus, Nicolas Ritter, et fondateur de PILS (Prévention, Information et Lutte contre le Sida), et la directrice de l’ONG, Annette Ebsen Treebobhun, avaient participé à la conférence.

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Justement, il a été question longuement de la pandémie planétaire et du fait des retards enregistrés dans la lutte un peu partout dans le monde, tant à Maurice que sur le continent africain. Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’OnuSida, a, dans son intervention, ainsi souligné que « le dévouement de milliers de scientifiques dans le monde, l’organisation et la volonté de groupes de la société civile, ainsi que le soutien des principaux décideurs et décideuses politiques pourraient permettre d’atteindre un tournant dans la riposte mondiale au sida en ce qui concerne les questions soulevées lors de la conférence AIDS2022 ». Le nouveau rapport de l’ONUSIDA, En Danger, rendu public lors de cette conférence, révèle que la riposte au sida a pris du retard et qu’il faut agir sans plus attendre. »

L’OnuSida avait organisé, jeudi 4 août, un webinaire autour de la thématique “Young women, children and key populations most at risk as progress falters in east and Southern Africa”. Maurice, pour rappel, tombe dans la catégorie des pays d’Afrique de l’Est. Parmi les intervenants, il faut citer Anne Muthoni Githuku-Shongwe, directrice régionale de la Support Team pour l’Afrique de l’Est de l’OnuSida; Arif Neky, Senior Adviser, SDG Partnership Platform Coordinator; Dr Chewe Luo, Chief & Associate director UNICEF; Robinah Babirye, #WhatGirlsWant Focal Point de l’Ouganda, pour ne citer que ceux-là.

Le point de départ était le fait que « les nouvelles infections au VIH & Sida sont trois fois supérieures auprès des jeunes femmes et des adolescentes, âgées entre 15 et 24 ans, en comparaison avec les statistiques concernant les hommes, dans la même tranche d’âge ». Cet argument est repris en long et en large dans le rapport de l’OnuSida, En Danger. Les intervenants au webinar devaient expliciter les raisons et circonstances dans lesquelles cette situation est survenue et a surtout gagné du terrain durant ces dernières années où le monde entier subissait la pandémie mondiale du Covid-19.

Le ralentissement dans les accès aux soutiens et traitement durant cette période, qui a donc influé négativement sur les progrès consentis depuis plusieurs années, est également très fort sur les populations clés. Soit, les travailleuses du sexe et leurs clients, les usagers de drogues injectables (UDIs), les transgenres, les détenus dans les prisons ainsi que les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (MSM), principalement. Ce sont « surtout ceux se trouvant dans les régions de l’Afrique sub-saharienne, qui sont davantage impactés par ce retard », estime encore l’OnuSida.

Quant à Maurice, plus spécifiquement, il a été question de l’usage de la PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition ou Pre-Exposure Prophylaxis en anglais), qui est une stratégie de prévention du VIH. Elle consiste à prendre un médicament antirétroviral de manière continue ou discontinue pour éviter d’être contaminé.e par le VIH. Le rapport En Danger note que “until recently, PrEP use was concentrated in high-income countries. The last two years, however, have seen a pronounced uptake of PrEP in eastern and southern Africa (ndlr : dont Maurice fait partie). In 2021, Kenya, South Africa and Zambia drove the rapid uptake of PrEP in eastern and southern Africa, with more modest progress made in other countries in the region. By contrast, other regions of low – and middle-income countries have seen minimal progress in expanding the access and use of PrEP.”

Toujours concernant Maurice, plus spécifiquement pour ce qui est des UDIs, le rapport de l’OnuSida fait ressortir que “use of opioid agonist therapy among people who inject drugs does not reach the 50% target in any region and, in the median among reporting countries, was far below the target in Asia and the Pacific (9%), western and central Africa (7%) and eastern Europe and central Asia (4%). Of 40 countries reporting on this indicator in 2017–2021, only six (Denmark, Ireland, Malaysia, Malta, Mauritius and Seychelles) provided opioid agonist therapy to at least 50% of people who are opioid dependent.”

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